Ai-Cameroun – En séjour au Cameroun depuis le 10 Février 2012, une délégation d’une vingtaine de membres des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) de l’Union Européenne a eu une séance de travail avec le Proviseur du Lycée de Makèpè, Odile Michèle Mbous Mbenoun, le matin du 14 Février.
Commencée dans le bureau du Proviseur, la rencontre s’est poursuivie dans la salle de la bibliothèque pour plus de commodité au regard du nombre élevé des participants. Aux collaborateurs du Proviseur et à la délégation de l’OMD s’étaient joints des étudiants de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) en séjour d’études dans la ville de Douala, la capitale économique.
Ainsi commence la vie au Lycée de Makèpè
Les visiteurs ont pu ainsi assister à la traditionnelle réunion de coordination de l’établissement qui se tient tous les lundis matin et qui permet au Proviseur et à son staff d’établir la feuille de route de toute la semaine de travail.
En ouvrant la rencontre, Mme Mbous Mbenoun a souhaité la bienvenue à ses visiteurs avant de dérouler l’ordre du jour de la réunion. Après quelques suggestions, cet ordre du jour est adopté et la parole est revenue aux différents responsables de l’établissement pour la lecture des rapports des différentes réunions et des activités des journées du bilinguisme et de la Fête Nationale de la Jeunesse. Chaque rapport a été suivi de débat ou d’amendements, le Proviseur tranchant en dernier ressort après avoir suivi les uns et les autres. L’on retiendra ainsi de ces rapports que les activités de la Fête Nationale de la Jeunesse se sont bien déroulées au Lycée de Makèpè avec un bilan élogieux pour la zone de Douala 5ème mais, le Proviseur a prescrit à tous un travail d’équipe pour le futur afin d’engranger d’autres lauriers d’une part et d’autre part à causes des évaluations prochaines des élèves qui débuteront le lundi 20 Février pour prendre fin le Jeudi 23 Février.
Une gestion que souhaite soutenir des chefs d’établissements de France, d’Italie, de Bulgarie …
Cette gestion participative a plu au chef de la délégation de l’OMD, le professeur Esoh Elame, le promoteur du projet. Ce dernier a aussitôt précisé que la délégation était composée d’une vingtaine de chefs d’établissements originaires de France, d’Italie, de Bulgarie, du Portugal et du Burkina Faso, venus connaître la gestion des établissements d’enseignement du Cameroun afin de parvenir à un Agenda 21 scolaire qui permettra une gestion durable de ces établissements. « Il s’agit de proposer aux établissements un outil tenant compte de tous les aspects de la gestion… Une école doit avoir en son sein une structure de médiation. Nous allons accompagner votre établissement à mettre en place un Agenda 21 scolaire. Je vous invite à accompagner votre proviseur qui a une qualité. Quand elle ne sait pas, elle vous dit qu’elle ne sait pas. Votre établissement va bénéficier de certains micros projets dont la construction d’un forage. Au Cameroun, on est champion de la critique et on apprécie difficilement ce qui marche bien. C’est bien de critiquer mais essayons de prendre conscience de ce qui va bien ou du moins, relever la tentative de bien faire marcher les choses » a dit en substance le Professeur Esoh Elame à ses hôtes.
Le Lycée de Makèpè en quelques raccourcis
Situé dans une zone résidentielle au cœur de l’Arrondissement de Douala 5ème, le Lycée de Makèpè a ouvert ses portes sous la forme d’un Collège d’Enseignement Secondaire (CES) en 1994. Ce n’est qu’en 2000 qu’une décision du Ministre des Enseignements Secondaires le transforme en Lycée d’Enseignement général avec des classes de la 6ème en Terminale.
Le Lycée de Makèpè qui est aujourd’hui dirigé par Madame Michèle Odile Mbous Mbenoun qui est assistée par 12 Censeurs et 06 surveillants généraux. Il compte 32 salles de classe pour près de 2600 élèves encadrés par 64 enseignants.
En classe de 6ème, les effectifs sont de 60 élèves tandis que certaines classes du second cycle ont des effectifs pléthoriques dus au fait que dans la zone se trouvent d’autres établissements d’enseignement secondaire dont le taux de scolarité est parfois au dessus des ressources financières de beaucoup de familles qui préfèrent envoyer leur progéniture au Lycée, qui est un établissement public où l’on ne paie que les frais exigibles qui atteignent difficilement 20.000 FCFA par an.
Les problèmes du Lycée de Makèpè
Du fait d’une urbanisation sauvage de la plupart des zones d’habitation et de la cupidité de certains responsables de la Mission d’Aménagement et d’Etudes des Terrains Urbains (MAETUR), le terrain initialement prévu pour héberger le Lycée de Makèpè est aujourd’hui réduit à presque la moitié de sa superficie initiale. Ce qui fait que le terrain de jeux sert également de parking pour les véhicules des enseignants. La seule possibilité pour agrandir l’établissement et satisfaire la demande reste la construction des immeubles à étages.
A ce problème d’espace se greffe celui de manque d’eau. Les élèves sont obligés d’aller puiser l’eau au niveau d’un forage situé non loin de là et l’occasion faisant le larron, certains en profitent pour s’éclipser, posant un autre problème, celui de l’indiscipline. Fort heureusement ce problème va bientôt être résolu grâce à un forage qui sera construit par la Communauté Urbaine de Douala dans le cadre d’un micro projet de l’OMD.
L’on ne saurait exclure celui des coupures intempestives d’électricité par la société distributrice de l’énergie électrique. A côté de cet autre problème, se pose celui de l’insécurité. Certains élèves se font souvent agresser une fois sortis de l’établissement par des jeunes voyous du quartier qui leur arrachent au passage les fournitures scolaires, l’argent et diverses autres babioles.
Le Lycée dispose de deux salles d’informatique pas entièrement équipées où certaines machines sont défectueuses. Autre problème important, il manque également de professeur d’informatique. Ce manque de personnel est également notable au niveau de l’infirmerie qui n’a pas de personnel et ce sont les censeurs et surveillants qui sont obligés de jouer aux infirmiers en cas de maladie d’un élève, appelant parfois le parent à venir récupérer son enfant ou conduisant celui-ci dans un hôpital à ses frais.
Mais en dépit de tous ces problèmes, le Lycée fonctionne bien, les cours sont régulièrement dispensés aux élèves et ceux d’entre eux indisciplinés n’ont qu’à bien se tenir car les surveillants et les censeurs n’hésitent pas à punir ou à convoquer les parents de ceux qui ne respectent pas le règlement intérieur.
Georges Ndenga, Ai Douala
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