Cameroun : plus de 200.000 personnes malnutries

Exemple de bannière pour articles
par Dewa Aboubakar, Africa Info
Les exactions de Boko Haram sont venues compliquer la situation ǀ © Photo liberation.fr (archives)

42 500 femmes enceintes ou allaitantes touchées par le phénomène.

L’insécurité alimentaire fait rage dans la région de l’Extrême-Nord. Cette partie du territoire nationale continue de payer le lourd tribu de la guerre que le Cameroun mène depuis quelques années contre la secte terroriste Boko Haram.

Une situation qui est loin d’être un fait du hasard si l’on s’en tient au nombre des victimes collatérales qui se comptent de plus en plus en nombre. Par centaine, les déplacés internes et autres réfugiés gorgent le camp des réfugiés de Minawaou et les villes camerounaises voisines de la zone crisogène du Nigeria voisin où sont basés les copains d’Aboubakar Shekau.

Ainsi, au rythme des attaques et toutes sortes de menaces liés à cette salle guerre asymétrique, le gap alimentaire se mesure désormais à la lisière des disponibilités frugales de céréales. Et, les changements climatiques qui influencent les rythmes de saison n’arrangent pas les choses.

 Ici, les cycles répétés de sécheresses rendent difficile les activités agricoles. Il y pleut de moins en moins. Les récoltes sont loin de combler les attentes des agriculteurs pour la plus part démunies.

En outre, les multiples inondations annuelles participent à augmenter la tendance à l’insécurité alimentaire dans la région de l’Extrême-Nord. Les eaux en furie ont presque tout ravagés sur leurs passages à telle point où nombre de plantations ont disparus. Comme si celà ne suffisait pas, les exactions de Boko Haram sont venues compliquer la situation.

Au cours de leurs attaques, ils pillent plusieurs plantations quand ils ne les vident pas.   Conséquence, 1.4 million de personnes sont en insécurité alimentaire. Plus de 200.000sont malnutries, dont plus de 42.500 femmes enceintes ou celles allaitantes.

 Ces chiffres ont été rendu public par le Haut-commissariat des nations unies pour les refugies, UNHCR et l’entité  des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes l’ONG ONU femmes. C’était à Maroua au cours d’un atelier de formation des acteurs  humanitaire de la région de l’Extrême-Nord. 

En effet, depuis 2014, les attaques de Boko Haram et l’afflux massif des refugies Nigérians dans les villes frontalières de la région de l’Extrême-Nord a contribué à la détérioration de la situation humanitaire dans cette région menant près de  63.200 réfugiés nigérians et 92.700 personnes déplacées internes dont une majorité de femmes et des filles.

 Les enlèvements effectués par Boko Haram dans les zones frontalières également concernent en majorité les femmes et les filles, créant un traumatisme énorme au sein des familles et des communautés.  La majorité des refugies, notamment 47.332 se retrouvent dans le camp de Minawao qui a largement dépassé sa capacité de 20.000 personnes.

Depuis 2013, le Cameroun fait face à une crise humanitaire de plus en plus complexe et difficile. A l’Est, un afflux de refugies provenant de la République centrafricaine, et dans la région de l’Extrême-Nord,des déplacements des populations à travers et à l’intérieur de la région due aux attaques de Boko Haram au Nigeria et au Cameroun.

En période de crise humanitaire, les femmes et les filles sont les plus vulnérables. Elles subissent plusieurs sortes de violences et autres discriminations. De même que les violences sexuelles se multiplient avec plus de véhémence au point d’affecter aussi bien leur intégrité physique que morale.

Au fil des jours, elles vivent  de la survivance et de la solidarité de la communauté internationale. Pour renverser la tendance, des activités humanitaires sont menés depuis peu par plusieurs acteurs. Plus de 35 partenaires interviennent pour les assister. Mais, pour combien de temps encore…

Dewa Aboubakar, Africa Info