Cameroun : Gouvernance, quand la corruption fait ombrage à la forêt

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par Frégist Bertrand Tchouta
La corruption est repartie à la hausse de +0,65 points, pour s’établir à 5,78 points sur 10. |© Photo pfbc-cbfp.org (archives)

Un rapport produit par l’association Forêts et développement apprend qu’en 2015, l’indice de perception est quitté de 5,13/10 pour atteindre 5,78/10. La première remontée de l’indice depuis 2010.

Avec l’élaboration en 2010 de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (Snlcc) et la mise en place des actions urgentes et ciblées dans le secteur forestier et environnemental, on avait commencé à s’habituer à observer une baisse annuelle de l’indice de perception de la corruption.

De  7,27 points sur 10 enregistrés au cours de cette année, on est passé à 6,44/10 en 2013, pour atteindre une nette amélioration « record » de 5,13/10 en 2014.

Seulement, le film de la descente aux enfers des corrupteurs n’avait pas atteint son générique de fin. Puisqu’en 2014, dans son «évaluation méthodique et soutenue de l’indice de la perception de l’intensité de la corruption dans le secteur forestier au Cameroun», l’association Forêts et développement rural (Foder), a abouti à des résultats décevants.

La corruption est repartie à la hausse de +0,65 points, pour s’établir à 5,78 points sur 10. La note de l’intensité de la perception de la corruption est l’un des moyens par lesquels la perception des acteurs du secteur des forêts et de la faune sur la corruption est captée.

Plus la note est forte (proche de 10), plus les acteurs ont le sentiment que le secteur est miné par le phénomène de corruption et vice versa (moins la note est élevée, c’est-à-dire proche de 0, plus les acteurs pensent que la corruption est faible dans le secteur).

C’est cette note qui traduit le point de vue des parties prenantes sur l’intensité de la corruption dans le secteur qui est généralement appelée indice de perception de la corruption.  

 D’après l’association, quatre acteurs jouent un rôle central dans le film. Le ministère des forêts et de la faune (Minfof), les forces de l’ordre (Policiers et gendarmes), les agents des collectivités territoriales décentralisées, et d’autres acteurs.

Par exemple, rapporte l’association dans son étude, l’une des réalités du secteur des forêts et de la faune qui justifie le relâchement dans la lutte contre la corruption est la volonté relative des acteurs leaders du secteur à lutter contre la corruption.

«Les acteurs leaders qui sont les principaux détenteurs de pouvoir et d’autorité dans le secteur des forêts et de la faune n’ont plus, selon les parties prenantes questionnées sur ce sujet, la moindre envie de soutenir les efforts de lutte contre la corruption».

L’étude cite le ministère de la forêt et de la faune (Minfof), considéré par les populations comme ayant les moyens les plus importants, la Commission nationale anti-corruption (Conac), et les partenaires techniques et financiers.

Dans son document, Foder cite plusieurs raisons pouvant justifier cette recrudescence des actes de corruption.

Les mauvaises conditions de travail des agents chargés de la surveillance, la diminution des bonnes pratiques observées tout au long de la mise en œuvre des initiatives de lutte contre la corruption depuis 2012, et la rareté des actions de sanctions des comportements des acteurs véreux. En l’occurrence les collaborateurs indélicats du Minfof.

Frégist Bertrand Tchouta, la Nouvelle Expression (Cameroun)