Cameroun : péril sur la filière porcine

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par Africa Info
Les responsables craignent un risque de propagation de la peste porcine africaine qui a déjà fait environs 500 victimes à Gouna, foyer de la maladie. | © Photo lemonde.fr (archives)

La détection d’un foyer de la peste porcine africaine dans la région du Nord, augure des lendemains qui déchantent pour la filière porcine au Cameroun.

A la délégation régionale de l’élevage des pêches et des industries animales du Nord, les nouvelles ne sont pas bonnes.

Les responsables craignent un risque de propagation de la peste porcine africaine qui a déjà fait environs 500 victimes à Gouna, foyer de la maladie.

« Nous faisons le nécessaire pour circonscrire le danger » a indiqué un responsable de la délégation, précisant que « le danger est permanent, surtout que les acteurs de la filière porcine ne collaborent pas avec nos services. Certains s’opposent même à la mise en quarantaine de leur cheptel ».

Pourtant fait remarquer une source sanitaire, « la propagation rapide de la maladie est due à son caractère hautement contagieux et à la capacité du virus à persister durant de longues périodes dans un milieu riche en protéines, notamment dans les produits carnés ».

Et d’ajouter : « du fait de la mortalité élevée, voisine de 100 %, elle entraîne un surplus important de cadavres de porcs, qui constitue un réservoir considérable de virus ».

Dans la mesure où il n'existe pas de vaccin explique le spécialiste, « le seul moyen de contrôler la maladie passe par l'abattage obligatoire, en l'absence du quel un commerce illicite de porcs potentiellement infectés s'effectue ».

Le facteur le plus important de source de propagation de cette maladie dévastatrice a été identifié comme étant le manque de détection précoce dû à une connaissance insuffisante des manifestations cliniques de la maladie de la part des éleveurs, des producteurs de porcs et du personnel technique.

Pour circonscrire le danger, Mamoudou Haman, le préfet du département de la Bénoué a pris un train de mesures. Dans un communiqué rendu public la semaine écoulée, l’autorité administrative a interdit la commercialisation de la viande du porc dans son ressort territorial. 

Pour les acteurs de la filière porcine, c’est la désolation. « C’est dommage pour nous. Cette maladie va nous ruiner. Nous allons tout perdre. Moi particulièrement je vis de cette activité depuis des années », témoigne, un père de famille, dépité.

Tensions

En effet, les propriétaires des porcheries de la région du nord craignent une autre « mascarade » de la part des autorités de la région.

« En 2010 lors de l’apparition de la grippe porcine, les autorités ont procédés à l’abattage de tous nos animaux. Des indemnisations nous avaient été promises. Quand le gouvernement a envoyé l’argent pour nous, ils se sont assis dessus. Nous n’avons rien eu » fait savoir une victime.

Selon nos informations, une enveloppe de 10.000.000 de F CFA avait été allouée aux victimes de la grippe porcine dans la région du Nord.

Seulement, l’argent a pris une autre destination. « L’ancien délégué régional des pêches et des industries animales du Nord, des responsables de la microfinance Fiffa où les fonds ont été logés et l’ancien préfet de la Bénoué Zang III » se seraient assis sur ces fonds, révèle une source proche du dossier.

Ai  Ngaoundéré