Cameroun : Droits de l’homme, la situation des prisons préoccupe

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par Bravo Tchundju, quotidien (Le Jour, Cameroun)
Malgré les efforts fournis par la société civile, les organisations non gouvernementales et quelques fois le gouvernement pour améliorer les conditions de détentions dans ces lieux pénitentiaires, beaucoup reste encore à faire. ǀ © Photo camernews.com (archives)

Dans le but de trouver des voies et moyens pour remédier aux problèmes des milieux carcéraux, une rencontre aura lieu du 27 au 29 janvier à Yaoundé.

Etre prisonnier n’a jamais été chose aisée. Ceci davantage, lorsqu’on est détenu dans une prison camerounaise.

Malgré les efforts fournis par la société civile, les organisations non gouvernementales et quelques fois le gouvernement pour améliorer les conditions de détentions dans ces lieux pénitentiaires, beaucoup reste encore à faire.

Il s’agit principalement du problème de surpopulation carcérale qui demeure, des conditions d’hygiène et de propreté approximatives.

D’après la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl), l’exiguïté et l’insalubrité des locaux constituent également un obstacle majeur à la protection des droits des personnes détenues.

Pour remédier à cet état des choses, le Cndhl, en collaboration avec le Centre d’orientation éducatif du Cameroun (Coecam) et l’Union européenne a mis en place un projet nommé « Prisons projet », qui présente l’état des lieux des prisons de Yaoundé, de Douala, de Bafoussam, de Garoua et de Mbalmayo.

Dans le but de mettre à jour les problèmes que rencontrent ces lieux de détention, les trois institutions organisent une rencontre du 27 au 29 janvier prochain à Yaoundé. Cette rencontre va réunir près de 100 participants venus des 10 régions du pays et issus de la société civile, de la justice, des forces de maintien de l’ordre, de l’administration pénitentiaire pour ne citer pour ne citer que ceux-ci.

L’objectif ici va être d’attirer l’attention des pouvoir publics et du public sur la situation des prisons.

« Les droits des détenus au Cameroun ne sont pas toujours respectés. A peine traversent ils les portes de la prison que la population les considère aussitôt comme des sous hommes. Le rôle de la prison ne doit pas seulement être de sanctionner mais ausside réhabiliter le détenu », explique Francis Kammogne, le chef du projet.

Tribunal de première instance de Yaoundé

En effet, la prison centrale de Yaoundé compte 4020 détenus. Parmi eux, 60% attendent leur jugement. A la prison de Mbalmayo, l’on en compte 320. A la prison de Bafoussam, ils sont 1400 et 1200 dans la prison de Garoua.

Parmi tout ceux-ci, l’on apprend que plus de la moitié sont en attente de jugement.

 « A travers le projet d’humanisation des conditions de détention et de protection des droits des détenus dans les prisons de Yaoundé, Douala, Bafoussam, Garoua et Mbalmayo, nous allons réfléchir sur plusieurs points parmi lesquels les alternatifs à la prison.  C’est inhumain qu’un enfant qui a volé un téléphone portable puisse se retrouver dans la même prison qu’un bandit de grand chemin », déclare le chef du projet.

Le 23 décembre 2015, 54 détenus de la prison de Kondengui ont recouvré la liberté après avoir été maintenus en cellule au­-delà de la peine qui leur avait été infligée.

Parmi eux, des personnes qui avaient été placées en détention provisoire puis reconnues non coupable lors du jugement ont passé jusqu’à quatre ans en prison.

Mais cette action de décongestion qui devrait s’étendre à toutes les juridictions du Cameroun n’a été entreprise jusqu’ici que par le parquet du Tribunal de première instance (Tpi) de Yaoundé, ­Centre administratif.

©  Bravo Tchundju, quotidien (Le Jour, Cameroun)