Cameroun : la Suisse, Paul Biya et le dialogue

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par Correspondance
« Nous dénonçons donc avec la plus grande vigueur cette démarche non inclusive qui laisse de côté les principales parties prenantes ainsi que les forces vives de la nation camerounaise dans la mesure où elle privilégie les individus au détriment des peuples concernés. » | © Photo admin.ch

Nous avons appris d’un communiqué de presse de la DFAE publié le 27.06.2019 que la Suisse avait accepté de jouer le rôle de facilitateur dans la crise du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun.

 À la demande des autorités camerounaises pour conduire la médiation entre ces dernières et divers groupes indépendantistes du Cameroun anglophone.

Selon la même source, une deuxième réunion préparatoire a eu lieu en Suisse du 25 au 27 juin 2019 à Saint Luc dans le canton du Valais.

Un tel processus, qui porte pourtant sur une question essentielle, en l’occurrence la nature future de l’État camerounais, semble avoir été mis en route alors que les véritables acteurs civils de la crise anglophone sont actuellement poursuivis devant les tribunaux militaires et/ou séquestrés dans des cachots militaires et civils disséminés sur le territoire camerounais.

Nous dénonçons donc avec la plus grande vigueur cette démarche non inclusive qui laisse de côté les principales parties prenantes ainsi que les forces vives de la nation camerounaise dans la mesure où elle privilégie les individus au détriment des peuples concernés.

Il nous semble illusoire d’entamer un quelconque dialogue sans l’implication de toutes les composantes du peuple camerounais dont certains sont actuellement illégalement détenus pour des motifs politiques à l’instar de M. Ayuk Tabe et ses camarades, Mancho Bibixy et compagnie, Maurice Kamto et les membres de sa coalition politique, etc.

Il est également illusoire de penser qu’un dialogue fructueux puisse avoir lieu sans les préalables que sont selon nous l’instauration d’un cessez-le feu, une désescalade armée ainsi que la mise en place d’un mécanisme visant à venir en aide aux déplacés de guerre.

Nous rappelons au médiateur désigné unilatéralement par une des parties prenantes, que l’organisation d’un dialogue en vue de résoudre la crise anglophone ne saurait se faire sans la participation des organisations de la diaspora camerounaise qui œuvrent depuis longtemps pour un changement démocratique au Cameroun. Il en est ainsi de la BAS, du CCT, du CCD, du CODE, etc.

Nous enjoignons donc les autorités suisses impliquées dans cette médiation, à exiger des parties la tenue d’un dialogue inclusif faisant appel à l’ensemble des composantes de la nation camerounaise.

Fait à Genève le 08 juillet 2019

Pour la BRIGARDE Anti-sardinard SUISSE