Ai-Cameroun - Au lendemain de l’élection présidentielle du 09 Octobre 2011, les analystes politiques avaient prédit un gouvernement d’ouverture nationale, au regard du score obtenu par le président-candidat Paul Biya.
La publication le 09 Décembre dernier, deux mois après l’élection présidentielle, a complètement fait voler en éclats toutes leurs prédictions. Une fois de plus, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) est le seul maître à bord.
Divers journaux avaient annoncé l’entrée dans le gouvernement de quelques ténors de l’opposition, une information plus tard démentie par Ni John Fru Ndi du Social Democratic Front (SDF) puis par Albert Dzongang de La Dynamique et enfin par Adamou Ndam Njoya de l’Union Démocratique du Cameroun(UDC). D’autres candidats cités n’avaient pas eu le courage de dénoncer ces supputations. Néanmoins, l’espoir demeurait pour beaucoup d’entre eux de faire leur entrée dans le gouvernement.
Une longue attente inutile
A la lecture de la vingtaine de textes rendus publics ce 09 Décembre 2011, en dehors du Décret n° 2011/408 portant organisation du gouvernement et dans lequel apparaît clairement un ministère délégué des Marchés Publics dépendant directement de la Présidence de la République et en dépit de la spécification du Ministère de la Culture qui devient Ministère des Arts et de la Culture, aucune surprise n’a été relevée par les observateurs avertis. L’on se demande cependant, que va devenir l’Agence de Régulation des Marchés Publics ? Va-t-elle exister aux côtés du Ministère ou va-t-elle disparaître définitivement, ses principales missions ayant été dévolues au Ministère ? Cette question se pose également pour ce qui est de l’Office des Anciens Combattants et victimes de guerre avec la création d’un secrétariat d’Etat qui dépend dorénavant du Ministère Délégué à la Présidence de la République, chargé de la Défense.
En dehors de cela, il faut dire que les missions spécifiques de chaque ministère ont été déterminées de manière à ce que le grand public sache désormais de quoi s’occupe chaque chef de département. Des risques de chevauchement ont ainsi été balayés et il ne reste plus qu’aux concernés de respecter le cahier des charges. Est-ce l’élaboration de ce précieux document qui a conduit à cette longue attente que d’aucuns ont trouvé inutile ? Difficile d’y répondre !
On prend les mêmes et on recommence
Sur les 37 ministres de ce gouvernement, 15 seulement n’avaient jamais occupé pareilles fonctions. Sur les 15, trois femmes dont deux secrétaires d’Etat. Ces dernières viennent grossir les rangs et porter à 09 la représentation féminine, soit 24,32% contre 75,68% aux hommes.
Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, Pierre Moukoko Mbonjo et Philippe Mbarga Mboa par contre font un retour aux affaires après une période d’hibernation alors que d’autres occupaient des postes de responsabilité dans des administrations privées et publiques à l’instar d’Alamine Ousman Mey, l’ancien directeur général de Afriland First Bank, de Jacqueline Koung à Bessike, Basile Atangana Kouna, Philip Ngole Ngwese, Michel Ange Angouin, Koumpa Issa …pour ne citer que quelques-uns. « Faut-il croire que dans notre pays il manque de personnalités au point de reprendre toujours les mêmes ? » s’est interrogé un lecteur de journaux devant un kiosque à Yaoundé, au lendemain de la publication de ce nouveau gouvernement. Et un autre de lui répondre « Dans notre pays, la nomination est discrétionnaire ». C’est tout dire.
Qu’attend-on de l’opposition
Au-delà de la déception qui doit être la sienne, l’opposition doit se mettre au travail et comprendre qu’en rangs dispersés, elle n’a aucune chance d’accéder au pouvoir. Elle doit par conséquent s’organiser dès à présent pour mettre en place une stratégie de bataille en vue des sénatoriales, législatives et municipales. Elle doit également se dire que ce n’est pas en entrant au gouvernement qu’elle sera plus utile aux Camerounais mais en critiquant de manière objective, l’action du gouvernement.
L’opposition doit pouvoir donner de la voix, user du lobbying pour que les grandes réalisations annoncées prennent effet. Et ce n’est qu’à ce titre, qu’elle servira à quelque chose pour le peuple Camerounais qui attend impatiemment la survenue de l’émergence prévue pour 2035.
Georges Ndenga, Ai Douala
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