Congo-Kinshasa : Sida, trois quarts des malades n’ont pas accès aux antirétroviaux

par AFP
Les trois quarts des personnes malades du sida en République démocratique du Congo n’ont pas accès aux traitements antirétroviraux ǀ © image saphirnews.com

Les trois quarts des personnes malades du sida en République démocratique du Congo n’ont pas accès aux traitements antirétroviraux, ont indiqué vendredi à Kinshasa les autorités sanitaires congolaises et l’ONU.

Environ "100.000 personnes ont été mises sous traitement antirétroviral" en 2014 sur les "400.000" qui vivent avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en RDC, a déclaré le docteur Franck Fwamba, directeur du Programme national de lutte contre le sida, lors d’une conférence de presse.

Le "taux de prévalence" de la maladie pour l’ensemble de la population est passé "de 1,6% en 2007 à 1,2% en 2014", a relevé pour sa part directeur de l’Onusida en RDC, Marc Saba.

Quatrième au classement des pays les plus peuplés d’Afrique (environ 71 millions d’habitants selon les dernières estimations de l’ONU), la RDC présente l’un des taux de prévalence les plus faibles du continent africain.

Néanmoins, "l’épidémie est stabilisée" et non "maîtrisée", elle "stagne" et "il y a toujours des nouvelles infections", a noté M. Saba, déplorant, comme le Dr Fwamba le manque d’information de la population sur le sida, en particulier chez les femmes, qui demeurent plus touchées que les hommes (1,6% contre 1,06%).

La lutte contre le VIH reste "prioritaire", estime M. Saba, indiquant que le virus du sida était à l’origine de "25.000" morts en RDC en 2014.

Selon l’OMS, le sida est la dixième cause de mortalité en RDC - pays parmi les moins développés au monde en dépit de ses immenses ressources naturelles (mines, eau, bois...) - et arrive très loin derrière les maladies diarrhéiques, première cause de décès dans le pays (près de 110.000 en 2012).

En RDC, un des grands défis dans la lutte contre le VIH c’est d’amener les malades à suivre un "traitement pour la vie", a encore dit le docteur Fwamba, ajoutant que moins de 30% des personnes sous traitement antirétroviral avaient pris leurs médicaments de manière continue

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