Cameroun : attentat à la bombe du 8 mars à Bamenda, Yaoundé était au courant

Exemple de bannière pour articles
par Michel Biem Tong
D’après nos sources proches de la Présidence, planter deux explosifs sur le lieu de la célébration de la journée internationale de la femme à Bamenda a été une idée du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, qui a fait cette suggestion à la présidence de la République. | © Photo archives

Au cours d’une émission diffusée ce lundi 9 mars 2020 sur ABC Amba TV, la chaîne de télévision proche des indépendantistes anglophones, un invité de Chris Anu, a été présenté comme le responsable du Conseil national de la sécurité du comté (département) du Ngoketunja, dans le nord-ouest anglophone du Cameroun (ou nord du Southern Cameroons).

Il a revendiqué l’attentat à la bombe survenu ce 8 mars à la place des fêtes de Bamenda, lors de la célébration de la journée internationale de la femme. L'attentat a tué 1 militaire et blessé 4 autres, 2 policiers et un civil.

Nous nous serions arrêtés à ce niveau si:

(1) la position du gouvernement indépendantiste anglophone ne présentait pas quelques curiosités;

(2) si nous n’avions pas reçu des informations classées ultra-confidentielles des sources proches de la présidence de la République à Yaoundé au sujet de cet incident.

En effet, il est curieux que ce soit le responsable de la sécurité du Ngoketunja qui revendique une attaque survenue à Bamenda qui est situé plutôt dans la Mezam.

Par ailleurs, l’engin explosif utilisé, de sources sécuritaires, n’était pas artisanal mais électronique avec un chrono avec lequel il est possible de programmer l’heure de l’explosion.

Une technologie dont ne disposent pas les forces indépendantistes anglophones qui, dans le Lebialem (sud-ouest anglophone) par exemple, utilisent des « Lefangse », des explosifs de fabrication artisanale.

D’après nos sources proches de la Présidence, planter deux explosifs sur le lieu de la célébration de la journée internationale de la femme à Bamenda a été une idée du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, qui a fait cette suggestion à la présidence de la République.

La mise à exécution de ce plan devait être supervisée sur place par le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique et le commandant de la région militaire interarmée N°5, Général Nka Valère.

Il nous revient de ces sources bien introduites que l’objectif de ce plan machiavélique était que l’engin explose dans un milieu plein de femmes et que la communauté internationale s’émeuvent par la suite du carnage orchestré par les indépendantistes anglophones qui ont quelques jours plus tôt, appelé au boycott de la célébration du 8 mars.

Mais le plan va échouer car non seulement les femmes ne seront pas nombreuses à la cérémonie et celles qui étaient présentes en très petit nombre ne se trouvaient pas là où les engins explosifs ont été plantés. Conséquence, ce sont les hommes en tenue (dont les militaires et des policiers) et un civil qui vont en payer le prix.

Pendant que les informations circulaient sur les réseaux sociaux, certains agents du pouvoir de Yaoundé ont annoncé l’arrestation de 3 présumés responsables de cet attentat pour brouiller les pistes.

Ce qui, d’après nos sources, est archifaux. Il s’agit d’un commerçant nigérian qui est venu éteindre les flammes qui léchaient sa boutique au lieu-dit Commercial Avenue.

Accompagné de ses deux enfants, il va être interpellé par la police pour identification, avant d’être relâché après avoir payé une forte somme d’argent.

Yaoundé était donc parfaitement au courant de cette explosion de grenade chronométrée. Voilà pourquoi au moment de l’explosion, le gouverneur du Nord-Ouest, Lele Lafrique a continué imperturbablement son discours de circonstance lors de la cérémonie à la place des fêtes de Bamenda.

Le plan a donc tout simplement connu un échec. Heureusement pour ces dames qui ont choisi de rester chez elles où de se trouver loin du lieu où ces grenades au chrono ont été plantées.

Par Michel Biem Tong, journaliste web en exil