Congo-Brazzaville : Lettre ouverte de Parfait Mavungu au chef de l'opposition

par Éditeur
Photo de Parfait Mavungu

D'abord, ma reconnaissance pour votre constance, reflet de votre intégrité, et pour votre engagement pour le Congo, ce bien précieux que nous avons en partage.

Je salue la grande réussite du 3 Mai dans la ville océane, un grand pas vers un objectif clair : ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE LIBRE ET TRANSPARENTE EN 2016.

Monsieur MIERASSA, L'HEURE EST GRAVE.

Vous êtes l'actuel Chef de l'opposition congolaise, avant vous, ce fut la responsabilité de Monsieur BAKANA KOLELAS, que vous connaissez mieux que moi-même.

N'oubliez pas ceci : VOUS AVEZ A FAIRE A UN TRÈS GRAND STRATÈGE. NE COMMETTEZ PAS LA MÉMÉ ERREUR QUE VOTRE PRÉDÉCESSEUR N'OUBLIEZ SURTOUT PAS QU'IL VOUS CONNAÎT TRÈS BIEN ...SA FORCE RÉSIDE DANS SON EXCELLENTE CAPACITÉ D'ANTICIPATION.

COMMENT LE VAINCRE?

SA FAIBLESSE OU CE QU'IL DÉTESTE LE PLUS : LA SURPRISE ...

A présent, voici mon analyse de la situation en 3 POINTS :

I- LE PLAN SECRET DU GÉNÉRAL SASSOU NGUESSO :

Dans son plan secret et ultra confidentiel, le grand stratège a prévu trois hypothèses :

SON PLAN A : IL SE SUCCÈDE A LUI-MEME
En principe et il le sait, "de jour comme de nuit" son pouvoir est déjà révolu, mais il espère encore ... Cas de force majeure, chaos à l'international ou même un miracle ?

Cette hypothèse consiste à attendre pour "profiter" d'une opportunité "fortuite" avant de passer à l'action pour au final, se succéder à lui-même.

NB : c'est dans cette hypothèse, qu'il envisagerait un changement de constitution.

Mais ses "conseillers occultes" lui ont clairement dit que s'il "crée" délibérément cette opportunité "fortuite", il le payera au prix fort avant même la fin son mandat (2016).

SON PLAN B : IL PASSE LE POUVOIR A UN DE SES MOUTONS
La première hypothèse étant tributaire des aléas qui lui échappe, c'est ce plan B qui est actuellement mis en oeuvre (officiellement depuis son message de voeux 2015).

Contrairement à la propagande de diversion officielle, ce plan ne nécessite ni dialogue, ni référendum, ni débat sur la constitution, tous ces faux débats ne sont que pure diversion et tactique dilatoire car justement, ce plan nécessite de gagner du temps en passant impérativement la période des jeux africains au Congo sans incident, pour permettre au général SASSOU NGUESSO de déclarer entre fin 2015 et au plus tard février 2016 (5 mois avant l'élection présidentielle) que :

- Il renonce à organiser un référendum constitutionnel,
- Il ne sera pas candidat à sa propre succession,

Ainsi, il passera au yeux de la communauté internationale comme, ce qu'il ne cesse de répéter, un homme de "paix", un "démocrate qui respecte l'alternance".
Ainsi, l'opposition sera pris de court, et n'aura ni le temps, ni la légitimité d'exiger l'organisation d'un nouveau recensement ...

Cette opposition là sera divisée, désarmée et n'aura pas non plus le soutien de la communauté internationale ... En effet, comment ne pas féliciter un homme "de paix" qui quitte volontairement le pouvoir, propose un dialogue et un référendum pour "améliorer" la constitution afin de permettre à son successeur de gouverner dans la sérénité (l'opposition a dit NON).

