Les 13 épîtres de Albert Dzongang

par Albert Dzongang
Albert Dzongang : « Nous savons que la politique pratiquée par les dirigeants actuels, c’est de laisser pourrir les situations, en créant des commissions et en ouvrant des enquêtes qui n’aboutissent jamais à un résultat connu. Le temps jouant toujours pour eux, aidé par le laxisme des Camerounais. » Ι © Photo archives

Afin que nul n’en ignore et n’oublie, la mort de Mgr Jean-Marie Benoît BALA, doit demeurer un caillou dans la chaussure de ses assassins, jusqu’a ce qu’ils soient démasqués et châtiés.

Pour ce faire, nous devons tout mettre en œuvre pour que cette affaire soit évoquée dans au moins deux journaux chaque jour.

Nous savons que la politique pratiquée par les dirigeants actuels, c’est de laisser pourrir les situations, en créant des commissions et en ouvrant des enquêtes qui n’aboutissent jamais à un résultat connu. Le temps jouant toujours pour eux, aidé par le laxisme des Camerounais.

Il est temps de dire une fois pour toute, que trop c’est trop !

Ceux qui croient être plus concernés par ce meurtre que d’autres (Je pense ici à la famille nucléaire, à l’Eglise et plus précisément le Diocèse de Bafia), doivent savoir que ce mort est un martyr pour tous les Camerounais, sans distinction de religion et d’ethnie, ou de sectes. C’est le « Jésus » Camerounais, mort pour nous libérer de tant d’années de souffrance, en nous donnant, telle la cène de la veille de la passion, les forces pour dire enfin non, pour être courageux et affronter comme lui, la mort, pour notre si beau pays, sous la coupe du diable.

Pour avoir servi ce régime à un niveau insoupçonnable par le commun des Camerounais, je puis affirmer que toutes les supputations, les suppositions sur cet assassinat, servent le pouvoir, qui sait que le temps, toujours ce temps maudit, joue pour lui, et que bientôt, comme pour d’autres cas, le rideau de l’oubli va tomber sur la mémoire collective, jusqu’au prochain crime, toujours plus crapuleux, macabre et odieux.

Dès les premières heures de la mise en scène, la vérité a sauté aux yeux, pour tous ceux qui ont fait un peu de psychologie ou qui ont un minimum de bon sens.
- Le suicide :
Certains vous diront que c’est le fait de se donner la mort ou de le tenter.
D’autres diront plutôt que c’est un acte qui mène à la propre destruction de celui qui le fait.

Dans l’un ou l’autre cas, cela suppose que cet acte est volontaire. Il est souvent immédiat, soudain et effectué sur un lieu isolé, pour ne pas être sauvé.

Dans le cas d’espèce, choisir de partir de Bafia au pont d’Ebebda, un parcours de plus de 50 (cinquante) kms, conduisant lui-même son véhicule ; y étant, penser à manœuvrer et positionner ledit véhicule dans le sens retour vers Bafia, pour un suicidaire, est inimaginable, et illogique.

- 1 -Avec son arme, seul dans sa chambre, il aurait eu tout loisir de se donner la mort.

Supposons qu’il ait fait ce chemin et ces manœuvres parce qu’il hésitait encore. Oublions aussi les déclarations de son ami de Mbalmayo qui affirme que Mgr Jean-Marie Benoît BALA était un bon nageur et n’aurait jamais choisi l’eau dans laquelle il est comme un poisson, pour se donner la mort, en déposant dans le véhicule un supposé mot, qui disait laconiquement, « je suis dans l’eau ». Ce qui peut vouloir dire ils vont me jeter dans l’eau.

La mise en scène est puérile. Exposer la pièce d’identité, le permis de conduire, l’assurance et autres pièces du véhicule, bien disposés pour être filmé d’un trait, ne trompe personne. Généralement, les assureurs donnent une pochette dans laquelle on range l’assurance, la carte grise, la carte rose, bref les pièces du véhicule. Pourquoi les enlever de la pochette pour les exposer au lieu de laisser ces documents à leur lieu habituel dans le véhicule ? Aussi faut-il savoir si, d’habitude Mgr Jean- Marie Benoît BALA signe jmbala, comme sur le mot.

