Tchad : « Nos hôpitaux sont très sales et mal gérés. »

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par Zen El-Abideen Hassan
« Quand on visite nos hôpitaux en tant que patient ou aide patient ou visiteur tout court, on est salué par une saleté indescriptible, une odeur écœurante et nauséabonde, un désordre généralisé, des lits moyenâgeux et sans couverture, des eaux colorées du sang ou du méchamment versées partout par partout par terre, etc » ǀ© Photo tchadonline.com (archives)

Il va sans dire que le soin d’une maladie n’est pas limité à la seule pathologie physique.

Mais il comprend également d’autres facteurs méta-pathologiques, comme la condition d’hospitalisation ou même l’état d’esprit du patient qui est aussi conditionné par ce qui se passent à côté de lui ou ce que les psychologues appellent « conditionnement opérant » cher à Ivan Pavlov, utilisé dans le procédure d’apprentissage surtout  à l’intention des enfants qui ont des besoins spéciaux mais qui est aussi valable pour le traitement des malades en général.  Ceci dit la condition méta-pathologique dans laquelle le patient est gardé est très déterminant dans l’efficacité du le soin prodigué.

Mais malheureusement quand on visite nos hôpitaux en tant que patient ou aide patient ou visiteur tout court, on est salué par une saleté indescriptible, une odeur écœurante et nauséabonde, un désordre généralisé, des lits moyenâgeux et sans couverture, des eaux colorées du sang ou du méchamment versées partout par partout par terre, etc.

Oh mon Dieu, mon Dieu, c’est une fétidité généralisée !! On se pose même la question si on est bien dans une structure sanitaire ou pénitentiaire. Ce lui qui rend visite aux malades pourrait finir par être malade lui-même.

 Il faut ajouter à cela l’attitude de la plupart des infirmiers et « sages » femmes dont le comportement est indigne et digne des combattants de l’époque des onze tendances : très sales eux-mêmes, très mal habillés, très indifférents des conditions des patients, très impolis, très sadiques, etc. Certains d’entre eux  confondent même l’hôpital à leurs différents lieux de passetemps en veille.

On se pose même la question si ceux-là ont suivi une formation pour ce métier, le métier de contribuer au confort des patients qui ont besoin de tout genre de confort.  Le problème est encore pire dans les régions et les structures sanitaires assez reculées où nos malades soumis à des conditions inhumains.

Certains problèmes sont certes liés au manque de financements mais il y a des choses qui n’ont rien à faire avec l’argent mais qui sont plutôt liées au problème de gestion de ressources disponibles et déjà engagées ou au problème d’attitude du personnel envers sa profession.

Aussi est-il vrai que les agents sont tous mal payés, par rapport à leurs collègues dans d’autre pays, mais cela n’est pas une raison pour eux de ne pas respecter leurs engagements envers les patients. Ils sont liés aux patients par un engament et surtout le serment dit d’Hippocrate.

Si le gouvernement est véridique dans ce qu’il annonce comme dépenses dans le secteur de santé, la réalité sur le terrain, par contre, ne correspond aucunement pas à cette affirmation. Il y a donc un problème dans la gestion de nos hôpitaux. La gestion de nos hôpitaux est catastrophique et lamentable, il faut le dire.

On peut se passer de tout autre chose sauf la santé. Notre système sanitaire qui est déjà fragile en termes de ressources financières et humaines ne peut pas supporter ce genre de vols de grande échelle.

A mon humble avis, pour vraiment pallier à ce phénomène ou même l’éliminer carrément, le gouvernement doit commencer par faire un audit général de la gestion de nos hôpitaux, au moins, la période couvrant les dix dernières années en vue de situer la responsabilité de tout un chacun pour que les coupables subissent les conséquences de leurs forfaits.

 Ceci est d’autant plus impératif que l’on voit très peu sur le terrain mais curieusement on constate que beaucoup de gestionnaires de nos hôpitaux publiques, surtout certains Médecins dit Chef de District (MCD) et directeurs des hôpitaux sont devenus des vrais hommes d’affaires, avec des avoirs (des villas, des voitures, etc) que leurs salaires de deux cent ans ne pourront jamais leurs apporter-comme nos fameux DAFs.

Il y a donc ceux qui s’enrichissent aveuglement sur le dos de nos malades et au détriment de notre santé en détourant des fonds destinés à des projets salutaires phares et salvatrice comme celui de la poliomyélite ou même pour la gestion tout court de nos hôpitaux. Si cite le projet poliomyélite par ce que j’en sais beaucoup sur les détournements perpétrés par des gestionnaires des hôpitaux.

Si le Présent Deby est sérieux dans sa lutte contre la corruption en 2016, il doit surtout commencer par le secteur de la santé publique. La toute première mission de la toute nouvelle Inspection générale devrait être l’audit du secteur santé publique.

Bonne et heureuse année 2016 à toutes et à tous

Zen El-Abideen Hassan, Le citoyen