SON PLAN C : UNE VRAIE ALTERNANCE EN 2016
Le grand stratège étant prévoyant, il sait que même avec ses listes électorales, si l'opposition se mobilise, un candidat sérieux peut battre son mouton, si le début de règne de ce président élu se trouvait perturbé par des incidents politico-militaire ...

ALORS, ON SE SOUVIENDRA QUE CET HOMME "SAGE" NOUS AVAIT PRÉVENU ET PROPOSE D'AMÉLIORER LA CONSTITUTION EN VAIN ...

II- CE QU'IL FAUT FAIRE ET POURQUOI :

Monsieur MIERASSA,

Vous êtes le Chef de l'opposition congolaise, comme tout homme, vous avez des qualités, mais aussi des défauts, des faiblesses...N'oubliez pas qu'en face de vous (nous) se tient le Général SASSOU NGUESSO,

Un "SAINT HOMME", qui en 1979, était obligé de "SAUVER" LE CONGO d'un homme que le "peuple" a chassé par ces mots : "... A TOUT VOLE", sans convoitise aucune, LE "DEVOIR" LUI COMMANDAIT DE PRENDRE LE POUVOIR.
Nous lui disons "MERCI".

Un "HOMME DE PAIX", qui après avoir fait le "bonheur" des congolais 12 années durant, s'est vu par "devoir", obligé de reconnaître les erreurs de ses prédécesseurs, ce "homme de paix" qui n'a rien a se reprocher a dit J'ASSUME les erreurs des autres.
Nous lui disons "MERCI".

Une "VICTIME INNOCENTE" qui dormait paisiblement, avait été injustement dérangé, dans son sommeil et dans son lit, par les "méchants" le matin du 05 juin 1997 ...
PAR LA GRÂCE "DIVINE" il a été encore obligé de "SAUVER" LE CONGO.
Nous lui disons "MERCI".

Mes Chers Compatriotes,

Dans la perspective de 2016, il n'y a que deux solutions possibles :

LA MOINS BONNE : NOUS POUVONS OPTER POUR L'INSURRECTION
Dans ce cas, il faut savoir que le sang des congolais va couler a nouveau ...
Soyons clairs : PAS D'INSURRECTION SANS EFFUSION DE SANG.
QUE CHACUN PRENNE SES RESPONSABILITÉS.

LA BONNE SOLUTION : "OSONS LA NAÏVETÉ CONSTRUCTIVE"
Nous avons à faire à :
UN "SAINT HOMME",
UN "HOMME DE PAIX",
UNE "VICTIME INNOCENTE",
UN TRÈS GRAND STRATÈGE,
UN HOMME QUI NOUS VEUT DU "BIEN" à tel point qu'il veut éviter à tout prix à son successeur (il sait déjà qu'il sera de l'opposition) de se retrouver dans une situation de "blocage", C'EST LA PREUVE QU'IL EST POUR "L'ALTERNANCE", puisque c'est lui-même qui impose "d'améliorer" ou de "changer" sa propre constitution, pour permettre "UNE ALTERNANCE PACIFIQUE" ... Qui dit mieux ?

Mes Chers Compatriotes, dans la perspective de 2016...Ne lui donnons plus l'occasion de se sentir obligé de nous apporter son "aide".

LAISSONS LE PRENDRE SA RETRAITE, car, sans le réaliser, il le souhaite : Le général SASSOU NGUESSO s'est lui-même livré plus d'une fois à l'opposition ...

Après sa débâcle au sommet de la francophonie, de retour au pays, l'homme cite le général de GAULLE et promet un référendum ...

Nous savons tous (selon le chef de l'opposition congolaise) que Monsieur 17% n'a jamais gagné une élection libre et transparente.

Quand on sait aussi que le général de GAULLE avait choisi le référendum comme porte de sortie honorable, ... COMMENT NE PAS Y VOIR UN SIGNE ? 

Pourquoi ne pas le pousser à ce référendum en exigent uniquement et préalablement, une seule chose : LA TRANSPARENCE.

