Cameroun : Tortures, des éléments des services de renseignement se disent prêts à donner des noms

Exemple de bannière pour articles
par BB
Le sous officier PHILÉMON MENGONG. Lors des auditions des marcheurs et prisonniers au SED il leur interdisait de prononcer la phrase "j'ai besoin de mon avocat" et leur rappelait qu'il était périlleux de défier Paul Biya. Son rôle secondaire était de faire appel aux tortionnaires en chef les nommés BABA LIMANE et ALO'O MBA pour obtenir des aveux. | © Photo AI

Flashback sur ce soir du 22 juillet 2019 où le vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition) Mamadou Mota a été violemment interpelé.

D’après les renseignements très crédibles des éléments de la Direction générale des renseignements extérieurs (DGRE) et du Groupement polyvalent d’intervention de la gendarmerie nationale (GPIGN) ont identifié le geôlier en faction ce soir au Bureau Intérieur de la Prison Centrale de Yaoundé, lequel est l'auteur des actes de violences sauvages qui ont causé de nombreuses blessures sur le crâne de l'infortuné.

De même, les quatre éléments du contingent du GPIGN chargés d’exfiltrer Mamadou Mota jusqu'au SED et qui, chemin faisant l'ont plutôt ligoté et frappé sévèrement au point de fracturer son bras gauche aujourd'hui sous plâtre, sont eux-aussi d'ores et déjà identifiés.

En effet, selon les mêmes sources, les quatre éléments du GPIGN qui étaient chargés de l'escorte de l'ancien Premier Ministre Inoni Ephrain et du Vice-président du MRC, ont extrait ce dernier de la cabine du véhicule Pickup de la gendarmerie nationale pour l'arrière où pendant l'escorte il subira injures et violences physiques notamment des coups de matraque et des bottes sur le crâne et la nuque.

Ainsi au delà, Mamadou Mota était d’abord à l’intérieur du pickup avant d’être extrait afin d’être tabassé sauvagement à l’extérieur du Pickup par les éléments du GPIGN.

Par ailleurs, le Lieutenant Alo'o qui connaît nommément les éléments qui ont isolé et affamé sciemment Mamadou Mota pendant trois jours, s'est trouvé contraint de livrer ces officiers de la gendarmerie nationale sans foi ni loi, qui se sont livrés à des actes de tortures inimaginables sur une centaine environ de détenus exfiltrés ce jour au SED suite aux mutineries de Kondengui.

Cette dénonciation a créé une déchirure dans l'armée où deux factions s'opposent véhément. D'un côté les tortionnaires et de l'autre côté ceux des officiers et sous-officiers qui appellent au respect des droits de l’homme et de la dignité de l'être humain, notamment Mamadou Mota, qui loin d'être présenté par le régime comme un révolutionnaire, est devenu la figure emblématique de la lutte pour le changement au Cameroun dont l'image nue, a fait couler beaucoup d'encre et de salive de part le monde.

D'ailleurs, les images de Mamadou Mota aujourd’hui appelé dans certains milieux “ le lion du septentrion” ont suscité l’indignation de plusieurs hauts gradés de l'armée, au cours des réunions stratégiques.

Rien n’est fini tant que ce n’est pas fini.

BORIS BERTOLT