L'ambassadrice américaine aux Nations Unies charge le régime Biya

par Jean Marc Soboth
Dans un véritable chef d’accusation, elle a demandé au régime Biya d'arrêter immédiatement de réprimer les populations civiles, de respecter les droits de l'homme, la liberté d'expression et, surtout, de mener des "enquêtes crédibles" sur les allégations de massacres de civils dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest du pays. | © Photo archives

L'ambassadrice américaine aux Nations Unies, la Républicaine Nikki Haley, a mené une charge sans précédent contre le régime Biya dans le cadre de la crise Anglophone au Cameroun.

L'ambassadrice américaine aux Nations Unies, la Républicaine Nikki Haley, a mené hier, vendredi 1er juin 2018, pour la première fois, une charge sans précédent contre le régime Biya dans le cadre de la crise Anglophone au Cameroun.

Dans un véritable chef d’accusation, elle a demandé au régime Biya d'arrêter immédiatement de réprimer les populations civiles, de respecter les droits de l'homme, la liberté d'expression et, surtout, de mener des "enquêtes crédibles" sur les allégations de massacres de civils dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest du pays.

La représentante des États-Unis a notamment exigé la libération des détenus. L'année dernière, lorsque la diplomate américaine était questionnée sur la situation au Cameroun par notre confrère Matthew R. Lee de 'Inner City Press', elle disait n'avoir aucune information sur ce pays et s'enfuyait presque face aux questions.

La récente sortie de l'ambassadeur des États-Unis au Cameroun, Peter-Henry Balerin, qui a directement pointé du doigt le président Paul Biya et qui a, ensuite, été convoqué au Département d'État depuis quelques jours après avoir rencontré le chef de la diplomatie camerounaise, M. LeJeune Mbella Mbella, montre que Washington a, le cas échéant, envie de s'inviter dans le conflit qui s’enlise.

Les Américains interviendraient à Yaoundé pour y prendre pied si le conflit perdure, peut-être sans requérir l'aval du "propriétaire du coin", la France, officiellement en mode silence radio...

Le candidat Akere T. Muna – à la suite de son homologue Felix Agbor Nkongho - a saisi récemment, par courrier, entre autres : le Département d’État américain, le Conseil de sécurité de l’ONU, la Open Society de George Soros, etc., sur la répression sanglante, grandissante et ciblée du régime Biya sur les Anglophones sans distinction aucune.

C’est ce coup de théâtre qui a peut-être provoqué les récents et subits yeux doux des Serial Killers du très redouté Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) de M. Paul Biya dans la Manyu, région qui a subi le plus grand exode vers le Cross-River voisin... ---

Jean-Marc Soboth