Congo-Brazzaville : Référendum, le Redhac s'oppose

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par Redhac
Me Alice Nkom, Présidente du Conseil d’administration du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) ǀ © midilibre.fr

Déclaration à propos de la tenue du référendum du 23 octobre 2015 relatif à la révision de la constitution en République du Congo Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) et ses membres au Congo Brazzaville à savoir :

- Roch Euloge N’zobo : Secrétaire du Conseil D’Administration du REDHAC ;

- Sylvie Mfoutou : Point focal REDHAC;

- Moke Loamba : Point focal REDHAC,

prennent acte de l’organisation de ce référendum par le Président Denis Sassou Nguesso, ceci conformément à l’article 10 alinéa 2 de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance (CADEG) qui stipule : « Les Etats parties doivent s’assurer que le processus d’amendement ou de révision de leur constitution repose sur un consensus national comportant, le cas échéant, le recours au référendum ».

En revanche,

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) et ses

membres au Congo Brazzaville sont inquiets du référendum qui est organisé en prélude des élections présidentielles de Juillet 2016 car :

- Le Président Denis Sassou Nguesso qui a 72 ans est déjà à la fin de son dernier mandat constitutionnel allant de 2009 à 2016. Conformément à la Constitution du 20 Janvier

2002, il ne devrait plus briguer un autre mandat ;

- Les expériences de tentative et/ou de modification des Constitutions ont fait de

nombreuses victimes lors des manifestations pacifiques organisées par la Société

Civile, les Partis Politiques d’opposition et réprimées à balles réelles par les forces de

maintien de l’ordre en 2008 au Cameroun et en Janvier 2015 en République

Démocratique du Congo ;

- L’organisation de ce référendum à quelques mois des élections présidentielles de

juillet 2016 est perçue aux yeux des populations congolaises comme étant une volonté

du Président Denis Sassou Nguesso de s’éterniser au pouvoir.

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) et ses

membres au Congo Brazzaville :

- rappellent au Président Denis Sassou Nguesso que lors du Sommet des Chefs d’Etat,

Afrique-Etats -Unis, tenu du 05 au 06 Août 2014 à Washington, tous les Chefs d’Etat

Africains présents à ce sommet avaient pris l’engagement de ne pas réviser leur

constitution aux fins de s’éterniser au pouvoir ;

- attirent l’attention du Président Denis Sassou Nguesso sur des graves troubles que

cette révision pourrait provoquer en République du Congo ;

- s’étonnent du mutisme de l’Union Africaine et de la CEMAC (Communauté

Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale) face à la situation préélectorale qui

prévaut en République du Congo d’autant plus que le samedi 10 Octobre 2015, les

partisans du Président Denis Sassou Nguesso ont organisé une marche pour soutenir

« la tenue de ce référendum ».

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) et ses

membres au Congo Brazzaville :

Demandent au Président Denis Sassou Nguesso de renoncer à:

a) l’organisation de ce référendum ;

b) sa candidature aux élections présidentielles de Juillet 2016 ;

c) plonger le peuple congolais dans un climat d’insécurité démocratique.

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) et ses

membres au Congo Brazzaville :

- recommandent à l’Union Africaine, à la CEMAC (Communauté Economique et

Monétaire de l’Afrique Centrale) d’utiliser tous les moyens à leur possession afin

d’exiger du Président Denis Sassou Nguesso le retrait de sa candidature aux élections

présidentielles de Juillet 2016 ;

- recommandent à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

(CNDHP) de travailler avec la Société Civile pour documenter et veiller à ce que toute

violation des Droits Humains commise dans le contexte pré et post électoral au Congo

Brazzaville en particulier et en Afrique Centrale en général soient traduits devant les

juridictions nationales et régionales pour une lutte efficace contre l’impunité.

 Fait à Douala, le 13 Octobre 2015

 Me Alice Nom , Roch Euloge N’zobo Moke Loamba,  Sylvie Mfoutou,  Maximilienne Ngo MBE

 PCA (Cameroun) Secrétaire (CA) REDHAC Point focal REDHAC Point focal REDHAC Directrice Exécutive

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