Sassou annonce sa candidature, Oko Ngakala envoie la troupe chez Mokoko

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par Simon Mavoula
Sassou vient donc de lever un secret de polichinelle. Il veut briguer un énième mandat malgré ses trente-deux ans passés au pouvoir ǀ © Photo zenga-mambu.com (archives)

Sassou est candidat à sa propre succession. L’infatigable chef d’état a mis fin au faux suspens ce vendredi 19 février 2016 devant un parterre de jeunes réunis au nord de Brazzaville dans le complexe sportif de Kintélé.

Pourquoi avoir choisi un lieu, un terrain de foot, loin de Brazzaville, devant des jeunes (désœuvrés) pour annoncer sa candidature ?

La démarche est d’un comique achevé. Aucun média sérieux n’a relayé l’information. Tout se passe comme si le site, en raison de son statut géographique périphérique, faisait de cette annonce un non-évènement.

Sassou attaque

Comme pour montrer que le sport national de Sassou est le coup d’état, au centre-ville de Brazzaville ça sent le roussi ce soir. Car dans le même temps, son rival, le général Jean-Marie Michel Mokoko est en train d’être marqué au corps par un petit juge. Au moment où nous mettons en ligne, le procureur Oko Ngakala aurait envoyé la troupe au domicile du général Mokoko.

Mouvement de menton

Sassou vient donc de lever un secret de polichinelle. Il veut briguer un énième mandat malgré ses trente-deux ans passés au pouvoir. Et comme on s’y attendait il vient de faire un mouvement de menton pour signifier qu’il n’a pas modifié sa Constitution pour se voir couper l’herbe sous les pieds...par un troisième larron.

Pour le peuple c’est lui

En effet, est arrivé Spartacus (Mokoko), ouvrier de la onzième heure, qui a promis de libérer le peuple de la condition d’esclave dans laquelle le Souverain pontife d’Oyo l’a assigné.

N’en déplaise à Daniel Nkouta, Jean-Marie Michel Mokoko n’a jamais dit qu’il était blanc comme neige. Mais il se trouve que le peuple (concept à élargir à toutes les ethnies, pas seulement les Akwa) il se trouve que le peuple dit que « pour lui, c’est Lui. »

Mokoko n’a pas fait parler des nguiris. Son CV a parlé pour lui. De divergents qu’ils étaient, les partis de l’Opposition se sont assemblés autour de sa personne.

Comme par enchantement, une magie s’est opérée après la scène mosaïque de la lapidation de Maya-Maya. Ensuite le machiavélisme policier de Sassou a fini par rendre notre Etienne sympathique. (Etienne le premier lapidé du christianisme).

 Puis le niveau de sympathie est allé augmentant au fur et à mesure que le prince d’Oyo multipliait son machiavélisme. L’adhésion a transcendé le tribalisme ancestral des Congolais. Grâce à Mokoko, ce phénomène hideux risque de disparaître de notre pays.

C’est ça la plus-value de Mokoko. On comprend que ça énerve Sassou qui a toujours fait de l’ethnie son fonds de commerce. Il a érigé son groupe ethnique en « tribu-classe. »

En faisant de Mokoko sa bête noire, Sassou s’est tiré une balle sur son tibia. Au bout du compte il l’a blanchi des crimes dont il l’a accusé à partir d’une vidéo montée de toutes pièces.

RFI a confirmé ce soir le mouvement de chars autour de la résidence de Mokoko.

Travaux pratiques

Y aura-t-il remake de la neutralisation du colonel Marcel Ntsourou ?

Le scénario a des chances de changer. Sassou, putschiste infatigable risque d’avoir trouvé son maître en la personne de JMM Mokoko qui pourrait transformer le contenu de la vidéo d’Arlette Soudan Nonault en travaux pratiques dans les jours à venir.

Simon Mavoula, congopage.com