Cameroun : Il était une fois, SUCCESS NKONGHO

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par Michel Biem Tong
Le régime de Biya et des organes de presse à sa solde nous présentent l’escroc, « bonbon pasteur », feyman et mythomane Success Nkongho comme un farouche combattant séparatiste repenti. | © Photo archives

Un voyou recruté par le régime Biya pour rouler les camerounais et l’opinion internationale dans la farine. 

Le régime de Biya et des organes de presse à sa solde nous présentent l’escroc, « bonbon pasteur », feyman et mythomane Success Nkongho comme un farouche combattant séparatiste repenti.

Nul n’a pourtant vu une seule photo ou une vidéo de Success Nkongho le montrant avec une arme, à la tête d’un quelconque groupe armé. Rien d’anormal pour qui connaît la République du Cameroun où prospèrent des imposteurs et toute sorte de personnes à la moralité douteuse.

Ce que les Camerounais ignorent où feignent d’ignorer à propos de Success Nkongho est qu’il s’agit d’un personnage qui ne vit que du mensonge et de l’escroquerie.

La crise anglophone qui a éclatée en octobre 2016 a donné l’occasion à ce patron d’une agence de trafic d’esclaves pour le Koweït de s’en mettre plein les poches.

C’est ainsi que début 2017, Success entre en contact avec la présidence de la République pour infiltrer le mouvement de revendication anglophone dès son éclatement.

Mais avant d’en arriver à son rôle néfaste au sein de la révolution anglophone, commençons par dire aux Camerounais pourquoi Success Nkongho s’en prend à la Fondation Paul Ayah Abine.

En effet, c’est depuis 2013 que le pasteur-escroc Success Nkongho tourne autour du magistrat à la retraite Paul Ayah Abine. En janvier 2015, soit quelques semaines après que Paul Ayah Abine ait été nommé avocat général à la Cour suprême à l’issue du Conseil supérieur de la magistrature du 18 décembre 2014, Success Nkongho se rend au domicile du magistrat à Yaoundé.

En réalité, l’objectif de Success Nkongho était de se servir de Paul Ayah Abine comme couverture pour ses activités illicites. Success Nkongho va proposer à Paul Ayah Abine de lui confectionner des cartes de visite en le couvrant d’éloges et en promettant de prier pour lui en tant que pasteur.

Ce que Paul Ayah Abine va accepter parce que n’y trouvant aucun inconvénient. Une fois les cartes de visites confectionnées des semaines plus tard, Success va remettre une centaine de copies au magistrat Ayah Abine et conserver une partie. Devinez pourquoi ?

Success Nkongho utilisait ces cartes de visite pour escroquer des personnes qui avaient des affaires en justice en leur promettant de faire rapidement enrôler leurs affaires en tant que « proche collaborateur de l’avocat général Paul Ayah Abine ».

Ces cartes de visite lui permettaient également d’échapper aux poursuites judiciaires ou aux interpellations de la police qui baissait la garde en voyant le nom du magistrat Ayah Abine sur la carte de visite brandie par Success Nkongho.

Ayant réussi à se retrouver dans l’environnement immédiat d’Ayah Abine, il sera nommé chargé des relations publiques de l’association Justice For All créé par le magistrat quelques mois après l’éclatement de la crise anglophone le 21 octobre 2016.

Lorsque la liste des membres de l’association est rendue publique sur Facebook, un certain Prophet Fon depuis Bamenda et un autre jeune garçon revenu de Dubaï vont brandir une plainte contre Success Nkongho pour escroquerie, laquelle porte sur un montant de plus de 20 millions de FCFA. Il s’agit d’une somme d’argent encaissée par le pasteur contre promesse de faire voyager des jeunes pour le Koweït.

Les victimes vont d’ailleurs rencontrer à Yaoundé, Ayah Ayah Abine, le fils de l’autre et membre de l’association, pour lui en faire part.

Voilà donc ce qui vaut toutes les flèches de Success Nkongho sur le dos de la Fondation Ayah Abine. C’est bien parce qu’il est bien connu au sein de la famille du magistrat comme un feyman et un personnage de moralité douteuse.

C’est ce même individu qui va conclure un deal avec le pouvoir de Yaoundé pour espionner Sisiku Ayuk Tabe, originaire comme lui d’Eyumojock, dans le sud-ouest anglophone et casser la révolte anglophone.

C’est ainsi que lors du conclave du 21 juillet 2017 au cours duquel Ayuk Tabe a été porté à la tête du Southern Cameroons Ambazonian Council United Front (SCACUF), Success Nkongho était présent lors des travaux.

Lorsque ce dernier déclare aux confrères d’Agence Cameroun presse (ACP) qu’il est celui qui a proposé Ayuk Tabe à la tête du SCACUF, c’est à se demander si c’est encore lui qui a déterminé le vote de la majorité des membres en faveur d’Ayuk Tabe.

Lorsque Julius Ayuk Tabe et 9 membres de son gouvernement intérimaire de l’ « Ambazonie » sont enlevés le 5 janvier par les services secrets nigérians au Nera Hotel, Success Nkongho était présent ce jour-là à cet hôtel.

C’est lui qui a organisé cette réunion au cours de laquelle Sisiku et Co ont été kidnappés et remis deux semaines plus tard aux autorités de Yaoundé.

C’est sans doute lui qui communiquait aux services secrets camerounais et nigérians tous les mouvements d’Ayuk. Une fois sa mission accomplie, Success Nkongho disparait dans la nature pour replonger dans ses activités d’escroquerie à l’instar de cette promesse de visa sud-africain faite à une dame qui lui a versé plus de 10 millions de naïras. Aucune trace du visa en question.

Le Cameroun est vraiment une République complètement à la dérive avec à sa tête des délinquants de grand chemin. Voilà donc un individu à qui le pouvoir de Yaoundé déroule le tapis rouge en le présentant comme un « séparatiste repenti » alors qu’il a été un serpent qui mordait silencieusement la révolution anglophone au profit de ce pouvoir-là.

Voilà comment de l’argent du contribuable camerounais est versé à un escroc pour aller ramasser des camerounais francophones et des nigérians désœuvrés au Nigéria et au Bénin (y compris Olu, son chauffeur nigérian) et les faire passer pour des réfugiés camerounais revenus à la mère patrie, à leur arrivée à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen.

Et les Camerounais applaudissent en poussant des ouf de soulagement : « Enfin, la paix revient ! ». Comme quoi, pour masquer son échec cuisant sur le front de guerre en zone anglophone, le régime Biya est obligé de vendre le rêve d’un retour à la normale aux Camerounais et à la communauté internationale.

Le drame est qu’il n’y a pas jusqu’à une certaine presse camerounaise qui ne succombe aux paroles flatteuses de ce spécialiste des boniments appelé Success Nkongho, qui vend l’illusion d’une capacité à ramener la paix en zone anglophone, l’illusion d’une parfaite connaissance de l’ « Inside Ambazonia » alors qu’il en a été éloigné des réalités.

Il n’y a visiblement qu’au Cameroun où des individus sortis de la pègre sont des apôtres de la vérité.

Que les Camerounais sachent qu’autant Success Nkongho vit et carbure grâce à son talent d’escroc, autant il est en train d’escroquer le contribuable camerounais, avec la complicité du régime maudit de Yaoundé.

Par Michel Biem Tong, journaliste web en exil