L'homme récidive et s'enfonce lors de son message à la Nation en promettant à la fois le dialogue et le référendum ... Bref un vrai suicide, mais en face ... RIEN ?

L'opposition appelle enfin au dialogue avant fin Mars, mais, en disant non à la question constitutionnelle, elle lui laisse une porte de sortie, l'homme est obligé de sortir lui-même du bois, lors d'une interview à la presse étrangère, insistant sur "l'amélioration" de la constitution ... Son dernier argument dilatoire. 

NB : S'IL ÉTAIT RÉELLEMENT POUR LE DIALOGUE, ON Y SERAIT DÉJÀ.

A la classe politique congolaise,

Voici selon les résultats des dernières élections libres et transparentes, la liste incontestable des cinq plus grands partis historiques congolais:

1- L'UPADS : premier parti aux élections locales, législatives et présidentielles
2- Le MCDDI :
3- Le PCT : 17% aux élections présidentielles (son meilleur score jamais dépassé)
4- Le RDPS :
5- Le RDD :

Je constate que tous les cinq grands partis historiques du Congo, ont validé et l'actuelle commission électorale, et les listes électorales qui vont avec.

Quasiment, seul Monsieur MIERASSA est logique et en harmonie avec lui-même, quand il exige un nouveau recensement ... ET IL A RAISON DE L' EXIGER.

Mais, les partis ci-dessus, y compris certaines personnalités du parti au pouvoir qui veulent distraire les congolais en contestant non sans hypocrisie leur propre bêtise, se discréditent eux-même et mettent gratuitement en danger la vie des congolais.

Fort de sa commission électorale et de ses listes électorales validées par tous les grands partis du pays, le général SASSOU NGUESSO n'est tout simplement pas obligé de proposer un dialogue qui statuerait à nouveau sur ces questions ...

Du haut de son égoïsme, le grand stratège en perte de vitesse a commis la bêtise de proposer à la fois le dialogue et le référendum, avec l'assurance qu'au moins l'un ou l'autre (si ce n'est les deux à la fois) créerait un effet repoussoir au sein de l'opposition, ce qui lui ferait gagner du temps : au mieux un an (jusqu'à son prochain message à la Nation pour 2016), au pire, tenir jusqu'à la fin des jeux africains (septembre 2015).

Si le dialogue ne débute pas avant les jeux africains, alors ce serait UN ÉCHEC.Un échec qui annoncerait alors LE SANG ET LES LARMES DES AUTRES ...IL S'AGIRAIT LA D'UN ÉCHEC IMPUTABLE A L'OPPOSITION.... UNE FAUTE GRAVE DE L'OPPOSITION CONGOLAISE.

MONSIEUR MIERASSA,

CHEF DE L'OPPOSITION CONGOLAISE, PRENEZ VOS RESPONSABILITÉS.

Le grand stratège a anticipé votre réaction ... A VOUS DE LE SURPRENDRE. C'EST MAINTENANT QU'IL FAUT DIRE OUI AU DIALOGUE

Il faut rapidement aller au dialogue pour que l'élection présidentielle de 2016 soit réellement libre et transparente : nouveau recensement, listes électorales...PLUS TARD, IL SERA TROP TARD.

NB : les conclusions des dernières concertations, n'ayant pas été, ni respectées, ni appliquées par le parti au pouvoir, IL EST IMPÉRATIF QUE LE DIALOGUE SE DÉROULE EN PRÉSENCE DES OBSERVATEURS SUIVANTS : UA, ONU,OIF, UE, USA, CPI, ... Ils resteront jusqu'à la présidentielle libre et transparente de 2016.

C'EST MAINTENANT QU'IL FAUT DIRE OUI AU RÉFÉRENDUM
En enfermant le grand stratège dans son propre piège, il n'aura plus d'arguments...Si la transparence est garantie (après le nouveau recensement), nous pouvons nous offrir le luxe d'un référendum : nous savons tous (selon le chef de l'opposition) que Monsieur 17% n'a jamais gagné une élection libre et transparente.
ALORS, DE QUOI AVONS NOUS PEUR ?