Autre curiosité, où est sa carte de crédit et son téléphone portable, sur cette exposition ? Peut-être pensait-il faire quelques retraits dans l’eau, ou passer un coup de fil au diable pour annoncer son arrivée. Et la serviette, a-t-il souvent une serviette dans son véhicule ? Le mot a été écrit sur une feuille prélevée sur un bloc. Où sont passés le bloc et le stylo dont il s’est servi ? Que dire de l’inversion des chaussures à ses pieds, à la sortie de son corps de l’eau ? Est-ce l’œuvre des poissons ? Où l’embrouille des assassins dans la précipitation.

Il est clair dès cet instant qu’il y a un doute. Ce doute doit profiter à la victime et orienter les enquêtes vers la piste d’un crime crapuleux.

La justice et certains journaux du régime ont instruit cette affaire à décharge du pouvoir, comme s’il était accusé. Ce faisant et devant la fébrilité et le caractère évasif des communiqués, ils ont produit l’effet contraire, le pouvoir se trouvant aujourd’hui suspect n°1, voire accusé principal et coupable déjà dans l’opinion publique.

S’agissant des autopsies et contre autopsie, il y a lieu de relever ceci :

Cette opération est souvent effectuée pour connaître les causes d’une mort jugée suspecte, ou trop subite. Elle est demandée soit par la famille du concerné, soit déclenchée automatiquement par l’action publique, ou les deux à la fois. Dans un cas comme celui de Mgr Jean-Marie Benoît BALA, le ou les médecins légistes est ou sont désignés d’un commun accord, ou bien chacune des parties désignant le sien.

- 2 -Il est revenu qu’un premier collège de médecins avait été commis par le Clergé et la famille d’un côté, la Justice de l’autre.

Alors qu’on attendait le résultat de leurs constatations, le Procureur Général annonce qu’une autre expertise, menée par des étrangers, a été effectuée, et a conclu à une mort par noyade. Aussi laconique que cela. Dès lors, mille et une questions se sont posées. Qu’avait révélé la première expertise ? Quelle partie au procès a eu recours à cette deuxième expertise, et pour quel intérêt ? La première l’a-t-elle indexée comme complice ?

Dans tous les cas, la première expertise ayant été faite par un collège, comprenant des médecins désignés par le Clergé, il ne fait aucun doute que le résultat de son analyse est connu de ses mandataires. L’attitude du pouvoir montre qu’il n’a pas été satisfait de ce résultat, et a choisi d’autres médecins. En technique médicale, cela s’appelle faire une contre expertise.

La contre expertise obéit à des règles déontologiques. Les deuxièmes experts doivent être choisis d’accord parties. Pour contredire le premier rapport, les deux collèges doivent avoir une analyse contradictoire. Si à l’issue de cette analyse, ils ne sont pas d’accord, un tiers expert accepté de tous, sera désigné pour les départager.

Le gouvernement qui, par habitude, ne tolère pas la présence des experts étrangers au Cameroun, (voir le cas de Amnesty International) a pris sur lui, de faire venir de piètres compteurs de corps sur les théâtres des conflits, et brandit un extrait de leur rapport comme vérité biblique.

Ce document inconnu d’ailleurs du public n’est pas opposable au Clergé qui soutient que l’Ordinaire de BAFIA a été assassiné. Personne d’autre que le demandeur n’a été associé à cette seconde autopsie, pour lui donner un caractère contradictoire.

Questions :
1°) Où sont les rapports concernés ?
2°) Les premiers médecins ont-ils été associés à ces étrangers ?
3°) Le corps, objet de cette deuxième expertise est-il vraiment celui repêché devant les cameras et témoins ?
4°) Pourquoi n’avoir pas laissé ces derniers organiser une conférence de presse pour expliquer le contenu de leur rapport ? 
5°) Si les premiers médecins, dont certains désignés par le gouvernement (Procureur Général) ont fait des déclarations mensongères, pouvant mettre à mal la paix sociale, qu’attend -on pour les interpeller pour parjure ?

- 3 -Ces journaux et autres sbires du régime, qui veulent des preuves de la part de Mgr Samuel KLEDA, cherchent à lui faire le coup, que d’autres espions à la solde du pouvoir, ont fait à Monsieur Yves Michel FOTSO en son temps.

En effet, sous prétexte d’expliquer son cas au grand public, pour le laver de tout soupçon, un grand agent des services secrets qui grimpe d’ailleurs dans la hiérarchie du pouvoir depuis ce temps-là, lui a soustrait des confessions et des documents confidentiels sur ses liens avec certains pontes du régime. C’est ce qui a précipité son arrestation après la diffusion de l’émission sur les télévisions privées. Ils veulent donc savoir de quelles preuves disposent les évêques et la famille pour préparer la riposte.

