Congo-Brazzaville : Denis Sassou Nguesso , une campagne armée et blindée

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par LION DE MAKANDA
Pendant qu'il empêche les autres candidats au scrutin du 20 mars de battre campagne, Denis Sassou Nguesso se fait escorter par ses mercenaires avec blindés et armes de guerre. ǀ © Photo LDM

Quand le régime au pouvoir empêche les autres candidats à une élection présidentielle de battre campagne en se déplaçant librement sur toute l'étendue du territoire, nous sommes déjà en situation de fraude juridique, de tricherie, de magouille électorale, de gangstérisme d'Etat.

Comment peut-on être sûr de gagner une course électorale - tout en empêchant les autres sur la ligne de prendre part au départ ? C'est ignoble et humiliant à la fois, ignoble parce qu'un homme qui agit de la sorte n'a aucun respect pour les institutions de son pays et humiliant parce qu'un tel dictateur qui organise une telle mascarade manque totalement de considération à l'égard des autres candidats. 

Denis Sassou Nguesso est en campagne électorale. Une campagne armée et blindée. Nous avons reçu une photo d'un ami du pays qui confirme que pendant qu'il empêche les autres candidats au scrutin du 20 mars de battre campagne, Denis Sassou Nguesso se fait escorter par ses mercenaires avec blindés et armes de guerre.

 Le 4 mars 2016, pendant que les autres candidats se recueillaient à Brazzaville pour rendre hommage aux morts et amputés du petit Hiroshima du 4 mars 2012, Denis Sassou Sassou Nguesso promettait monts et merveilles aux habitants de Pointe-Noire s'il était élu : le barrage de Sounda, le travail des jeunes, bref une autre fumisterie programmatique appelée : " La marche vers le développement "... de la misère, certainement.

Nous sommes au courant qu'il avait dit que tant qu'il sera gangster en chef au sommet de l'Etat, le barrage de Sounda ne sera jamais construit. Près de vingt ans plus tard, la promesse a été bien tenue. Au lieu de faire des microbarrages, le barrage de Sounda aurait suffi à alimenter tout le Congo et au-delà.

Sassou promet de mette l'accent sur l'agriculture, le social et l'emploi des jeunes. Il a eu vingt ans pour nourrir un peu moins de 4 millions de personnes mais résultat des courses vingt ans plus tard, les Congolais - surtout les habitants de la région la plus riche du Congo meurent de faim. Nous l'avons dit : les promesses du monstre d'Edou n'engagent que ceux qui les gobent.

Nous vivons depuis 1997 sous une dictature militaire. Oublier une seconde la nature de ce régime nous conduit droit à l'erreur. Il est absolument impossible de déboulonner une dictature militaire par les urnes. Il faut créer une situation insurrectionnelle avec une rébellion à l'appui et combattre par les armes - ce qui est né par les armes.

En politique, il faut combattre la démocratie par la démocratie, le feu par le feu, les armes par les armes, la violence par la violence. Pour arrêter Hilter, le monde a dû lui faire la guerre. Des mots contre la kalachnikov ? Le combat ne vous paraît-il pas inégal ? Non pas que je prône la violence mais il n'y a pas d'autres solutions.

Denis Sassou Nguesso, le petit-frère du diable, a annoncé qu'il emporterait le scrutin du 20 mars 2016 au premier tour - en dépit de la qualité des candidats en face de lui. Qu'est-ce qui le rend si sûr de lui ? La force militaire.

 Il se déclarera vainqueur. Un point, c'est tout. Les autres n'auront pas les moyens de lui rendre gorge. Certes, entre le boycott et le combattre par les urnes trouées et truquées, il fallait choisir la moins mauvaise des deux options mais face à une dictature armée qui a le droit de proclamation, on se demande comment les Bouka, Mvouo, Mboulou et compagnies feront pour refuser de déclarer la Bête d'Edou vainqueur de l'élection du 20 mars 2016 au premier tour.

Le système montre déjà les crocs ou si l'on veut ses armes, ses chars et ses hélicoptères. Si la fraude est assurée, on peut dire que la contestation aussi. C'est le choc entre la fraude et la contestation qui reste l'inconnue de l'équation.

Voici ce que j'ai reçu comme mail d'un ami envisageant la situation avec froideur :

" Bonjour LDM.

Je sais que tu es très occupé. Voici ce que je prévois comme scénario dans la suite des élections. Peu importe que l'on ait asphyxié El Sas en laminant les voix avec les candidatures multiples des opposants, le système géré par Bouka, Mvouo et autres déclarera Sassou élu au premier tour avec comme second Kignoumbi (Kia Mboungou) et notre participation aura contribué à cautionner ce résultat.

Si l'armée ne règle pas ce problème par la force, il faudra tout paralyser par la désobéissance civique. Or cette désobéissance ne marche pas par manque de coordonnateur du mouvement et surtout par le  manque de réserves conséquentes en nourriture. Je pense qu il faut que le peuple soit instruit sur le second point, et le reste pourra aller de soi. Nous sommes fatigués par tant d'arrogance. Le PCT monopolise tous les médias et empêche l'opposition de battre campagne. Chaque sortie du crocodile de l'Alima est une démonstration de force en chars et hélico. 

Fraternellement. "

Denis Sassou Nguesso : une campagne armée et blindée

Question réserves de nourriture, j'ai suggéré que les Congolais fassent des réserves du 13 au 17 mars 2016. Le drame est que même si l'opposition avait boycotté l'élection, Denis Sassou Nguesso aurait organisé sa mascarade électorale avec des opposants potiches comme Kignoumbi Kia Mboungou pour gagner haut la main - sans contestation, sans le moindre suspense au premier tour.

Avec de vrais challengers, même si tout le système est orienté vers la fraude, il y a tout de même une inconnue. Entre une élection truquée et une victoire volée aux autres candidats, il y a la conscience et le sursaut du peuple. Sassou le sait ; d'où sa campagne d'intimidations.

En fait, le monstre de l'Alima est prêt à la confrontation, à la violence. Entre Sassou et le peuple, il y a des kalachnikovs, des blindés, des hélicoptères de combat. Denis Sassou Nguesso a colonisé le Congo et toute colonisation impose son diktat par la force.

 L'opposition a-t-elle les moyens de faire face à l'armada de mort du "crocodilosaure" de l'Alima ? Prions pour que le pays ne bascule pas dans la violence après la fraude de Denis Sassou Nguesso. Quand une dictature et l'opposition se dispute, c'est toujours le peuple qui trinque.

LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU