Cameroun : Cache d’armes, le film de la perquisition chez la belle-mère du frère de Marafa

Exemple de bannière pour articles
par l'Oeil du Sahel, Cameroun
Marafa Hamidou Yaya, ancien ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), et ancien secrétaire général de la présidence de la République, est écroué depuis 2012 à la prison centrale de Yaoundé, puis transféré au SED où il est toujours détenu. | © Photo archives

Cette dernière veut porter plainte contre les éléments de la police à l’origine de cette « descente illégale ».

Les faits se déroulent au petit matin du 25 juillet dernier à Yaoundé, quartier Ngousso-Ngoulemekong.

Aux environs de 05 heures du matin, tels de malfrats, 21 agents de forces et maintien de l’ordre se sont introduits, en escaladant la clôture, dans le domicile de la «belle-mère» de Marafa Hamidou Yaya, ancien ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), et ancien secrétaire général de la présidence de la République, écroué depuis 2012 à la prison centrale de Yaoundé, puis transféré au S ED où il est toujours détenu.

Dame Hélène Mpande qui réside en ces lieux, est en réalité la génitrice de Jolie Bidjang, compagne d’Amadou Maïgari, frère cadet de l’ex secrétaire général à la présidence de la République.

Pour les 02 commissaires de police, l’officier, les 08 inspecteurs et la dizaine de gardiens de la paix qui les accompagnaient, il était question de retrouver des armes, présumées importées depuis sa cellule par Marafa et qui y auraient été stockées.

La descente musclée ferait suite à une dénonciation, via « une note de renseignement parvenue au délégué général à la sûreté nationale (Dgsn) Martin Mbarga Nguélé, qui aurait laissé entrevoir des soupçons d’importations d’armes par Marafa Hamidou Yaya».

Pourtant, sur les lieux, interrogés, les policiers répondront à un habitant de la maison, qu’ils seraient «à la recherche de choses et objets qui ne sont pas bien».

Une attitude qui n’a fait que renforcer la peur et le courroux des habitants dudit domicile qui ne savaient exactement dans quel cadre situer cette perquisition d’un autre genre, effectué sans mandat, encore moins de précisions sur l’objet de leur recherche.

Toujours est-il que, le domicile entre 5 h et 7 h du matin, a été mis à sac. Tout, ou presque, y a été retourné. De l’aveu d’un des fils de la concernée, «Les plafonds ont été éventrés, les fils électriques arrachés, tous les meubles, matelas, placards retournés! Même les dalles des caniveaux ont été déplacées! Les policiers ont escaladé le mur à 5 h du matin! Aujourd’hui vous parlez du nouveau code de procédures pénales ! »

Des actes qui ont laissé des traces sur les habitants des lieux, et précisément dame Mpande qui : «est aujourd’hui traumatisée. Elle ne dort plus. Elle sursaute au moindre bruit dans la nuit. Elle affronte aussi le regard méfiant des voisins après cette opération policière d’ampleur. La maison n’est plus en sécurité depuis ce jour-là, son portail a été démonté. Pourtant, elle était déjà malade avant cette opération et suivait un traitement».

Or, les résultats de cette fouille minutieuse et barbare n’ont permis de retrouver qu’un fusil de chasse. Un bien modeste butin retrouvé chez des propriétaires en règle avec l’administration. Mais, une fois les esprits retrouvés, les propriétaires des lieux ont déploré la perte de téléphones et d’importantes sommes d’argent.

Alerté, le Dgsn aurait fait à dame Mpande la promesse de la recevoir, question pour elle de «dénoncer les agissements de ces policiers qui, lors de leur passage chez elle n’avaient aucun document de justice pour cette perquisition barbare».

Seulement, elle continue d’attendre et rien ne semble se préciser.

Elle envisage néanmoins, le moment venu, avec l’aide de son avocat, de « porter l’affaire devant les tribunaux et faire comparaître tous les policiers responsables de cet acte odieux. Elle, étant en possession de la liste exhaustive de leurs noms, grades et pour certains, leur numéro de téléphone».

Source : L'Oeil du Sahel n°1250