Cette accointance de certains Evêques avec le pouvoir est de plus en plus décriée par le peuple de Dieu. Hier, comme un malpropre, Mgr Victor TONYE BAKOT a été viré de l’archidiocèse de YAOUNDE. Tout le monde connaît pourtant ses amitiés avec les pontes du régime et son goût prononcé pour l’argent. Il a été rattrapé des années plus tard par la lettre tribale qu’il avait poussé certains prêtres à signer contre leurs confrères Bamileké qualifiés d’adorateurs de crâne, et particulièrement contre Mgr Gabriel SIMO, aujourd’hui grabataire. Je me souviens aussi d’une scène insolite à Edéa, quand il y officiait, lors des obsèques du très regretté Pr. Thomas MELONE. Alors qu’il était en pleine consécration (moment de concentration des fidèles), un agent de police est venu à l’autel lui chuchoter que le représentant du Chef de l’Etat venait d’arriver, c’était le Pr Joseph OWONA. Aussitôt il a arrêté la consécration, a pris sa canne, est descendu de l’autel et a foncé sous une pluie battante à l’entrée pour accueillir celui qui, à ses yeux, était plus grand que le corps du Christ qu’il consacrait. Il ne faisait plus de doute que son Dieu était le pouvoir qui est à Yaoundé.

Plus près de nous, parlons du cas de Mgr Joseph ATANGA, qui défraie la chronique à l’Est ces derniers temps.

Ce prêtre jésuite, qui a usé de ses entrées dans le cercle du pouvoir, pour être nommé Evêque, a semé la terreur à BAFOUSSAM dix ans durant. Dès son arrivée, il a fait fermer toutes les écoles catholiques non rentables selon lui.

Beaucoup de familles chrétiennes ont vu la scolarité de leurs enfants perturbée, là où il n’y avait pas d’écoles publiques, et les curés ont tiré le diable par la queue.

- 4 -Pire, il n’employait que les gens de son ethnie pour toutes les tâches dans le diocèse. Il s’est livré à un véritable lobbying, pour le pouvoir. Certains hauts commis originaires de l’Ouest, lui doivent leurs postes dans l’administration. Il les qualifiait de (Bamileké collaborateurs et sûrs). Le laxisme naturel des Bamileké et leur lutte intestine lui ont permis de sévir pendant une dizaine d’années. Après avoir tout fait pour être nommé Archevêque de DOUALA sans succès, (il se dit que le point de vue du Cardinal Christian TUMI a été pris en compte par le Vatican), il a reçu de ses alliés du pouvoir, le strapontin de l’Est. Mais l’Est n’est pas l’Ouest, et ce qui s’est digéré là-bas ne l’est pas ici. Après l’émission de RFI sur sa protection des pédophiles, son goût pour l’argent est décrié par les fidèles de l’Est, qui demandent son départ. Le levant n’étant pas le couchant où on dort tranquille.

Le cas de Mgr Jean-Marie Benoît BALA nous instruit et réaffirme qu’aucun crime n’est parfait, surtout pas l’assassinat d’un Prélat. Les meurtriers auraient choisi de l’étouffer dans sa chambre, comme l’Abbé Armel DJAMA, Recteur du Petit Séminaire de BAFIA, ou le tuer avec sa propre arme chez lui, la pilule passerait comme d’habitude. La réalité, disent certains, est qu’ils l’ont torturé pour avoir d’amples informations sur on ne sait quel sujet, avant de l’exécuter et de jeter son corps là où ils avaient préalablement indiqué sur le mot posé dans son véhicule.

La Police Scientifique, le Parquet, tous sont sous la coupe du pouvoir, et ne disent que ce que ce dernier leur demande de dire. Le cas du Magistrat MAGNAGUEMABE, devrait vous faire réfléchir. Lui, le zélé qui a envoyé tant de victimes en prison, est aujourd’hui en errance, et qui sait demain ?

Le Parquet ayant tous ces indices pour conclure à un crime, devait simuler l’ouverture d’une enquête et enterrer le dossier comme d’habitude, et personne n’aurait trouvé à redire. C’est à vouloir tirer deux fois sur Mgr Jean-Marie Benoît BALA, que le vase a débordé. Ils l’ont tué physiquement et veulent salir sa mémoire, et à travers lui l’Eglise et le peuple chrétien, en le présentant comme suicidaire, crime impardonnable dans la doctrine catholique romaine. Cette macabre affaire, nous dit beaucoup sur la relation entre le pouvoir et certains membres du clergé au Cameroun. Le problème de collusion de certains Prélats avec le pouvoir, et leur relation avec l’argent et les plaisirs mondains sont connus.

