Cameroun : Des moustiquaires utilisées pour pêcher et chasser

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par Dewa Aboubakar, Africa Info
L’utilisation des moustiquaires imprégnés à longue durée d’action (MILDA) n’est pas la chose la mieux partagé par la population dans la région de l’Adamaoua ǀ © Photo acces-sante.net (archives)

Jardiniers, chasseurs  et pécheurs rachètent le matériel destiné à protéger les populations  contre le paludisme.

L’utilisation des moustiquaires imprégnés à longue durée d’action (MILDA) n’est pas la chose la mieux partagé par la population dans la région de l’Adamaoua. Dans cette partie du Cameroun, le matériel destiné à  combattre le paludisme  est plutôt utilisé à d’autres fins.

Certaines personnes ont adapté  leur utilisation aux activités quotidienne. Pour les propriétaires des jardins,  «  il y’a pas mieux que les moustiquaires pour protéger leur plantations des animaux tels chèvres, moutons ainsi que les volailles qui rôdent autour. »

Quelles soient dans les domiciles ou à l’extérieur, ces plantations sont toujours entourées des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA) qui jouent le rôle d’enclos. Les Milda sont également très prisés par les pécheurs. A défaut de se procurer des outils appropriés pour arrêter  les poissons, nombre de personnes l’on transformées  en filet de pêche.

 Idem pour les chasseurs qui s’en servent pour capturer  certains insectes. Dans certains domiciles, elles servent de lieux de repère pour se soulager.

Des responsables en services à la délégation régionale de la santé publique pour l’Adamaoua en ont fait le triste constat. De l’avis d’Oumarou Sanda, point focal communication à la délégation régionale de la santé publique de cette région, seulement 60% des moustiquaires distribuées lors de la première phase ont  été bien utilisées  par la population.

 « En 2011, des enquêtes ont révélés l’utilisation à 60% seulement des moustiquaires. Ça veut dire qu’il y’a encore des gens qui ne s’en  servent pas encore bien qu’étant mis à leur disposition de façon gratuite. On s’est rendu compte que ces moustiquaires sont conservées dans les valises, soit utilisées à d’autres fins. », explique-t-il.

Une autre source à la délégation évoque pour sa part, un trafic autour des milda. « Il y’a des gens qui ont fait de cette affaire, tout un business ».

Selon notre source, « des personnes ont réussi  à emmagasiner des stocks de moustiquaires qu’ils revendent généralement dans les zones reculées de la ville lors des marchés périodiques.»

La source  indique également  que les prix des moustiquaires lors de la mise sur le marché varient entre 2000 et 3000 F CFA. 

En lançant la phase 2 de la campagne de distribution gratuite et de masse des Milda, dans les régions de l’Adamaoua et le Nord, André Mama Fouda, ministre de la santé publique a demandé aux populations de rompre  avec ces pratiques.

Dans la région de l’Adamaoua, 252 238 ménages ont été recensés et recevront 695803 Milda  ; tandis que dans la région du nord, 494 610 ménages recevront 1357000 MILDA.

Le paludisme demeure un problème de santé publique dans le monde. Au Cameroun, comme dans tous les pays. Selon des données officielles, les femmes et les enfants de moins de 5 ans sont les plus vulnérables et payent le plus lourd tribut.

Ainsi, le paludisme est responsable de 40% des dépenses en santé dans les  ménages par an.

Et 44% d’hospitalisation au Cameroun. Il constitue la première cause d’absentéisme en milieu scolaire et d’arrêt de grossesse en milieu hospitalier.

La moustiquaire à longue durée d’action reste et demeure le moyen le plus efficace et le moins couteux pour la prévention du paludisme.

Dewa Aboubakar, Africa Info