Cameroun : À propos d'Afrique Media

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par Abdelaziz Moundé

On ne remplace pas le colon par les félons ! Vous êtes plus de 70.000, majoritairement de la diaspora, à avoir " liké " la page de soutien à la chaîne Afrique Média fâchée avec ses amis- anciens désormais - du pouvoir de Yaoundé.

Et à Douala, des centaines à avoir fait le mur humain face à la police et au Préfet venus sceller les locaux de la chaîne. Comme une orange pressée, elle a servi bien des desseins, avant de retomber dans les poubelles du cynisme politique. C'était avant. Une époque où l'on a fait croire que les amis d'Aujoulat étaient devenus de fiévreux nationalistes. C'était avant. Le temps immédiat précédant la visite du président François Hollande.

Réactif et toujours sur un coup d'avance, le patron de la chaîne a toqué à la porte de ses amis. Les potentats et éternels présidents d'Afrique centrale. " Des bureaux neufs offerts par le président Déby ", après des billets craquants toujours fournis par l'ami Obiang.

Ceux qui par la magie des coups d'Etat, coups de force, de la fraude électorale, du gouvernement de papa et fils, anciens adeptes de la torture, ont désormais leurs certificats de " panafricanisme ". A faire pâlir Krumah ! A titiller Marcus Garvey ! A énerver Edward Blyden!

Ceux qui las de faire le pied de grue à l'Elysée, ameutent les loups médiatiques pour se sortir d'affaires scabreuses.
Ceux qui n'ont rien à envier à la férocité de Roland Pré, au gout du napalm de Messmer, aux bottes sanglantes de Lamberton ou à l'ingénierie de la police politique et de la répression de Foccart. Ceux qui font la guerre totale, comme on le faisait contre l'Upc, les algériens ou les indochinois, contre leurs opposants. Ceux qu'ils appellent les activistes ou les subversifs, tués socialement, enlevés et portés disparus.

Ces gens qui nous disent après 50, 40, 30 ou 25 ans de pouvoir, " après moi, c'est le chaos ". Et qui ne supportent pas ceux qui les empêchent de durer en rond.

Le combat est légitime. Lutter pour la dignité de l'Afrique est un devoir impératif. Mongo Beti nous a prouvé qu'en vivant même chez l'ancienne puissance coloniale, on pouvait être un brillant héraut avec les armes de la plume de cette quête.
Le travail de l'association Survie repris abondamment par la chaîne dont l'épouse de Mongo Beti, Odile Tobner, est une figure, documente depuis très longtemps les malheurs et travers de la Françafrique.

Gaelle Le Roy et bien d'autres dont les auteurs du retentissant Kamerun - Jacob Tatsita, Thomas Deltombe, Manuel Domergue - livre noir de la guerre cachée de la France au Cameroun, contribuent à l'éveil. Que dire de tous ces héros et auteurs qui ont payé de leurs vies et carrières?

Vous êtes plus de 70.000. Alors, savez-vous qu'en vous abonnant à 10 euros seulement, vous sortirez Justin Tagouh des griffes d'Obiang Nguéma ou d'Idriss Deby, en donnant à cette chaîne les moyens d'être indépendante ? On ne troque pas l'oppression coloniale contre la férule des despotes!

Vous êtes plus de 70.000. Alors, savez-vous qu'ensemble, les africains peuvent financer la formation et soutenir le recrutement de journalistes d'investigation, sérieux, courageux, fiers et dévoués à l'Afrique. Mériter de ces libertés que nous chérissons et défendons.

Comme répondait un philosophe des temps anciens au sujet de l'amitié, je préfère la vérité à mon ami. Ce n'est donc pas la peine de solliciter mon soutien si nous n'avons pas la capacité de nous regarder dans un miroir.
Jules Njawé & Co, révolutionnaires ? Une chimère qu'il nous faut corriger. ENSEMBLE!

Allions aux mobilisations virtuelles, la pérennité et le sens de l'organisation. Nous savons boire le champagne des français, faisons donc pétiller notre intelligence collective ! Quand le cœur bat, c'est au cerveau de l'ordonner...

Par Abdelaziz Moundé