Congo-Brazzaville : Présidentielle du 20 mars, théorie du PCT planifiée à ciel ouvert

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par Symphorien Olandzobo
Malgré le tripatouillage du fichier électoral, Sassou s'est rendu compte que l'équation de la tricherie garde son mystère entier. ǀ © Photo archives

Depuis l'annonce volcanique de la tenue anticipée de la présidentielle par Sassou Nguesso, le Parti Congolaise du Travail (PCT, au pouvoir)  souffle paradoxalement le chaud et le froid.

Peu de congolais comprennent la panique qui s'est emparée des tenants du pouvoir de Brazzaville.

Les sondages effectués par les services spéciaux et certains organismes assermentés ne donnent que très peu de chance au président sortant d'arriver au 2ème  tour.

Et depuis lors, autour du président Sassou, tout le monde est désormais convaincu que sans tricher, le sphinx de Mpila ne peut plus briguer un mandat électif à la magistrature suprême.

Malgré le tripatouillage du fichier électoral, Sassou s'est rendu compte que l'équation de la tricherie garde son mystère entier.

Aussi, le Parti Congolais du Travail à entrepris depuis quelques jours une tricherie à ciel ouvert... Au vu et au su de tous, des membres de ce parti sillonnent coins et recoins de Brazzaville et des départements de l'intérieur.

Objectif non dissimulé, répertorier, avec l'aide des chefs de quartiers et de blocs, tous les électeurs potentiels du candidat Sassou. Le but du jeu consiste à remettre, avant le jour du scrutin, à ces personnes répertoriées des bulletins de vote préétabli et remplis d'office avec le sceau de leurs empreintes obtenues grâce à des encriers prévus à cet effet.

L'électeur se rendra donc au bureau de vote avec en poche ce bulletin pré rempli. Dans l'isoloir, ce dernier n'aura qu'à plonger dans l'urne son bulletin amené de la maison, et empochera le bulletin qu'il aura au préalable retiré auprès des agents électoraux.

Au sortir du bureau de vote, l'électeur "kamikaze" se rend au point de ralliement et de bonnes grâces du PCT où, en échange du bulletin non utilisé, il encaisse le pactole prévu pour le diabolique troc, soit la somme de 20 000 frs.

Les 5 candidats du changement devraient donc exiger, comme au Bénin, un renforcement du climat de confiance qui passe par des fouilles systématiques à l'entrée des bureaux de vote. A Cotonou, Boni Yayi, président sortant, a été fouillé devant les caméras de télévision et de nombreux témoins, avant d'avoir accès au bureau de vote. Montrer ainsi patte blanche serait une garantie d'équité.

Au cas contraire, le président de chaque bureau de vote devra faire estampiller les bulletins en amont du processus, dans le bureau de vote.

Le phénomène grotesque ici réside dans le fait que le PCT doute désormais de ses propres électeurs, car cette campagne de triche par anticipation vise principalement son électorat potentiel qui a témoigné le 25 octobre dernier d'un manque total de motivation.

Par ailleurs, pour mieux s'assurer le succès de sa méthode, le PCT a prévu un traitement spécial à tous les représentants des autres candidats dans les bureaux de vote. Ce qui permettrait à ces derniers de lever le pied ou fermer les yeux devant les monstruosités dont se rendrait coupable la machine du pouvoir pendant et après le vote, le 20 mars.

Pas étonnant qu'un certain "monsieur la pluie" fasse la pluie et l'y beau temps de cette opération "hold up" électoral dans la zone de Solo Penza à Talangaï. Pendant que un certain Thibault du Club 2002 pur aurait déjà des cartes d'électeurs et actes de naissance, en quantité industrielle, à l'Île Mbamou.

Dans cette contrée, on signale aussi l'activisme éhonté du DG de l'Onemo, député Pct de la circonscription, Nyanga Elenga. Ce rejeton du pouvoir se livre à tous les trafics, d'électeurs venus de RDC...

Comme quoi, le PCT a maintenant beaucoup de mal à prouver ses capacités à remporter une élection présidentielle, voire à figurer à un deuxième tour.

Symphorien Olandzobo, zenga-mambu.com