Cameroun : Education,100 dollars pour une place dans un lycée

par Africa Info
Avec l’arrivée Jean Ernest Ngalle Masséna Bibehe, ministre Camerounais des enseignements secondaires, le 2 octobre 2015, date du dernier remaniement ministériel au Cameroun, l’ambiance au sein de de ce département ministériel a changé. I Photo archives

 C’est la somme que versent des parents d’élèves à certains proviseurs.

Avec l’arrivée Jean Ernest Ngalle Masséna Bibehe, ministre Camerounais des enseignements secondaires, le 2 octobre 2015, date du dernier remaniement ministériel au Cameroun, l’ambiance au sein de de ce département ministériel a changé.

Le nouveau ministre a pris une série de mesures, parmi lesquelles, celle limitant à 60 le nombre d’élèves dans les classes de sixième dans les lycées d’enseignements général et première année, dans les lycées d’enseignements techniques. Et à 80, le nombre d’élèves dans les autres classes.

Dans la décision du ministre, ce dernier avait précisé «qu’aucun recrutement ne devait être fait dans les classes de sixième et de première année» et qu’en ce qui concerne «les autres classes, c’est-à-dire de la cinquième en terminale, une commission devrait être mise en place dans chaque lycée. Cette commission a pour objectif d’étudier les dossiers et retenir ceux qui  doivent l’être, tout en respectant le quota exigé».

Un mois et demi après le début de la rentrée scolaire au Cameroun, rentrée qui a débuté le 5 septembre dans tous les établissements scolaires, la mesure du ministre camerounais des enseignements secondaires n’est pas totalement respectée. Dans certains établissements de la région de l’Adamaoua par exemple, il y a un problème de salles de classe qui se pose avec acuité.

C’est le cas du lycée de Burkina, (quartier populeux de la ville de Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua), qui a été ouvert en 2008, «nous avons seulement 15 salles et six d’entre elles ont été construites par l’Etat. Les autres salles de classes ont été construites par les parents d’élèves», Youssoufa Hamidou Danzouma, proviseur du lycée de Burkina.

 Un problème entrainant un autre, le fait que les parents construisent des salles de classe à la place de l’Etat, ils estiment que les proviseurs des lycées doivent automatiquement recruter leurs enfants, et ce au mépris de la décision du patron des enseignements secondaires. 

 Du coup, pour ne pas les décevoir, certains proviseurs prennent des enveloppes estimées à 100 dollars, sous cap chez des parents pour faire recruter ou retenir les dossiers de leurs enfants. Ils influencent les différentes commissions mises en place pour étudier les dossiers de recrutement.

Et finalement, les dossiers des élèves dont les parents remis des enveloppes aux proviseurs sont retenus, même si ceux-ci ne doivent pas l’être. Aucun proviseur n’a encore été inquiété pour le moment. Mais d’après nos informations, des descentes inopinées dans des lycées, doivent avoir lieu d’ici le mois de novembre 2016.

Par Irène Pascale