Présidentielles, une autre réunion de l'UE convoquée par les amis français du dictateur Sassou

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par Rigobert OSSEBI
Denis Sassou Nguesso compte beaucoup d’amis à Bruxelles. Louis Michel en est assurément un, et des plus fidèles. ǀ © Photo ubmnews.com (archives)

Réunion extraordinaire sur la dictature de Sassou-Nguesso au Parlement Européen à Bruxelles, ce mercredi 24 février 2016.

Il ne fait pas l’ombre d’un doute que le communiqué, pondu ce 19 février par l’Union Européenne Action Extérieure, a comblé de joie le tyran de Mpila, Denis Sassou Nguesso.

L’Europe, grande puissance économique, vient encore une fois se montrer naine politique devant le général- insti-tueur, dicta-tueur et boucher à ses heures

. L’autoroute est toute tracée pour son troisième putsch constitutionnel et pour une présidence à vie, même s’il doit instaurer un péage sanglant pour y accéder comme ceux qui prévalent maintenant au Burundi et en Ouganda.

 La dictature de Brazzaville par le biais de son porte-parole Thierry Moungala a déclaré sur les ondes de RFI ce 22 février « en adoptant cette position, l’Union Européenne n’aura aucun droit de regard sur les résultats du scrutin »

Malgré cela, à Bruxelles, réseaux et responsables « Afrique » ne souhaiteraient pas endosser les risques d’une probable confrontation au Congo. Si la Délégation de l’Union Européenne à Brazzaville, menée par Madame Saskia DE LANG, travaille en étroite collaboration avec les trois Etats membres de l’Union européenne représentés par une Ambassade au Congo Brazzaville (Belgique, France, Italie), ce sont bien les vues de ces trois derniers Etats qui tentent de prévaloir dans les décisions qui seront prises, ou pas, au siège de l’Union.

Louis Michel, ancien Commissaire, maintenant député européen et père du Premier Ministre belge Charles Michel, a convoqué pour mercredi prochain, 24 février, une réunion exceptionnelle sur la situation politique et chaotique au Congo-Brazzaville.

Aucun détail n’a encore été donné sur l’objet réel, simplement une convocation des députés de la commission en charge du développement.

Denis Sassou Nguesso compte beaucoup d’amis à Bruxelles. Louis Michel en est assurément un, et des plus fidèles.

Ce dernier disait en 2015, au sujet de la volonté de Pierre Nkurunziza, du Burundi, de se présenter à un troisième mandat, que ce serait contraire aux accords d’Arusha.

De plus, il demandait à l’Union européenne de ne pas reconnaître les élections organisées de manière illégale. Il ajoutait qu’il faut exiger la fin de la répression des opposants et rouvrir les médias indépendants afin de permettre le retour des chefs de l’opposition.

 Il demandait aussi le gel des comptes bancaires des responsables de la répression contre les manifestants. Impossible de trouver des propos similaires à l’égard du tyran-dictateur, son ami, au pouvoir à Brazzaville.

Les amis italiens de ce dernier sont aussi particulièrement bien représentés à l’Union européenne. Le Premier Ministre italien, Matteo Renzi, y a placé Federica Mogherini la puissante Haute Représentante pour les Affaires Etrangères et pour la Sécurité et Vice Présidente de la Commission Européenne.

L’Italie, faut-il le rappeler, grâce à l’excellence des relations entre le président congolais et son partenaire ENI, enregistre des réserves pétrolières 3 à 4 fois supérieures à celles du Français TOTAL.

Aussi certains représentants de Groupes européens, comme Guy Verhofstadt, eurodéputé, et président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), ont été vus fréquemment à Brazzaville au côté du dictateur notamment à l’occasion des forums bidon hors de prix qu’il avait organisés.

Ces derniers jours, une demande avait été faite à l’UE, par des députés, d’envoyer au Congo des observateurs. Selon certaines sources, la requête aurait été refusée.

De plus, ces lobbies européens pro-Sassou, dont il ne faut pas exclure les nouvelles amitiés socialistes du dictateur (Manuel Valls, Anne Hidalgo et François Hollande), ont été quelque peu agacés par les initiatives répétées, à Bruxelles, du Vice Président du Front National et Député européen Louis Alliot en faveur de l’opposition congolaise et relayées par le Député Gilbert Collard, Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, notamment le 9 janvier lors d’une conférence à l’Assemblée Nationale à Paris. Dans ces conditions, il y aura peu de chance pour qu’une majorité se prononce pour un texte trop engagé qui irait rejoindre les demandes de ces derniers…

Premier bailleur en République du Congo, l’Union européenne poursuivra son implication, au côté du dictateur, à travers le 11ème Fonds européen de Développement qui couvre la période 2014-2020 en orientant son aide dans les domaines de gouvernance économique (sic) et commerciale (sic) et du développement local (et resic) dans un pays totalement livré à un gang mafieux familial

C’est à croire que l’Union Européenne est impatiente de voir déferler sur ses côtes des hordes de nouveaux migrants venus d’Afrique et du Congo.

Du moment que cela fait plaisir au grand ami Sassou et peu importe qu’il fasse encore couler le sang… !

Rigobert OSSEBI, congo-liberty.com