L’administration, dans les zones où sévissent les coupeurs de route, souffre de l’absence prolongée de certains fonctionnaires qui, craignant pour leurs vies, ont tout abandonné. Les cas de résistance ou de refus de paiement ou de tentative de dénonciation sont lourdement sanctionnés.
En compilant les documents mis à notre disposition par nos sources, on relève qu’il y a plus d'un an, onze personnes enlevées dans l'arrondissement de Taibong, département du Mayo-Kani, avaient été égorgées parce que leurs ravisseurs, las d'attendre leur rançon, se sont sentis traqués par les éléments du Bir. Les éléments des forces affectés à la lutte contre le phénomène n’ont pas non plus été épargnés par la barbarie de ces malfrats. Le 28 octobre 2008, le commandant de compagnie de Kaélé, le capitaine Leinuyi Tah Félix trouvait la mort au cours d'une opération de quadrillage d'une zone d'action des ravisseurs, en compagnie de six gendarmes.
Pratiquement à la même période, l'adjudant de gendarmerie, Moussa Garba, a été abattu par des coupeurs de route dans la localité de Maltam, située à 30 km de Kousseri, alors que lui et ses collègues, alertés par un veilleur de nuit, tentaient d'interpeller un gang de malfrats qui vandalisaient une antenne relais d'un opérateur de téléphonie mobile.
Mais la présence du Bir commence à les dissuader surtout que les éléments de ce corps d’élite sont postés tous les 20 kilomètres sur l’axe Garoua-Boulaï – Ngaoundéré.
Bernard Bangda, Ai Bertoua
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