Journée mondiale de la presse, déclaration du Syndicat des Journalistes Employés du Cameroun ( Sjec)

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Une fois encore, le Cameroun se joindra au Monde entier ce 03 Mai pour célébrer la Journée Internationale de la Liberté de la Presse.

Une occasion que saisira le gouvernement de ce pays pour faire des déclarations pompeuses sur les avancées de la liberté de la presse, taisant délibérément les abus dont sont victimes au quotidien, les professionnels des médias dont certains croupissent en prison depuis plusieurs mois pour une prétendue affaire de diffamation, d’autres n’ont pu exercer des mois durant leur métier du fait d’une décision d’un tribunal militaire par devant lequel ils avaient été traduits pendant que d’autres subissaient la fougue des policiers et autres hommes en tenue en toute impunité. Des abus qui sont légion et que le gouvernement se complait à taire à dessein.

Face à cette douloureuse situation, le Syndicat des Journalistes Employés du Cameroun (SJEC), saisit l’opportunité de cette célébration de la Journée Internationale de la Liberté de la Presse pour rendre publique la présente déclaration,

Considérant que les Etats Généraux de la Communication tenus du 05 au 07 Décembre 2012 au Palais des Congrès de Yaoundé avaient suscité au sein des professionnels des médias un certain optimisme de voir enfin la tutelle régler de manière durable leurs problèmes au travers des résolutions et des recommandations faites lors de ces assises,

Considérant que lesdites résolutions et recommandations continuent à « dormir » dans les tiroirs des responsables du Ministère de la Communication et qu’aucune d’entre elles n’a jusqu’ici été rendue effective,

Considérant que lors de la tenue de la première session du comité de suivi de la mise en œuvre des résolutions et recommandations des Etats généraux de la Communication 2012 du 28 au 30 Avril 2014, en présence de Monsieur Jacques Fame Ndongo, Ministre de l’Enseignement Supérieur et Président de la Commission Scientifique des Etats Généraux de la Communication 2012, les professionnels des médias avaient émis de nombreuses réserves quant au contenu des différents textes soumis à leur appréciation au cours de ces assises,

Considérant que depuis lors aucune autre session dudit comité, sauf erreur de notre part, n’a été convoquée,

Rappelant à l’opinion publique que depuis le 12 Novembre 2008, date de la signature de la Convention Collective Nationale des Journalistes et des Professionnels des Métiers Connexes de la Communication Sociale au Cameroun, celle-ci demeure inappliquée du fait que les patrons de presse exigent du gouvernement Camerounais la mise en application de la Convention de Vienne et de son protocole additionnel de Nairobi,

Etant entendu que depuis 2002, date de sa création, le SJEC ne cesse de multiplier les initiatives visant à améliorer les conditions de vie et de travail des professionnels des médias au Cameroun dont un colloque scientifique international sur la viabilité des entreprises de presse au Cameroun tenu à l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) de l’Université de Yaoundé 2,

Le SJEC déclare qu’il ne saurait avoir une liberté de la presse au Cameroun tant que les journalistes continueront à être victimes des exactions dénoncées plus haut et tant que les professionnels des médias continueront à vivre dans la précarité et les organes de presse ne pourront toujours pas accéder à une viabilité économique à travers des textes et lois leur conférant un statut juridique et social d’entreprises de presse.

Fait à Douala, ce 1er Mai 2015