Mgr Joseph AKONGA ESSOMBA, ce brave soldat de Dieu l’a déclaré haut et fort, lors de son homélie à la Cathédrale Notre-Dame de Yaoundé, regardant ses assassins et leurs complices « tartuffes », faux prêtres dans les yeux. Ceux qui croyaient que seul Mgr Samuel KLEDA était écœuré, en ont eu pour leur compte.

- 5 -Certains prêtres de l’Eglise catholique ont une complicité criarde avec le pouvoir. D’ailleurs, il se dit que plusieurs Evêques lui doivent leur nomination. Ils utilisent l’entregent des Nonces Apostoliques qu’on dompte dès leur arrivée chez nous, pour induire souvent le Pape en erreur sur ses choix.

Le dernier a été mis à contribution pour enrôler les Prélats dans les organes que le pouvoir met en place pour distraire le peuple (Elecam, Conseil National de la Communication). C’est ainsi qu’il a entraîné Feu Mgr BEFE dans le C.N.C., et Dieudonné WATIO dans Elecam, cet organe chargé d’organiser des élections truquées au profit du pouvoir. Heureusement pour le dernier, que le Seigneur était au contrôle et l’a délivré de ce cercle de démons. Peut-être aurait-il subi le même sort que son confrère, à cause de ses prises de position chrétiennes lors des débats dans cet organisme. On peut dire aujourd’hui qu’il s’est échappé à temps. Béni soit le Seigneur.

Le Cameroun est l’un des pays les plus visités au monde par les Papes, alors que le caractère de chrétiens pratiquants de ses dirigeants n’est pas avéré. Certains prêtres de l’Eglise catholique sont mis à contribution pour calmer le peuple quand il s’agite, suite aux multiples vols de leurs suffrages et ou du ras-le-bol contre la vie chère. Des Evêques sont connus comme agents et amis écoutés des pontes du régime, à qui malheureusement ils ne disent pas la vérité sur la misère du peuple.

Ils s’exposent sans honte avec certains, connus pour leur cruauté et leur ravage sur la fortune publique. Ils leur réservent des places spéciales à l’Eglise, les citent dans l’homélie comme font les chanteurs griots, les rares fois où ils y viennent, pas pour prier, mais pour se faire glorifier à la place de Dieu, par nos célébrants. Une place d’honneur leur a d’ailleurs été réservée lors des obsèques de leur victime innocente.

Ces mêmes Prêtres, acceptent des cadeaux somptueux de leur part, sans se poser la question, de la provenance des fonds, qu’ils y ont investis. En retour, ils doivent se soumettre ou être soumis, par noyade s’il le faut, pour les brebis galeuses.

Je vais ici rappeler deux pensées, celle du Président Abraham LINCOLN et celle de mon ami DAKOLE DAISSALA.

Le premier disait « On peut tromper une partie du peuple tout le temps ; on peut tromper tout le peuple une partie du temps ; mais jamais tout le peuple tout le temps ».

- 6 -Le second me disait en 1992 à l’Assemblée Nationale, avant de mordre à l’hameçon « Monsieur DZONGANG quand tu manges avec ton ami Paul BIYA, dis-lui qu’au « Nord il n’y a pas que des moutons, mais il y a aussi quelques boucs et j’en fais partie ».

Ce qui se passe actuellement montre que nos Evêques, Pasteurs et Imams ne sont pas tous corrompus, il y en a encore qui aiment le peuple de Dieu dont ils sont les bergers, et qui refusent les compromissions sataniques. NosSeigneurs de Kribi et de Bafia en faisaient partie, et ont payé le prix de leur singularité. Les chrétiens voient, entendent et analysent les attitudes des uns et des autres dans cette affaire.

Ceux des Evêques qui ont eu leur élévation grâce au régime, font tout pour étouffer cette affaire, et présentent leurs collègues qui cherchent la vérité, comme des agitateurs, au premier rang desquels Mgr Samuel KLEDA, Président de la Conférence Episcopale Nationale.

Un religieux m’a fait une remarque sur cette affaire. Il a dit « Sous AHMADOU AHIDJO, un nordiste, aucun prêtre Béti n’avait été assassiné, sous Paul BIYA, un Béti, plusieurs prêtres Béti sont assassinés, et il faut que ce soit un Toupouri du Nord, qui les défendent ». Ceci explique aussi, à quel point, le tribalisme est ancré dans les mœurs au Cameroun. Voir à travers les Prélats et Prêtres assassinés, leur tribu avant leur rôle de guide, bergers des chrétiens, peut justifier aussi le pourquoi de cela.

