Congo-Brazzaville : Violences, arrestations, intimidations et privations des Droits et Libertés

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par Jean Luc MALEKAT
Les Assises Nationales du Congo condamnent avec fermeté l’attaque perpétuée par les milices acquises au pouvoir, du convoi du Général Jean Marie Michel MOKOKO lors de son arrivée à l’aéroport de Brazzaville. ǀ © Photo congopage.com

La décision préméditée d’une éventuelle victoire du pouvoir dès le premier tour des élections présidentielles résiste à la colère populaire.

 Cette décision ignoble renforce la stratégie d’occupation politique du vote national dans tout le territoire par les leaders de l’opposition.

 Ceux-ci n’entendent point que l’on usurpe et falsifie le vote patriotique du peuple. Cela est d’autant plus justifié que la tendance actuelle consiste à bricoler un semblant de commission électorale dite indépendante.

S’ajoute à cette confusion qui mine le pays, la panique frénétique du pouvoir qui pratique sans discernement, l’épreuve de force discriminatoire, arbitraire et aveugle contre des humbles et paisibles citoyens.

Les Assises Nationales du Congo condamnent avec fermeté l’attaque perpétuée par les milices acquises au pouvoir, du convoi du Général Jean Marie Michel MOKOKO lors de son arrivée à l’aéroport de Brazzaville.

Les Assises Nationales du Congo réaffirment leur soutien à toutes les forces démocratiques qui se battent avec courage pour la libération du Congo.

Nous appelons également à la libération immédiate et sans conditions de Mr Paulin MAKAYA, de Mr Modeste BOUKADIA, du colonel Marcel NTSOUROU et de tous les autres prisonniers politiques.

Depuis l’échec populaire du référendum du 25 octobre 2015 boycotté par le peuple congolais dans sa grande majorité, celui-ci rejette le régime dictatorial actuel caractérisé par des logiques de conservation de pouvoir, de prédation et d’intimidation.

Il est indéniable que le clan au pouvoir redoute le verdict populaire qui viendrait attester sa fin de règne.

L’occasion est donc belle pour l’alliance élargie, transpartisane du peuple de conduire le Congo-Brazzaville à la victoire et à la libération du peuple congolais qui aspire tous les jours à un avenir meilleur.

La dynamique politique induite par les Assises Nationales du Congo, par le FROCAD, l’IDC et les autres plateformes démocratiques de la République ainsi que la permanence des luttes de notre peuple pour le départ du général Sassou Nguesso du pouvoir et la fin politique de son régime ont fini par construire les conditions pratiques d’une nouvelle légitimité nationale et populaire.

C’est pourquoi, la stratégie du pouvoir consiste à imposer le plébiscite par la terreur et la confusion du climat général d’ici le 20 mars 2016 et au-delà, et continuer à distraire

par la chimère de la « Nouvelle République  », une échappatoire pour brouiller son bilan politique désastreux de 1997 à nos jours.

Le pouvoir utilise la provocation scandaleuse contre les droits légitimes du peuple et de l’opposition politique pour s’attendre à une réaction disproportionnée, instinctive et incontrôlée qui lui permettrait de décréter l’état de siège et d’urgence, d’invalider le processus électoral, d’imposer ses options, de cantonner en résidence surveillée ses prétendus adversaires et même de leurrer l’opinion internationale en créant un événement trompe l’oeil de normalisation démocratique et politique.

La seule parade à cette brutalité anti démocratique qui désire perpétuer la barbarie, l’oppression et la dictature au Congo en dépouillant la République de sa légitime base nationale et populaire, c’est de maintenir à tout prix, à l’étape historique actuelle, l’alliance élargie des organisations du peuple contre la dictature et le régime de clan, et créer la surprise de la représentation en amenant au pouvoir une puissance collective, nationale, patriotique, transpartisane et pacifique qui mette en pratique la problématique de l’unité territoriale, de redressement du pays et de la modernisation politique, sociale et économique.

Le gouvernement congolais porte la lourde responsabilité historique des actes de souillures, de profanations, de barbarie et de deshumanisation qu’il impose à la population congolaise.

Les Assises Nationales du Congo réitèrent l’idée que les conditions politiques ne sont pas réunies pour une compétition électorale pertinente et que, seule une transition politique pacifique, apaisée et maitrisée peut redresser la situation nationale.

Quelle qu’en soit la forme historique de sortie de crise, les Assises Nationales du Congo soutiennent toutes les forces patriotiques pour un large rassemblement transpartisan.

Nous exigeons, dès maintenant et sans conditions le rétablissement total des droits et libertés fondamentaux menacés, floués et bafoués.

Nous demandons de toute urgence, la tenue d’une session extraordinaire du Conseil de Sécurité de l’ONU, afin de statuer sur la situation sécuritaire particulièrement préoccupante du Congo-Brazzaville.

Vive le peuple congolais,

Vive la république.

Paris le 13 février 16

Les Assises Nationales du Congo

Jean Luc MALEKAT,

Coordonnateur général