Cameroun : Ferdinand Ngoh et les milliards de la CAN

par BB
En effet, le 8 août 2017, Ferdinand ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de République signe une note adressée à l'attention de Ben Modo. Ι © Photo archives

C'est un scandale d'État qui va s'ouvrir sur l'organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019 au Cameroun.

Des proches du président Biya ont délibérément torpillé les projets pour pouvoir bénéficier en usage de la passation de marché de gré à gré et obtenir des rétro-commissions. Or depuis septembre 2015, à l'époque où il est secrétaire général des services du premier ministre, Louis Paul Motaze a transmis à la présidence de la République avec l'aval de l'ensemble des administrations travaillant sur la CAN 2019 les entreprises retenues pour la construction des stades, des terrains d'entrainement, des hôtels, etc. Ces projets ont été bloqués pendant un an par des fonctionnaires.

Cette histoire peut commencer dès 2015, mais nous avons choisi de la raconter à partir d'août 2017. En effet, le 8 août 2017, Ferdinand ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de République signe une note adressée à l'attention de Ben Modo, président directeur général de l'entreprise prime Potomac portant sur la réhabilitation des stades d'entrainement du CENAJES, POUMPOUMRE, GENDARMERIE et SODECOTON, de l'hôtel Bénoué et construction d'un hôtel 4 étoiles dans la ville de Garoua en vue de la CAN 2019. Il demande à Ben Modo de prendre attache avec les entreprises impliquées dans l'organisation de la CAN 2019. Il souligne d'ailleurs que Paul Biya a marqué son accord pour la réalisation de ces chantiers.

Or l'entreprise Prime POTOMAC n'a pas été retenue par la commission de la CAN regroupant 28 administrations qui a travaillé sous la supervision de Louis Paul motaze en 2015 pour la réalisation de l'ensemble de ces marchés. Les dossiers ont été délibérément bloqués à la présidence de la République, puis au ministère des sports par les fonctionnaires ( nous taisons les noms pour l'instant) soit qui voulaient faire passer leurs entreprises soit qui attendaient des rétro-commissions. Aujourd'hui, Ben Modo dont l'entreprise n'a jamais réalisé aucun contrat au Cameroun se voit attribué plusieurs marchés à coup de milliards Fcfa.

Mais en réalité Ben Modo et Ferdinand Ngoh Ngoh sont de grands amis. Ils se sont connus aux Etats-Unis lorsque l'actuel secrétaire général de la présidence de la travaillait à la représentation diplomatique du Cameroun à New-York. D'ailleurs l'entreprise de Ben Modo a été créé à New York aux Etats-Unis. Au-delà du fait qu'elle se présente comme une entreprise installée en Amérique, en Europe et aux États-Unis, elle n'a à son actif aucun projet sérieux réalisé dans le monde. Le contact figurant sur son site internet est inopérant. Il s'agit du numéro d'une entreprise qui ne reconnaît même pas l'existence de Prime Potomac ; l'entreprise aurait en réalité été créé en 2016 bien qu'elle prétend avoir été créé en 2006.

En avril 2016, sous la pression de Ferdinand Ngoh Ngoh, Tombi A Roko Sidiki, le président de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) confie à la société prime Potomac de l'ami du SGPR, Ben Modo, la réalisation de 4 stades secondaires dont Bamenda, Bangangté, Bafia et Sangmelima. Plus d'un an après, aucun projet n'a été réalisé. Entre temps, Ben Modo aura perçu 286 millions Fcfa de la Fecafoot.

En mai 2017, voyant le danger qui se profile à l'horizon,  Tombi A Roko décide de résilier le contrat de Prime Protomac. Non content d'avoir perçu 286 millions Fcfa, Ben Modo demande avec les recommandations de Ferdinand Ngoh Ngoh à nouveau 300 millions de Fcfa pour un arrangement soi-disant à l'amiable.

Voilà donc l'entreprise qui doit réaliser aujourd'hui des marchés à coups de milliards de Fcfa alors qu'elle a été incapable de réaliser un stade à Sangmélima chez Paul Biya.

 Mais, l'instruction vient de son ami, Ferdinand Ngoh Ngoh, « le vice dieu ».

Ainsi va la République... ACTE 2 très prochainement

Boris Bertolt