Cameroun : Les pauvres se soignent dans la rue, malgré les risques…

par Africa Info
Un mois ne passe sans qu’une cargaison de faux médicaments ou de médicaments contrefaits ne soit saisie par les services des douanes camerounaises. Ι Photo archives

Ils brandissent l’excuse selon laquelle, les médicaments sont coûteux en pharmacie. 

Se rendre à la pharmacie ou chez le vendeur de médicaments du coin de la rue, quand on a une ordonnance, pour les personnes peu nanties au Cameroun, il n’y a pas de choix à faire. La meilleure option, pour eux, reste le vendeur du coin. Et pour cause, chez le toubib du coin, les médicaments sont moins coûteux.

C’est le principal et l’unique argument que ces personnes brandissent pour se convaincre qu’ils font le bon choix en se rendant chez le vendeur du coin, pour se procurer des médicaments. «Nous n’avons pas le choix. Chez le pharmacien du coin, les médicaments sont moins chers. Une plaquette de quinine ou de paracétamol, coûte 0.001 centime de dollar dans la rue.

Or, en pharmacie, il est impossible d’acheter des médicaments en détail. De plus, les médicaments sont très coûteux là-bas. Et comme nous n’avons pas d’argent, il est difficile pour nous de nous rendre en pharmacie pour nous procurer des médicaments», tente de se justifier Grégoire, vendeur à la sauvette dans un marché de Douala, capital économique du Cameroun.

Et pourtant, et ce jusqu’à preuve du contraire, les médicaments vendus en pharmacie sont de bonnes et de meilleures qualités. «En les consommant, on ne court aucun risque.

Au contraire, si le patient suit bien son traitement comme lui demande son médecin, il va se rétablir sans grande  difficulté», rassure un pharmacien. Or, déconseille-t-il, en se ravitaillant chez le vendeur de médicament de la rue, le patient a plus de chance de sombrer, et de voir son mal s’aggraver.

La situation est parfois pathétique, qu’il arrive très souvent que la personne décède parce qu’elle a consommé des médicaments acheté dans la rue. Car, tous les médicaments qui sont vendus par des «pseudos pharmaciens» dans chaque coin de rue et marchés du Cameroun, sont de médicaments contrefaits.

Un mois ne passe sans qu’une cargaison de faux médicaments ou de médicaments contrefaits ne soit saisie par les services des douanes camerounaises. La plupart de ces médicaments contrefaits proviennent d’Afrique de l’Ouest. Dans ce réseau, on retrouve aussi bien des camerounais que des étrangers. Mais curieusement, aucune arrestation «crédible» n’est faite. Seuls les revendeurs sont parfois interpellés. Et ils sont relâchés quelques jours plus tard. Pour combattre ce phénomène, et permettre aux camerounais, pauvres ou riches de consommer de médicaments de qualité, le ministère de la Santé publique camerounais,  réalise des publicités avec pour message : les médicaments de la rue tue. Faites attention. Malheureusement, ces messages ne semblent pas avoir d’effets. Car, des camerounais continuent de mourir, à force de se procurer des médicaments dans la rue.

Par Irène Pascale