La destruction du Cameroun par le régime Biya est pire que ce que l’on peut s’imaginer...

par Laziz Nchare
Le général Nouma limogé comme commandant des forces militaires dans les zones anglophones signalent une détérioration de la situation sans précédent avec des soldats qui y tombent chaque tombe sur les champs de guerre. | © Photo archives

Tellement les scandales se succèdent et ne choquent plus les Camerounais incrédules.

L’unique pays au monde où l’on a 22 000 fonctionnaires fictifs, et des prisons bourrées de fonctionnaires devenus des criminels financiers.

Les Camerounais sont par conséquent distraits par la récurrence des scandales financiers qu’ils ont perdu de vue la sévérité de la destruction du Cameroun par Paul Biya et ses complices au sein du RDPC.

Le danger immédiat et urgent c’est “la guerre anglophone”. C’est parti d’une crise banalisée de “crise anglophone” que les universitaires faméliques de Biya, par mimétismes ou par escroquerie intellectuelle ont longtemps décrite comme n’existant pas du tout. T

out en minimisant la gravité de cette crise dans le NO et le SO, les faucons du RDPC ont cyniquement radicalisé “les fédéralistes” transformés en “sécessionnistes” et puis “en Ambazionia fighters”.

Le général Nouma limogé comme commandant des forces militaires dans les zones anglophones signalent un détérioration de la situation sans précédent avec des soldats qui y tombent chaque jour sur les champs de guerre.

Quand j’ai commencé à dénoncer la guerre contre Boko Haram au Nord du Cameroun, les incursions des forces Seleka et anti Balaka a l’Est et maintenant la guerre dans le NO et les SO comme des signes avant coureurs de la CHUTE LOINTAINE mais certaine du régime Biya, d’aucuns m’ont jugés d’excessif, d’incitateur à la rébellion et pire de terroristes.

Or, c’est fort d’une analyse profonde de la fragilité de l’armée Camerounaise et des sérieux problèmes de gestions dans les finances publiques que je suis parvenus à cette conclusion.

Depuis 2011, Biya a manqué d’audace de procéder à une refonte et une réforme profonde de la forme de l’état bardé des fonctionnaires fictifs.

Cela a conduit naturellement au plan d’ajustement structurel en 2017 à la veille d’une échéance électorale. Or sachant que “celui qui dirige le Cameroun” est choisi par “la France” et non par le peuple Camerounais, on comprend mieux la psychose du régime Biya face à ses parrains occidentaux. Une fois que Biya sera lâché par l’Occident, ses finances publiques seront bloquées et l’armée n’aura pas de salaire. La grogne sociale sera telle que Biya sera forcé de jeter l’éponge.

Le régime Biya a longtemps misé sur une politique d’intimidation à travers ce qui convient de décrire comme la doctrine de la dominance absolue de Biya sur tout l’appareil de l’état.

C’est dans ce contexte de présidence absolu que Biya a trop longtemps usé de la force aveugle pour matter les poches de résistance et les frondes.

Or, l’armée sur laquelle repose le pouvoir absolu de Biya est gangrenée par la corruption de ses officiers supérieurs. L’on peut nommer plusieurs officiers corrupts, et aucun de ces officiers n’est valablement efficace ou patriote. Quand un général ose dire la vérité, il est automatiquement limogé, ce qui ruine le moral de nos troupes.

Le Cameroun a en réalité une espèce d’armée fantôme. C’est quoi en réalité?

Une armée corrompu a des “Soldats fantômes”. Retenez qu’il y a une corrélation entre la corruption au sommet de l’administration et ses ramifications à travers tout le système de l’incompétence.

Lorsque les chefs encouragent et promeuvent les subordonnés corrompus, puis les protègent des conséquences de leurs crimes et de leur faible performance dans leur devoir, cela engendre une désobéissance corrosive au sein de la grande muette.

Les compétents sont ainsi contaminés par la médiocrité généralisée qui fragilise tout l’appareil sécuritaire de l’état.

Est ce donc une surprise que l’armée Camerounaise soit entrain de perdre la guerre au SO et au SO face a des rebelles séparatistes moins équipés et moins organisés que l’armée régulière?

Cela nous rappelle la défaite de l’armée Américaine au Vietnam et en Iraq. En réalité, la raison pour laquelle toute armée régulière perd une guerre d’occupation face à une rébellion pauvre et moins équipée, mais disciplinée et nationaliste, c’est la “corruption endémique” au sein des forces loyalistes.

Biya a déclaré la guerre au NO et au SO sans comprendre la nature de ses ennemis dans la zone et encore moins celle de son allié, le Nigeria.

D’après Sun Tzu, le premier objectif de l’intelligence est de “connaître votre ennemi”. Biya a commis l’erreur de ne pas commettre aussi la nature de ses alliés dans la crise anglophone.

Les faucons du régime RDPC dans leur arrogance ont dangereusement sous estimé la résilience des forces rebelles dans le NO et le SO du Cameroun. On s’est naïvement conforté dans l’idée que les forces de protection comme le BIR étaient mieux préparer pour écraser la rébellion dans son bastion à travers une guerre totale et sans aucun ménagement.

Cette vision m’a semblé être une voeux pieux et utopique à la limite de l’illusion. L’état Camerounais est pris au piège dans la guerre anglophone à la veille d’une élection présidentielle.

La bonne question pour l’heure est de savoir s’il est sérieux d’organiser une élection présidentielle dans un pays en guerre? Si la réponse est positive, qui peut nous expliquer comment il sera possible de mener une campagne électorale dans le NO et le SO où l’on égorge des soldats armés?

Et ces villages entiers brûlés où les populations ont fuit vers le Nigeria, comment pourra-t-on gérer leurs suffrages. Et si la réponse c’est non, quel légitimité aura le président élu sur tout le pays quand l’on sait que 20% du pays vit en situation de guerre, et les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour tenir une élection.

Dans dans ce cadre que les mouvements contestataires qui envisagent de chasser le régime Biya risquent saler la note pour le régime. Si Yaoundé est paralysé par les grèves à cause de l’assèchement des coffres de l’état, le siège des institution vivra ses cauchemars pires que les villes mortes.

C’est donc dans ce contexte frileux qu’il faut essayer d’envisager l’année 2018. Biya et ses griots auront ils les moyens et le courage de tuer autant de Camerounais pour s’accrocher au pouvoir?

Laziz Nchare.