Congo-Brazzaville : A quoi joue Mme Michaëlle Jean de l'OIF ?

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par Mingwa BIANGO
Il y a presque un an, le 22 mars 2015, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) menaçait de suspendre le Congo-Brazzaville de l’institution. Au cas où le président Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 26 ans, s’entêtait à changer la constitution (révision, modification ou changement) pour se porter encore candidat en 2016. ǀ © Photo lapresse.ca (archives)

Il y a presque un an, le 22 mars 2015, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) menaçait de suspendre le Congo-Brazzaville de l’institution.

Au cas où le président Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 26 ans, s’entêtait à changer la constitution (révision, modification ou changement) pour se porter encore candidat en 2016.

Cette déclaration avait été faite par le nouveau secrétaire général de l’OIF, la Canadienne Michaëlle Jean, lors d’une interview accordée à RFI.

Comme tout un chacun le sait maintenant, la modification a bien eu lieu et le Congo-Brazzaville fait toujours partie de l’Organisation internationale de la francophonie. Certains affirment que le couperet de la francophonie n’est pas tombé du fait d’une évolution « hollandaise » face au référendum.

 Les hommes ne sont pas les seuls à retourner leur veste, pour les raisons que nous connaissons tous, et ce serait mésestimer le charme irrésistible que sait exercer notre vieux monarque défraichi auprès des femmes beaucoup plus jeunes que lui…   Toujours pour les mêmes raisons… !

Madame Michaelle Jean qui avait connu avec le Togo, en mai 2015, un échec sur la qualité du processus électoral ne saurait se racheter en annonçant, le 13 mars 2016, une obscure mission de dernière minute menée au Congo Brazzaville par Michel Kafando, le président de transition burkinabais de 2014 à 2015.

L’Union Européenne avait refusé de cautionner ce simulacre d’élection en le rejetant en bloc, tant la mascarade était flagrante et inacceptable. Le Parti socialiste français, allant à Canossa dans ce dossier congolais, vient juste de demander le report du vote du 20 mars 2016. Alors, il est légitime de se demander de quel atout pourrait disposer Michaëlle Jean et son Organisation pour dépêcher Michel Kafando à Brazzaville et faire avancer la paix et la démocratie dans notre pays ?

En réalité aucun ! Ce n’est qu’une mascarade de plus ajoutée à la grande mascarade électorale étoffée d’achat et de corruption à laquelle se livre depuis le début le vieux monarque défraichi Denis Sassou Nguesso. Car comme nous le révèle les Dépêches de Brazzaville, l’initiative de cette mission de bons offices ne relève pas de l’OIF mais bien d’une demande des autorités congolaises (Sassou Nguesso « himself » l’homme à qui l’on ne refuse rien…). Et le pire, pour la Francophonie de Mme Michaëlle Jean, c’est que cette mission entre dans « le cadre de la mise en œuvre par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) des programmes d’appui aux processus électoraux de l’espace francophone » ! « Appui » c’est bien de cela qu’il s’agit et qu’il faut entendre par l’acceptation de cette mission !

La farce se démontre être totale lorsque l’on apprend par la même Pravda que la délégation (conduite par Michel Kafando) est depuis le 12 mars, en séjour de travail à Brazzaville, jusqu’au 16 mars 2016.

Le Président par intérim de la transition burkinabé Michel KAFANDO (novembre 2014 à décembre 2015) , victime lui-même du coup d’état du général Dienderé le 16 septembre 2015, a par son courage et sa détermination pour faire échec au putsch des assassins de Thomas SANKARA a été par ce fait la fierté des Africains. Les Congolais lui demandent de ne pas se fourvoyer avec M. Denis SASSOU-NGUESSO, l’un des dictateurs les plus sanguinaires d’Afrique. Au contraire, il doit aider le peuple congolais à se débarrasser du tyran de Brazzaville à l’image du peuple frère du Burkina-Faso qui s’est débarrassé de Blaise COMPAORE.

Alors que tous les candidats, durant ces quatre jours, sont par monts et par vaux du Congo, on se demande bien ce que Michel Kafando et ses gugusses pourront bien voir et comprendre de ce qui se passe réellement au Congo Brazzaville ? Au mieux nous pondront-ils, aux ordres de Madame Jean, un rapport digne de celui, de sinistre mémoire, qu’avait rédigé Jacques Toubon après l’élection présidentielle de 2009.

A prendre les Congolais en particulier, et les Africains en général, pour des imbéciles dans la langue de Molière, il ne faudra pas s’étonner qu’un jour prochain nos enfants dès les classes maternelles étudient celle de Shakespeare …

Par Mingwa BIANGO

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