Le régime aurait donc basé sa confiance sur les évêques de son ethnie, et ne pardonnerait pas une quelconque remontrance de leur part, sous peine d’être éliminés.

Ceux qui disent souvent que ce sont les Béti qui gouvernent, doivent comprendre que les Béti lamdas, ne sont pas mieux logés que le reste des Camerounais. Bien au contraire, le peu de résistance que le régime tolère chez les autres, est sévèrement maté, quand il s’agit de l’un d’eux. La règle veut que le pouvoir soit soutenu sans réserve par eux. L’opération épervier, a tête chercheuse, a fait plus de ravages dans leurs rangs qu’ailleurs, question de punir les plus hardis et prétentieux. Nous avons au pouvoir un clan et non une ethnie, ni un village, moins encore une région.

Il vaut mieux ne pas croiser leur chemin. Dire peut-être que les membres se recrutent le plus souvent en milieu Béti peut paraître exact. Mais englober tout le vaillant peuple chrétien Béti dans cette confrérie satanique, est une injure. L’homme Béti originel est formidable, bon vivant et très accueillant. Prions pour.

- 7 -eux qui souffrent du double rejet, par leurs frères aux affaires qui marchent sur eux, et par les autres citoyens qui les croient tous complices des maux qui minent notre pays.

Pour parler comme Alain FOGUE, quand il commente les aveux de Titus EDZOA dans son ouvrage, on a froid au dos à entendre ceci : «Boire tout frais du sang humain, c’est particulièrement excitant pour les caprices des démons; lassé des langoureuses divines sirènes, trop exigeantes et jalouses, l’on se fait incuber, pour priver de leur virginité des nymphettes aussi lascives que naïves : cela procure de la jouvence à perpétuité; pratiquer comme rituel de purification et d’allégeance l’homosexualité, c’est une haute distinction discriminatoire pour l’honorabilité de la confrérie supposée prestigieuse; engager en astral des combats nocturnes épiques et suicidaires sur des «avions-tapis volants », bourrés de missiles incendiaires, l’ennemi redouté ne s’éliminant que de nuit, déguster de la chair humaine faisandée à l’étouffée, c’est de l’ambroisie pour l’éternité; livrer en sacrifice à la confrérie et, tour à tour, le plus aimé de ses proches, c’est renforcer la solidarité et la respectabilité du groupe; organiser des messes sabbatiques, très noires en couleur, pour défier le Dieu tout puissant entouré de sa cohorte de saints, de bienheureux et consorts; pactiser avec Lucifer, le diable doublement connu, le plus redouté parce que le plus redoutable, en signe de fierté d’être son flambeau de l’incarnation du mal; forniquer avec des cadavres féminins, à défaut de harpies particulièrement décaties, ça donne de la pêche et du courage; s’abreuver de coctions hallucinogènes, c’est l’accès assuré au royaume des ancêtres, éternels gardiens de la sagesse; consulter de vieux grimoires, pour y découvrir des formules magiques : ainsi à la carte peut-on tuer à l’envi, avant de périr soi-même heureux, comblé d’une mort violente… ».
On trouve ici l’explication à l’arrogance, au mépris, à l’impunité et à l’apparente désinvolture de certains qui, malgré les scandales à répétition sont à leur poste, et continuent de narguer le peuple. C’est comme s’ils étaient plus forts que le Président de la République qui croit-on, les nomme.

- 8 -Cette main mise du pouvoir sur une partie du Clergé catholique, tente peu à peu de s’infiltrer dans l’Eglise Evangélique du Cameroun, où la tribu et le pouvoir veulent avoir le dessus sur la foi et la religion. En demandant l’annulation des élections privées, dans une institution religieuse, le Procureur de la République, qui agit sur instruction de sa hiérarchie, vient d’ouvrir grande, la brèche par laquelle le pouvoir en place veut s’introduire dans cette institution, pour le meilleur contrôle des Pasteurs et la mise en place de la politique tribale qu’il pratique.

Les Eglises de « réveil » sont une création de ce pouvoir, et leurs « Pasteurs » commencent toutes leurs prières par la bénédiction du Président de la République et son gouvernement. Leurs œuvres sont financées par le pouvoir dont plusieurs de ses membres, sont parfois Fondateurs. Leur mission, endormir le peuple, lui enlever toute idée de revendication de ses droits, toute tentative de révolte.

