L’épine dorsale que draine notre pays est le manque des infrastructures viables pouvant contenir un nombre considérable des malades. Le Centre Hospitalier de Libreville, l’un des plus grands centres hospitaliers au niveau national, affiche un déficit en matière de lits. Simple détour au niveau des urgences laisse transparaître la réalité.
Dans ce domaine ; un travail de fond doit être mené, dans le but d’améliorer la couverture sanitaire de la population. C’est pourquoi des mesures préventives sont à prendre pour prévenir des populations des maladies infectieuses, du paludisme et du sida. Concernant le VIH/Sida le niveau de séroprévalence est particulièrement élevé au Gabon. La séroprévalence est passée de 1,8% en 1986 à 2,6 en 1991 pour approcher les 8% en 2000 et dépasse sensiblement les 10%. Les grandes villes comme Libreville, Port-Gentil et Franceville sont les plus touchées. L'analyse approfondie des données d'enquête montre que le pic se situe dans la tranche d'âge des 15 – 49 ans. Le paludisme, lui, reste endémique et constitue la principale cause d'hospitalisation, tout en étant au premier rang des origines de la mortalité au Gabon. La tendance est toutefois à la baisse à la lecture de certains indicateurs.
De l’autre côté, La mortalité maternelle demeure préoccupante au Gabon même si des progrès notables sont comptabilisés : la couverture en soins prénataux est passée de 78 à 85% (donnée du rapport 2003) et la mortalité elle-même est passée de 600 pour 100 000 naissances vivantes en 1988 à 519 en 2000. Les principales causes de cette mortalité maternelle sont les hémorragies, les avortements provoqués, les MST, etc. Jusqu'en 2003, les niveaux des taux de mortalité des enfants n'ont que timidement évolué ; la mortalité infantile reste encore élevée au Gabon, même si la tendance est baissière sur une longue période, passant de 95 pour mille en 1992 à 61,1 pour mille en 2003. En effet, les taux élevés de mortalité et de morbidité relèvent la forte prévalence des maladies respiratoires, diarrhéiques, les anémies, la malnutrition, la rougeole, les convulsions et surtout le paludisme. Toute chose qui réduit la capacité motrice de la population active.
Achille Moutsinga, Ai Libreville
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