Congo-Brazzaville : Campagne de "Sassoufit" , un ministre se fait escroquer

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par Edo Ganga, Brazza News
Une de ces nombreuses équipes de « mercenaires numériques » entretenues par la DGST, le sinistre exhibitionniste Thierry Moungalla, d’autres ministres et courtisans du régime qui font des pieds et des mains pour rester à la mangeoire. ǀ © Photo Brazzanews

Ne pouvant s’empêcher de fourrer son nez dans les coulisses de la campagne de Sassou,  Brazza News a vu comme certains ministres se font avoir par des collaborateurs plus malins qu’eux.

 Il faut reconnaitre qu’il n’est pas très compliqué d’être plus futé qu’un ministre de Sassou. Mais venons-en au fait.

Une haute autorité du pays a été approchée par un de ses collaborateurs qui lui a proposé de mettre en place une équipe d’une dizaine de personnes, jeunes pour la plupart,  chargées d’occuper le terrain médiatique sur les réseaux sociaux et la toile toute entière dans le but de faire de l’ombre à l’opposition qui a pris une avance considérable et dont le discours porte auprès de la population congolaise.

Ce collaborateur a donc vendu ce projet à ce fameux ministre. Ledit projet consistait à recruter une dizaine de personnes équipées d’ordinateurs connectés, chargés de monter des sites Internet, de créer des pages Facebook, d’animer des profils pour pouvoir contrer l’offensive menée par l’opposition. Le projet fixait la rémunération de chacun de ces 10 jeunes à 150.000 FCFA/semaine, soit 6.000.000 de FCFA le mois. En plus de cela le projet prévoyait la location d’un local, l’achat d’un véhicule, des frais de mission incluant des déplacements à l’intérieur du pays, etc .

Tous les mois donc, le fameux ministre se délestait d’environ 10.000.000 pour entretenir cette structure de propagande pro Sassou et ainsi affaiblir le discours de l’opposition.  Structure virtuelle qui n’a jamais existé. Nous avons découvert qu’elle n’était en fait animée que par le collaborateur du ministre et sa femme.

A chaque fois qu’il y avait un sujet à traiter ou une information venant du ministre à « ventiler » sur la toile pour servir leur propagande, ce fameux collaborateur, pour justifier ses émoluments, allait échanger « inbox » sur Facebook avec les personnes proches du régime, sympathisantes du PCT pour leur partager le scoop et ainsi le faire publier à moindre frais (ou plutôt gratuitement) sur Internet. Il faisait ainsi croire au ministre que ces profils Facebook, Twitter, Whatsapp, étaient l’œuvre de son équipe de 10 mercenaires numériques virtuels. Il est même parvenu à faire croire au ministre qu’ils avaient fait l’acquisition de locaux et de matériel informatique performant. Cette escroquerie  a duré pendant environ 10 mois.

Le pot au rose a été découvert quand le ministre a demandé à son collaborateur de couvrir la campagne présidentielle de Sassou Nguesso jusqu’au 18 de ce mois. Il lui a demandé les noms des 10 membres de l’équipe de son collaborateur pour leur faire établir les badges qui leur permettraient d’intégrer l’équipe de campagne de Sassoufit. Il était ici question pour le ministre de montrer à son chef Sassou que lui aussi, comme bien de ministres et courtisans du régime, avait derrière lui une équipe chargée de travailler sur sa campagne présidentielle sur les réseaux sociaux.  Le collaborateur lui a donc communiqué une liste de 10 noms fictifs. Ce que le collaborateur ignorait c’est que son ministre participait activement à la campagne du président de la République. Il fini donc par s’apercevoir, après avoir déboursé plus de 150.000.000 de FCFA que la fameuse équipe de mercenaires numériques était inexistante. Son collaborateur lui avait vendu un mirage.

Le ministre pris de colère a fait lancer des recherches pour mettre la main sur son « fidèle » collaborateur qui n’a pas demandé son reste. Celui-ci a pris la clé des champs après s’être fait plaisir pendant presqu’un an en faisant l’acquisition de 2 véhicules 4X4 et 3 terrains aux frais de son très généreux ministre. Il se dit qu’il rentrera au pays très bientôt… Après la chute de Sassou et le départ de son ministre adoré en exil.

En illustration, une de ces nombreuses équipes de « mercenaires numériques » entretenues par la DGST, le sinistre exhibitionniste Thierry Moungalla, d’autres ministres et courtisans du régime qui font des pieds et des mains pour rester à la mangeoire.

Edo Ganga, Brazza News