Ils proclament : « Tout vient de Dieu, ceux qui gouvernent sont choisis par Dieu et leurs œuvres guidées par Dieu, qui réserve à chacun un destin caché. Ne vous plaignez pas du manque d’hôpitaux, seule la prière soigne, ne critiquez pas l’état des routes, Dieu est au volant ».

Ainsi le pouvoir peut dormir tranquille, s’arroger tous les biens du pays. Leurs complices, pasteurs autoproclamés, se chargent de couvrir leurs arrières en endormant le peuple.

Après avoir terrorisé les citoyens, clochardisé ses agents, dompté les opposants autoproclamés, l’espoir d’un sursaut se reposait sur l’Eglise. C’est pourquoi, il était urgent de la soumettre ou de l’étouffer. L’acte cruel d’assassinat de l’Evêque s’inscrit dans cette volonté.

Le pouvoir au Cameroun, comme au temps des colonies, à compris la place des églises dans l’endormissement du peuple. Il doit absolument s’assurer leur complicité, de gré ou de force.

Ses thuriféraires et autres grattes papier à la petite semaine, vont jusqu’à poser la question de savoir, pourquoi demander justice pour la mort d’un serviteur de Dieu, au lieu de prêcher le pardon. Ils oublient de dire à qui on doit accorder le pardon. Qu’ils désignent l’auteur, et comme le Pape Jean-Paul II a prié pour son agresseur et lui a pardonné, nous prierons pour lui et lui pardonnerons, s’il se repent. Dieu qui est infiniment bon et infiniment aimable, a le ciel pour les bons et l’enfer pour les méchants. Si votre thèse de suicide prospérait, l’Evêque n’aurait même pas droit aux obsèques religieux de l’Eglise catholique, le suicide y étant un pêché impardonnable.

- 9 -Le pardon est la résultante d’une repentance. On ne pardonne pas à celui qui refuse de reconnaître ses fautes, de rejeter Satan pour suivre le Christ. La recherche de la vérité, dont vous faites la seule affaire de Mgr Samuel KLEDA, alors qu’il parle au nom de la Conférence des Evêques du Cameroun, est une démarche pour laver l’honneur de leur collègue, que ses assassins veulent à jamais salir, par cette sordide affaire de suicide. Il vise aussi, à dire aux auteurs, que trop c’est trop !

A cette allure, et vu le vacillement du pouvoir, si les révélations de leur ancien adepte Titus EDZOA étaient vraies, il y a lieu de se demander, à qui le tour ? Qui sera prochainement sacrifié par le pouvoir. Les Hommes de Dieu, ou les bébés qui sont des proies très appréciées (Sic. Titus EDZOA).

Il s’agit pour nous tous, d’un réveil, d’un sursaut pour sortir des griffes de ces assassins sataniques. Les chrétiens pour l’heure ruminent en silence. Ca bout dans leur tête, et ils attendent le signal pour se précipiter vers la mort, pour mourir s’il le faut, une fois pour toute, pour en finir avec cette horreur, ce régime de terreur. Ils attendent que les guides que sont les prêtres, les pasteurs et les évêques, réagissent fermement en bloc, et non timidement et en rangs dispersés à cette énième provocation qu’ils souhaitent la dernière.

Le pouvoir aura choisi d’humilier Mgr Jean-Marie Benoît BALA jusqu’au bord de sa tombe.
Le tuer et le traiter de suicidaire, mutiler son corps, surtout profaner son cercueil en y posant cette vulgaire chose qu’on appelle médaille, et que portent tous les délinquants et brigands à col blanc, est un comble de cynisme. La médaille dans son sens originel, est un signe de reconnaissance, pour services rendus à la nation, ou pour bravoure sur le champ de guerre. Mgr Jean-Marie Benoît BALA aurait-il rendu service à la nation. Par son suicide prétendu ?

Au Cameroun, cette breloque que tous les « feymens » achètent, pour eux, leurs épouses et enfants, que l’on décore parfois tous ensemble le même jour, au même lieu, ne vaut plus rien. Pendant ce temps, les vraies valeurs, économiques, scientifiques, politiques etc, attendent en vain d’être reconnues.

Il y en a même qui voit leur nom apparaître le 20 Mai, sur la liste des bénéficiaires dans deux villes différentes la même année. Je me souviens d’un cas, à Douala. Un monsieur avait été fait Chevalier de l’Ordre de la Valeur l’année précédente et se trouvait sur la liste l’année suivante pour le Grade de Commandeur. Feu le Gouverneur Ferdinand NKOUNGOU EDIMA, a piqué une crise, l’a renvoyé et ce dernier est allé se faire poser sa médaille à Yaoundé.

- 10 -Vous parlez de quelle distinction ? Prêtez l’oreille le jour des décorations, écoutez les noms qu’on lit. Même mort, la dépouille de Mgr Jean-Marie Benoît BALA ne mérite pas ce sacrilège. Cette médaille, véritable objet de commerce dans ce pays, avec sa cohorte de démarcheurs, fait partie des avantages attachés à la fonction des Gouverneurs, Préfets et S/Préfets, source de revenus substantiels.

Un suicidaire est un lâche, sauf si on lui trouve l’excuse d’y avoir été poussé. Le pouvoir par ce geste veut-il sournoisement reconnaître que ce Prélat a été tué ? Si on lui portait une quelconque considération, le pouvoir se serait manifesté à un niveau plus élevé, que celui du Ministre d’Etat qui, au demeurant, est le patron de cet illustre Procureur Général près la Cour d’Appel du Centre, auteur présumé du communiqué, qui a mis en émoi tout le pays. Il n’est pas superflu de rappeler que Son Excellence Laurent ESSO est de l’Eglise Evangélique du Cameroun, et ne comprend rien aux rites catholiques.

L’organisation judiciaire au Cameroun, voulant que le Procureur Général prenne ses réquisitions après avis de la Chancellerie, sur ordre de ce dernier, le Garde des Sceaux est donc le vrai patron de l’enquête en cours. Il devient ainsi juge et partie.
Le Président de la République est-il insensible au point de ne pas percevoir l’émotion populaire suscitée par l’assassinat de l’Evêque Jean-Marie Benoît BALA ? Même pas une lettre de compassion, à défaut d’une présence de réconfort. Ceux qui doutaient encore du mépris de ceux qui nous gouvernent sont servis.

Les vraies manœuvres de corruption vont maintenant commencer. Les journaux, les griots, certains parents, les faux prêtres vont entrer en scène.

Leur discours bien rôdé, sera de prêcher le pardon, la tolérance. Entre temps, les Services Secrets vont se charger d’intimider tous ceux qui vont lever la tête. Ils vont être traités de terroristes, et peut-être étouffés dans leur sommeil, pour mourir de mort « naturelle », comme l’abbé Armel DJAMA Recteur du Petit séminaire de BAFIA.

Oui, le pouvoir compte sur la peur légendaire des Camerounais, pour continuer tranquillement à sévir, à tuer.
Je voudrais ici dire bravo à Mgr Joseph AKONGA ESSOMBA, ce Prêtre de vocation, pour son sermon courageux. L’élève a bien appris de son maître. Vicaire Général de Feu Mgr WOUKING, il lui ressemble. On comprend maintenant pourquoi, tout a été mis en œuvre pour qu’il ne lui succède pas.

– 11 -Il connaît bien ses confrères, et le pouvoir. Il sait de quoi il parle. Je voudrais ici suggérer, que d’une manière ou d’une autre les fidèles connaissent ces faux prêtres, serviteurs de Satan, dont il parle. Afin que nous chrétiens, nous nous chargions de les isoler, de les fuir. Ceux parmi les Evêques qui ont pactisé avec les assassins, doivent savoir que Dieu, dont ils se servent du nom pour faire leur sale besogne, ne dort pas, ne dort jamais. Feu Mgr Albert DONGMO ne disait-il pas que Dieu n’est jamais distrait ?

Des signes prémonitoires : l’Eclipse solaire à la sortie de la dépouille de la cathédrale, l’accident mortel du motard convoyant le cortège funèbre, sont là pour révéler la colère du ciel. Attendons la suite.

Aux naïfs, qui préconisent le vote en 2018, pour sortir le pays des griffes de ces pilleurs assassins et suppôts de Satan, je dis : vous n’avez rien compris, à ce régime.

Elecam, la DGSN, le DGRE, les Préfets, S/Préfets, le B.I.R., seront toujours là pour assurer 99,99 % au Prince, et le tour va continuer. Ce qui s’est passé au Gabon, doit nous instruire. Le pouvoir en place, ne perdra jamais l’élection présidentielle au Cameroun. Or, le changement attendu, c’est à la tête des institutions. Les aveux de M. Titus EDZOA sont, selon moi, le déclencheur de la prise de conscience et de la révolution dans notre pays.