C'EST MAINTENANT QU'IL FAUT DIRE OUI AU CHANGEMENT DE LA CONSTITUTION
Le général SASSOU NGUESSO dit lui même qu'il veut éviter à tout prix à son successeur de se retrouver dans une situation de "blocage"..."Osons la naïveté constructive". 
Prenons-le au mot et enfermons le grand stratège dans son propre piège ...

FAISONS D'UNE PIERRE, TROIS COUPS :

- (1er coup) Exigeons une élection présidentielle libre et transparente en 2016, grâce au dialogue national nous allons l'obtenir,

- (2ème et 3ème coup) débarrassons nous et de sa constitution (puisque c'est ce qu'il veut) et de son parlement mal élu (la plus sale élection du Congo, selon le chef de l'opposition), en passant d'abord par le référendum (après le nouveau recensement) et en suite par l'élection d'une ASSEMBLÉE CONSTITUANTE en lieu et place du parlement actuel (3 semaines après l'élection du président en 2016).

DIRE SYSTÉMATIQUEMENT NON EST UN AVEU DE FAIBLESSE ...

CE N'EST QU'UN HOMME, BATTONS-LE A SON PROPRE JEU.
CE N'EST QU'UN HOMME, ENFERMONS-LE DANS SON PROPRE PIÈGE.
LA VICTOIRE EST POSSIBLE SANS FAIRE COULER LE SANG,
LA VICTOIRE EST POSSIBLE SANS LES LARMES DES AUTRES,
LA VICTOIRE EST POSSIBLE SANS TIRER UN SEUL COUP DE FEU.

LE FRUIT EST MUR, IL EST TEMPS DE LE CUEILLIR.

III- ET AUSSI :
Le Congo a besoin de l'expérience de toutes ses filles et de tous ses fils.
Pour que l'élection présidentielle de 2016 soit réellement libre et transparente, il faut aussi que ces trois conditions soient réunies :

1- Abrogation de l'âge limite (70 ans) :
Le président nigérian vient d'être élu et il a plus de 70 ans (le peuple est souverain).

2- Abrogation de la condition de résidence (24 mois) :
Les expatriés congolais sont ni plus, ni moins congolais : tous congolais, tous égaux.

3- Annulation de toutes les condamnations politiques :
L'ancien président LISSOUBA, les membres de "sud congo", ... Doivent pouvoir mettre fin à leur exile, rentrer au pays et se présenter aux élections de leur choix.
NB : En Réaffirmant si nécessaire, la limitation à 2 mandats présidentiels de 7 ans.

En rappelant, qu'un retour en arrière, serait une grave erreur (constitution de 1992).

En rappelant que si je ne remets pas en cause la bonne foi de ceux qui proposent une transition après août 2016 (après SASSOU NGUESSO), je me permets juste de formuler cette mise en garde très claire : C'EST UNE TRÈS GRAVE ERREUR.

Vous semblez ignorer que ce pays est une colonie (ancienne) et que les forces d'oppression, ces mafias sont toujours là ...
IL FAUT BATTRE LE FER QUAND IL EST ENCORE CHAUD...

A ce jour, la configuration internationale semble favorable, une transition étant par expérience un moment de reconstruction, donc de fragilité (plus ou moins grande), que feriez vous si lors de votre hypothétique transition, les nouveaux élus dans ces pays là étaient clairement favorables à la dictature chez nous?

Admettez que cette hypothèse n'est tout simplement pas impossible...Alors, gardons à l'esprit un objectif clair à atteindre:

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE LIBRE ET TRANSPARENTE EN 2016.

En espérant avoir contribué positivement à la bonne marche du Congo.

VIVE LE CONGO
VIVE LA NATION
VIVE L'ÉTAT DE DROIT.

© Correspondance : Parfait MAVUNGU