Ai-Gabon - Le pétrole est en effet resté longtemps la ressource naturelle la plus importante du pays. Il contribue à 70% aux finances du pays et reste la matière première par excellence. L’exportation et la fiscalité sur le domaine pétrolier constituent environ 60 % des revenus de l’Etat et plus de 40 % du PIB gabonais.
Les revenus de cette seule ressource ont permis de classer le Gabon au rang de pays à revenus intermédiaires.
En effet, en raison du cours moyen du pétrole, le pays avait enregistré l’un des PIB par habitant les plus élevés d’Afrique subsaharienne (US $ 5700 en 2003, $ 7100 en 2007 et $ 13800 en 2008). Toute fluctuation du cours du dollar ou du prix du baril, toute variation de la production, entraîne un contrecoup majeur sur les ressources financières du Gabon et, par conséquent, sur toute l’économie du pays. Notamment, sur le programme de développement et le remboursement des dettes tant intérieures qu’extérieures.
Dix ans après la découverte majeure de Rabi Kounga et paradoxalement après l’année la plus prospère de l’histoire du pétrole gabonais (1997 avec 18,45 millions de tonnes), la menace d’un épuisement du pétrole se fait toujours plus pressante, malgré de petits regains d’espoir : une baisse régulière de 5% l’an s’enclenche. 17,5 millions de tonnes en 1998, 15 millions de tonnes en 1999… mais, dès 2000, la production tourne autour de 13,5 millions de tonnes.
Le bon niveau des cours du brut et du Dollar a conduit à une exploitation plus poussée des puits en production, y compris de petits puits jusque-là peu rentables. C’est ainsi que la chute du niveau de production a été non seulement freinée mais elle s’est ensuite légèrement stabilisée avec respectivement 13.5 millions de tonnes en 2003, 13.2 millions de tonnes en 2004 et 13.2 millions de tonnes en 2005. L’année 2006 aura pour sa part été marquée par une forte chute avec 11.9 millions de tonnes produites (environ 235.000 barils jours) soit le niveau historique le plus bas jamais enregistré par le Gabon.
Ressource très fructueuse et stratégique, le pétrole ne saurait être abandonné au Gabon. C’est ainsi que, si l’exploitation pétrolière ne s’est faite jusqu’ici que sur le littoral et en offshore, le Gabon a ouvert avec la Chine l’exploration on shore à l’intérieur du pays sous la futaie tropicale. En effet, le 3 février 2004, Richard Auguste Onouviet, alors ministre des Mines, de l’Energie, du Pétrole et des Ressources Hydrauliques, représentant l’Etat gabonais, a signé à Libreville un Accord d’évaluation technique (AET) avec le groupe pétrolier chinois SINOPEC. Cet accord, qui porte sur trois blocs terrestres, a suscité beaucoup d’espoir au moment de sa signature ainsi que l’a laissé entendre Richard Auguste Onouviet : « Espérons que (…) dans un an, nous aurons des nouvelles rassurantes pour que l’aventure pétrolière puisse continuer dans notre pays. Ce que nous espérons tous, c’est que Sinopec va découvrir un gros gisement qui dort dans le sous-sol de la république gabonaise ». On peut y croire parce que le Gabon est situé dans le golfe de Guinée et que selon les spécialistes américains, notamment Dick Cheney, les USA devraient concentrer leurs efforts de recherche dans cette province pétrolière qui devrait devenir l’une des plus importantes du monde. Elle compte 24 milliards de barils de pétrole de réserve et son offshore ultra profond est très prometteur.
Une autre raison d’espérer est que le 850 Km de côtes du Gabon n’ont pas méticuleusement été sondés et que, le pétrole on shore, n’a pas été recherché du fait de l’épaisse forêt équatoriale qui induirait des coûts autrement plus onéreux que ceux des exploitations en bordure d’océan. Les choses commencent toutefois à changer : Le 14 mars dernier, la junior pétrolière Maurel & Prom a indiqué que le puit de développement Onal-901situé à Lambaréné a montré un débit d'huile beaucoup plus important que ceux mis en évidence sur les autres puits testés à ce jour, avec 3400 barils par jour. On notera par ailleurs que malgré le ranking, c’est-à-dire le découpage et classement des pièges à pétrole effectués depuis le début de l’aventure pétrolière gabonaise, le gisement de Rabi Kounga été découvert trente ans après celui de Pointe-Clairette. Ce qui confirme l’hypothèse de l’existence de pièges à pétroles subtils qui seront découverts grâce aux évolutions technologiques ou grâce à l’intuition/obstination.
Le Gabon a, par ailleurs, lancé un 9ème appel d’offre en offshore ultra profond. Mais, en raison du coût fort onéreux de la recherche dans l’ultra profond, les majors rechignent encore à acquérir les blocs proposés. Les autorités du pétrole gabonais fondent beaucoup d’espoir sur les possibilités d’une bonne découverte hors du plateau continental. Surtout que dans le voisinage du pays, notamment en Guinée Equatoriale des découvertes fort intéressantes ont été réalisées.
La diversification du partenariat (Australie, Afrique du Sud, Brésil, Canada, Chine) entretien également l’espoir d’une découverte de bonne envergure. C’est dans cette perspective que de nombreuses sessions, croisements d’intérêts, prolongation de validité ou modification des périmètres attribués sont intervenus ces derniers temps.
Achille Moutsinga, Ai Libreville
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