Ai-Cameroun- C’est la salle des fêtes d’Akwa qui a servi de cadre à la cérémonie solennelle de présentation publique du plan directeur d’urbanisation (PDU) de la capitale économique, présidée par le Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain Jean Claude Mbwentchou.
Grande mobilisation autour de cette présentation
Ce dernier avait à ses côtés Madame le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Habitat et du Développement Urbain chargé de l’Habitat, le représentant de l’Ambassadeur de France au Cameroun, le gouverneur de la région du littoral et avait été accueilli par le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala qui avait convié le tout Douala administratif, politique, municipal, religieux et traditionnel à cette rencontre.
Un plan qui rentre dans le cadre des grandes réalisations
Pour Fritz Ntonè Ntonè, ce plan directeur d’urbanisation est « un levier majeur du plan de développement du Président Paul Biya pour la ville de Douala ». Selon le premier citoyen de la ville de Douala, ce plan rentre dans le cadre des grandes réalisations devant conduire le Cameroun vers l’émergence programmée en 2035 et les populations de la métropole économique devraient se l’approprier.
Pour le représentant de l’Ambassadeur de France au Cameroun, ce plan directeur d’urbanisation est le fruit d’une coopération sans nuages entre le Cameroun et la France d’une part et d’autre part entre la Communauté Urbaine de Douala et la représentation diplomatique Française à travers le contrat de désendettement et de développement C2D dont la première phase venait de s’achever alors que la seconde est en cours de négociation. Cette coopération débutée en 1996 a déjà produit plusieurs résultats dont la réhabilitation ou l’aménagement de plusieurs voies urbaines et surtout l’élaboration du présent plan directeur d’urbanisation. Dans la foulée, il a annoncé la mise à la disposition de la Communauté Urbaine de Douala de divers prêts estimés à plus de 200 milliards de FCFA dont l’un servira à la construction du second pont sur le Wouri.
Pour Jean Yango, le Directeur des études, de la planification urbaine et du développement durable à la Communauté Urbaine de Douala (CUD) a fait savoir qu’il a fallu plus de plus que prévu pour réaliser ce plan directeur, soit 15 mois en tout. Celui-ci a permis à la CUD d’acquérir une expertise « qu’elle commence déjà à exporter ». L’orateur a saisi l’occasion pour rendre hommage à l’ancien délégué du Gouvernement auprès de la CUD, Pokossy Doumbè, précurseur de la création de la division des études et de la planification.
Le plan directeur en quelques lignes
A l’horizon 2025, Douala comptera entre 3 et 4 millions d’habitants qu’il faudra loger dans moins de 30.000 hectares. A ce jour 11.700 hectares sont urbanisables sur les 16.200 encore disponibles. La ville va s’étendre vers Dibombari et le département du Moungo, vers Edéa et la Sanaga-Maritime et vers Bonépoupa dans le département du Nkam.
La métropole économique à cause du développement des ports de Kribi et de Limbé va connaître un ralentissement de sa croissance mais inversement, une augmentation de son trafic vers Edéa et Yaoundé, la capitale politique.
Quatre zones d’intervention ont donc été retenues pour ce plan directeur : de nouvelles zones logistiques et industrielles autour du projet SAWA BEACH en contrebas de l’aéroport international de Douala sur 370 hectares, la zone économique centrale entre l’aéroport international et le quartier des affaires Bonanjo sur 1600 hectares, la zone d’habitat densifiée sur 12.500 hectares dans et autour de la vieille ville et enfin des zones d’extension sur 9.000 hectares.
Entre les différentes zones, l’on a pensé à un maillage devant permettre le déplacement des populations et une certaine équité dans ces déplacements, le désengorgement du centre ville et le rapprochement des services des habitants.
L’autre objectif de ce plan directeur sera la facilitation des liaisons entre la métropole économique et le reste du pays.
Diverses infrastructures seront construites dans la ville dont un quatrième hôpital central, un troisième pont du côté du Wouri et l’élargissement du pout sur la Dibamba en direction d’Edéa…
1400 milliards de FCFA nécessaires
Pour la période allant jusqu’en 2025, près de 1400 milliards de FCFA seront nécessaires à raison de 100 milliards par an. Cet argent peut être trouvé grâce à divers partenariats et déjà près de 200 milliards sont disponibles du fait de la coopération CUD-C2D à travers l’Agence Française de Développement et divers autres partenaires Européens sont prêts à voler au secours de la capitale économique.
A ces divers partenariats, il ne faut pas oublier l’intervention de l’Etat qui veut faire de Douala une ville émergente, si l’on s’en tient au discours du Chef de l’Etat du 06 Octobre 2011, lors de sa campagne présidentielle à l’élection du 09 Octobre 2011 et dans lequel il exprimait sa volonté de faire de Douala une ville où il fait bon vivre.
Revenant sur cette déclaration du Chef de l’Etat, le Ministre Jean Claude Mbwentchou a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire de la métropole économique « une ville plus dynamique et plus belle grâce aux efforts du gouvernements et des municipalités. Le plan directeur d’urbanisation est un signe d’une reprise en mains d’un processus de développement urbain visant à lutter contre le développement anarchique des bidonvilles ».
Pour y parvenir le Ministre a appelé tous les élus locaux à s’approprier ce plan directeur et à le mettre en œuvre pour le bonheur des populations. L’appel du ministre va également à l’endroit de tous ceux qui sont susceptibles d’apporter leur soutien à la Communauté Urbaine de Douala pour que la réalisation de ce plan directeur soit un succès.
Jean Yango avait auparavant annoncé que diverses rencontres avec toutes les parties prenantes sont déjà envisagées. Il ne reste plus qu’à souhaiter que ledit plan contribue effectivement au bien-être des populations de la cité économique et non aux intérêts égoïstes de quelques Camerounais.
Georges Ndenga, Ai Douala
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