Le meurtre de Mgr Jean-Marie Benoît BALA doit nous faire vivre ou mourir comme lui. Et comme dans toutes les batailles, il y a les chefs, les guides réligieux, les leaders d’opinion qui doivent prendre la tête ; le peuple suivra ; la diversion tribale ne marchera plus.

En ce qui me concerne, je me tiens prêt, aux côtés des autres Hommes Politiques, pour assumer ma part de responsabilité.
Pour aller voter il faut une carte d’identité, et une hypothétique carte de vote, sans garantie que votre bulletin comptera.
Pour protester et faire plier ce régime, il nous suffit de sortir tous, et dire adieu aux oppresseurs. Ils n’auront ni assez de B.I.R., de Gouverneurs, de Préfets, S/Préfets, de Police et Gendarmes, pour arrêter un peuple déchaîné. Malgré sa puissance militaire, l’Amérique n’a pas gagné la guerre au Viêt-Nam, en Afghanistan, en Corée du Nord. Les colons ont tué près de 500.000 Bamileké et Bassa au Cameroun, et pourtant ils sont là, toujours plus nombreux.

S’ils s’accrochent au pouvoir parce qu’ils ont peur des représailles lorsqu’ils ne seront plus aux affaires, nous sommes des chrétiens et n’aurons d’ailleurs pas de temps à perdre pour eux. Dieu s’en chargeant.

– 12 -Pour ma part, je suis tout à fait disposé à m’associer à toute initiative des Leaders de l’opposition en vue de réfléchir à une riposte pacifique, mais décisive du peuple. Je suis persuadé que comme moi, les plus sérieux d’entre eux sont en train d’y réfléchir. Mais l’expérience montre que la réflexion est stérile quand elle ne mène pas à l’action.

Je ne dis pas de sortir dans la rue pour casser, ni détruire les biens de nos compatriotes, mais de faire comme GANDHI, une marche pacifique. Une désobéissance civile. Une seule journée suffirait pour les mettre tous en fuite et libérer notre pays.
Mon attachement à la paix et à la protection des biens dans notre pays est connu. Je l’ai démontré en 1990 et 2008 à Douala.

Si toutes les tentatives populaires de changement ont échoué précédemment, c’est parce que d’une part les Camerounais n’ont pas encore compris que l’on peut mourir pour son pays, ses frères et sœurs et ses enfants, et pire d’autre part les leaders politiques n’ont pas pris les risques nécessaires pour capitaliser la colère latente ou les révoltes instantanées des populations.

Ceci vaut bien la peine que nous, leaders des partis, prenions la responsabilité d’assumer la situation, quoiqu’il nous coûte, si nous voulons être crédibles aux yeux du peuple. C’est par la prise de risque que Ruben UM NYOBE et ses compagnons ont insufflé le nationalisme patriotique aux Camerounais. C’est par la prise de risque que l’opposition transformera en révolution pacifique, la grogne qui sourde au cœur du peuple Camerounais, un peuple qui appelle à une concertation stratégique des leaders de l’opposition essentielle.

A vous nos Evêques, nos Pasteurs, nos Prêtres, nos Imams de prendre vos bâtons de guide pour mener vos croyants à s’engager dans cette lutte ultime de libération du peuple et de délivrance de notre pays des mains de Lucifer.

En ne le faisant pas, en louvoyant avec le pouvoir comme certains le font depuis cet assassinat, vous vous rendrez coupables de l’asservissement du peuple de Dieu qui est à votre charge. Souvenez-vous comme le disait encore Feu Mgr Albert DONGMO qu’on ne peut pas conduire le peuple au ciel en faisant comme si la terre n’existait pas. Vous êtes tous concernés par le quotidien de ces millions de Camerounais qu’un groupuscule à la solde de Satan maintient dans la misère et sacrifie comme rançon pour s’éterniser au pouvoir.
- 13 -Comme Martin Luther King, prenez votre destin en main comme plus près de nous au Congo Démocratique, prenez votre destin en main.
Je ne saurais terminer sans dire merci à Mgr Samuel KLEDA, Mgr Joseph AKONGA ESSOMBA, l’Abbé Philippe KAHAKE de la Paroisse de Kamdjoun-Bandjoun, qui dans leurs démarches et homélies expriment l’indignation de la nation devant le crime.
Par Albert DZONGANG
Homme Politique