Cameroun : Noel 2012, un bilan bien étrange et surprenant

Ai-Cameroun – Au lendemain de la publication du bilan de la fête de Noël par le Gouverneur de la Région du Littoral, une question brûle les lèvres des  populations de la ville de Douala, la capitale économique. Les fêtards sont-ils devenus plus sages ?

Fêtes de fin d’année, insécurité, accidents…

Même au plus fort de la crise économique, le bilan des fêtes de fin d’années était toujours lourd. L’on dénombrait de multiples cas d’accidents, de bagarres et souvent de morts d’hommes. Les hommes des médias avaient coutume de se rendre dans les hôpitaux et les commissariats pour dénombrer les victimes et parfois les interroger.

Cela n’a pas été le cas cette année et le Gouverneur de la Région du Littoral, Joseph Beti Assomo l’a révélé au cours d’une conférence de presse tenue dans ses services. En dépit d’un accident de la circulation dont les dégâts matériels n’ont pu être chiffrés, il n’y a pas eu de décès enregistré. Avant la fête, les autorités avaient pris soin d’augmenter le nombre de gendarmes et de policiers chargés de veiller au maintien de l’ordre. Ceux-ci étaient visibles au niveau des principaux carrefours et le long des principales artères de la ville pendant la journée tandis que les patrouilles motorisées sillonnaient la ville la nuit.

Cela a dû refréner les ardeurs des agresseurs et des adeptes de la vitesse, obligeant les uns et les autres à beaucoup de prudence. Un dispositif qui, des dires du numéro un de la région, sera reconduit pendant la fête du nouvel an.

Crise économique, Saint Sylvestre, fête de noël 2012

Cette idée a bien évidemment été émise par beaucoup d’habitants de la ville de Douala. Mais elle a vite été battue en brèche par les déclarations de certains fêtards. Une mère de famille nous a laissé entendre qu’elle avait « célébré Noël comme d’habitude avec toute sa famille. Nous avons mangé et bu comme les années précédentes et nous avons même invité nos voisins à partager notre repas. Si nous ne sommes pas sortis de la maison, ce n’est pas faute de moyens financiers mais beaucoup plus par peur d’un éventuel accident ».

Par contre, un habitué des fêtes laissait entendre à qui voulait l’écouter « Cette fête de Noël aura été la pire de ma vie. Je n’avais pas un sou et je ne suis pas sorti de la maison. Notre entreprise avait pourtant pris toutes les dispositions pour nous payer à temps le 13ème mois mais nous ne savons pas ce qui s’est passé au niveau de la banque. Ce n’est qu’après Noël que l’argent était disponible. Je compte me rattraper au Nouvel An ».

Des dires qui laissent croire que certains se préparent pour les prochains jours.

Noël - nouvel an, deux fêtes différentes

Comme ce monsieur, certains ont cru bon de se préserver à Noël pour ne plus se retenir lors de la célébration du Nouvel An. Mais est-ce une bonne stratégie ? Tous les jours de l’année ne se valent-ils pas et ne devraient-ils pas avoir la même importance à nos yeux ? Qu’est-ce qui peut expliquer cette frénésie que l’on observe pendant les fêtes de fin d’année ?

Si jamais cela relève du suivisme ou d’une quelconque tradition, n’est-il pas bon aujourd’hui de s’interroger sur cette tradition et de trouver une solution qui permettrait de préserver des vies ?

Autant de questions qui restent malheureusement sans réponses car il existera toujours des fêtards impénitents à côte des personnes plus réfléchies. Et il en sera toujours ainsi tant que le monde existera et c’est dommage. Vivement que la sagesse observée pendant la fête de Noël devienne la chose la mieux partagée des Camerounais avides des fêtes !

Georges Ndenga, Ai Douala - Cameroun