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Cameroun : Mouanko, une commune aux potentialités inexplorées


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Ai-Cameroun - Située le long du fleuve Sanaga dans le département de la Sanaga Maritime et non loin du fleuve Wouri à Douala, chef lieu de la région du Littoral, avec une grande façade maritime qui se trouve à la fin d’une réserve de faune, Mouanko demeure une commune à faibles revenus financiers alors que les atouts pour se développer ne manquent pas. Reportage.

Lorsqu’on arrive à Mouanko pour la première fois, ce qui frappe est sans nul doute le Lycée qui se trouve à l’entrée de la ville puis les groupes de la Centrale Thermique et enfin le pont sur la kwa-kwa, un affluent du fleuve Sanaga.

Une fois le pont franchi, on s’attend à voir l’hôtel de ville, signe qui  ouvre au visiteur les portes d’une commune. L’on vous montrera plus facilement la Sous-préfecture et la résidence du Sous-préfet ainsi que la Brigade de Gendarmerie et l’Ecole Publique. Pas de plaque pour la Mairie visible à l’horizon. Seuls les habitants de la localité pourront répondre à vos questions. Néanmoins l’on vous montrera un petit immeuble comme pour vous narguer ou l’on vous dira que c’est à la Sous-préfecture que se tiennent les conseils de la commune.

Pourtant cette commune apparemment pauvre ne manque pas de potentialités. Elle est depuis plusieurs années aux mains du RDPC (Rassemblement du Peuple Camerounais, parti au pouvoir) même si l’on note ici la présence des autres partis comme le Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun (MLDC, opposition) et l’Union des Populations du Cameroun (UPC, parti historique). Cette configuration politique nous pousse à dire que l’une des premières potentialités de Mouanko est son élite, variée et nombreuse mais malheureusement vivant plus hors de l’Arrondissement et y investissant le moins. Une élite que vous rencontrerez plus aisément dans les villes de Yaoundé, Douala, Edéa et la liste n’est pas exhaustive. Au sein de celle-ci néanmoins,  se trouvent des personnes qui ont choisi de revenir s’installer au village si ce n’est d’y investir dans les domaines de la pêche ou de l’agriculture ; des personnes pas toujours intégrées par les populations locales qui soupçonnent des velléités d’hégémonie et qui, parfois faute d’avoir été acceptées retournent s’installer en ville.

La deuxième potentialité est la réserve de faune. Bien que protégée, elle peut être source de revenus pour la commune si cette dernière pouvait aménager des visites de groupes, organiser des excursions en accord avec la délégation des Forêts et de la faune. Toujours avec le concours de cette dernière,  favoriser l’arrestation des braconniers qui viennent de temps en temps prélever le gibier habitant la réserve. Ces braconniers, une fois arrêtés, pourraient rapporter quelques devises  après la vente aux enchères des produits de la chasse. Cette réserve est également riche en produits non ligneux, en réglementant l’exploitant des ces derniers ; nul doute que cela ferait rentrer de l’argent dans les caisses de la municipalité.

La troisième potentialité est le fleuve. L’on y pratique outre la pêche du poisson et des huîtres, la collecte du sable pour les constructions des habitations. Deux activités qui, si elles sont canalisées et organisées peuvent rapporter à travers des taxes directes beaucoup d’argent. En plus, ce fleuve navigable jusqu’à Edéa, peut être exploité pour le transport des personnes et des biens. La Commune pourrait ainsi mettre à la disposition des voyageurs des embarcations fiables. « Avec un moteur puissant, Edéa est à quarante-cinq minutes maximum de Mouanko par le fleuve alors qu’il faut des heures pour s’y rendre par la route», a confié un autochtone. Et un pêcheur de  renchérir : « si la Commune met à notre disposition de telles embarcations, il nous sera plus facile d’écouler nos produits et de nous rendre régulièrement à YOYO ou à MBIAKO au bord de l’Océan Atlantique ».

La quatrième potentialité liée au fleuve et à la mer est justement la pêche. Celle-ci, pratiquée par les autochtones et les allogènes ne rapporte presque rien à la Commune, si ce n’est la taxe d’occupation de la place du marché. Elle fait en réalité le bonheur des pêcheurs et singulièrement des pêcheurs allogènes qui rapatrient dans leurs pays respectifs d’énormes sommes d’argent sans l’investir sur place. Ils vivent dans des campements de fortune sans permis de bâtir et sans aucune taxe d’occupation du terrain à payer. «Pourtant, la Commune peut instituer par délibération du Conseil municipal le prélèvement d’une taxe susceptible d’alimenter les caisses de la collectivité locale pour lui permettre de résoudre un certain nombre de problèmes», a déclaré un élu.

D’autres pistes peuvent être explorées dans le domaine de l’agriculture ou de l’élevage. Celles sus évoquées démontrent qu’à l’heure de la décentralisation, le Maire et les Conseillers municipaux gagneraient à aller trouver des sources de revenus auprès des populations car l’enclavement de leur localité ne plaide pas beaucoup en faveur d’un développement rapide de cette unité administrative. « Nous pouvons assurer notre propre développement et le plus rapidement possible si nous nous donnons la main, si nous cessons de nous dresser les uns contre les autres et si notre commune élargit son assiette fiscale » a dit une élite.

En faisant preuve d’imagination et de créativité, ces élus locaux avec l’appui de l’administration pourront trouver l’argent nécessaire au bien-être des populations là où il se trouve sans nécessairement enfreindre les lois et règlements du pays.

Georges Ndenga, Ai Douala



 

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