Cameroun : Crise anglophone, alerte génocide...

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par Michel Biem Tong
Ce n’est donc pas par hasard que le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a déclaré que l’Etat a lui-même la possibilité d’assurer l’action humanitaire pour sa population sans avoir besoin des organismes nationaux et internationaux en la matière. | © Photo archives

Derrière le « don » du couple présidentiel aux déplacés internes de la crise anglophone, se cache une opération militaire d’envergure baptisée « nettoyage.»

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Le fait a échappé à plusieurs observateurs. Samedi 28 décembre dernier, une centaine de camions militaires remplis de denrées alimentaires et autres étaient stationnés à l’esplanade de l’hôtel de ville de Yaoundé.

Un don du couple présidentiel aux déplacés internes de la crise anglophone à l’occasion des fêtes de fin d’année, nous a-t-on dit.

Curieusement, aucun déplacé interne (il y en a pourtant à Yaoundé et dans les environs !) présent en ces lieux pour recevoir ces dons. Et la fête de Nöel a déjà été célébrée.

En réalité, de sources bien informées, le « don » du couple présidentiel aux déplacés internes de la crise anglophone cache une opération militaire d’envergure baptisée « Opération Nettoyage ».

D’après nos informateurs, le pouvoir de Yaoundé veut utiliser le prétexte de l’action humanitaire en faveur des déplacés internes du conflit anglophone pour y acheminer de l’armement lourd, engager des opérations militaires qui ne cibleront pas seulement les groupes armés.

De nos sources dignes de foi, il ressort que le régime de Paul Biya veut « tout nettoyer » dans les régions anglophones du Cameroun (Southern Cameroons) afin non seulement que s’y tiennent les élections législative et municipale le 9 février prochain mais aussi que le statut spécial accordé à ces deux régions y soit appliqué.

Ceci permettra, a renchérit nos informateurs, d’éviter une intervention des Nations Unies qui aura constaté que les élections locales ne peuvent s’y tenir.

Ce n’est donc pas par hasard que le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, au cours d’une conférence de presse tenue à Yaoundé le même samedi 28 décembre, a voulu dire à la presse que l’Etat a lui-même la possibilité d’assurer l’action humanitaire pour sa population sans avoir besoin des organismes nationaux et internationaux en la matière.

L’accusation formulée par le ministre selon laquelle le véhicule d’une agence onusienne a été saisi par les services de sécurité avec un « terroriste » recherché et des armes n’a rien de fortuite non plus. Il faut trouver le prétexte pour mettre les agences humanitaires à l’écart de ce qui va arriver.

Le Cameroun a de véritables hors-la-loi et brigands à sa tête. Au lieu de s’asseoir sur une table de négociations pour une sortie de crise avec les séparatistes comme ils y sont exhortés par la communauté internationale depuis plusieurs mois aujourd’hui, Paul Biya et les faucons qui l’entourent utilisent le prétexte de l’action humanitaire en faveur des déplacés internes pour, à l’arrière du décor, commettre plus de dégâts encore au sein de la population civile qu’ils en ont déjà commis depuis le déclenchement de cette guerre le 30 novembre 2017.

L’opinion internationale est donc prise à témoin sur ce qui se prépare en zone anglophone.

Michel Biem Tong, journaliste web en exil