Crise anglophone : Une soixante de personnes exécutées en quelques minutes

par Africa Info
Une soixante de personnes exécutées en quelques minutes. | © Photo AI

La nuit du 3 au 4 février a été particulièrement mouvementée dans les régions anglophones qui se plaignent de leur marginalisation par les francophones.

"Une soixante de personnes ont été exécutées cette nuit des différentes localités du Nord-ouest et du Sud-ouest par des militaires en majorité des bétis", a informé une source sécuritaire sous anonymat et présent sur le théâtre du génocide.
"C’est un véritable pogrom qui se passe depuis quelques heures dans cette partie du Cameroun”, a-t-il ajouté, craignant d’autres exécutions sommaires dans les prochains jours.
Une cinquantaine de véhicules blindés et armes d’assaut ont été déployés hier par le régime en place a Yaoundé dans les régions anglophones et plus précisément dans la localité de Bole, département de la Mémé dans le Sud-Ouest.
"Belo est au bord du génocide. Des militaires betis venus de Yaoundé tuent des gens comme des poulets", a confié a Africa Info un témoin sur place.
"Des tirs d’artillerie lourde retentissent actuellement à Bamenda (capitale de la région du Nord-Ouest, ndlr) ", a-t-il ajouté.
Selon des sources humanitaires, hier dans la localité de Batibo dans la région du Sud-Ouest, des militaires ont pillé et saccagé des biens des civils non armés, les contraignant a se réfugier dans les forêts.
Les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest sont plongées depuis bientôt un an dans une guerre civile voulue et alimentée par le président camerounais Paul Biya, au pouvoir depuis 36 ans.
En lieu et place du dialogue tel que souhaité par la communauté internationale avec les indépendantistes anglophones, le pouvoir en place a montré des muscles.
La situation s’est détériorée sur le terrain militaire ces derniers jours avec le kidnapping des leaders indépendantistes dans un hôtel à Abuja, la capitale nigériane. Un kidnapping minutieusement ourdi par Paul Biya et plus précisément le ministre camerounais de la décentralisation Réné Emmanuel Sadi, avec la complicité des services secrets nigérians que les organisations internationales des droits de l’homme soupçonnent d’avoir été corrompus.
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