Cameroun : Halte a la manipulation du régime Biya

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par Théophile NCHARE NOM
À part d’être naïf, si ces Combattants voulaient vraiment jouer aux terroristes, ce n’est pas un seul Bamum seulement qu’ils viendraient tuer ! Ils auraient massacré autant que le faisait Boko Haram lors de leurs incursions dans les villages de la Région de l’Extrême nord. | © Photo archives

Attaque de l’Arrondissement de Bangourain par des « Combattants Anglophones » : HALTE A LA MANIPULATION du régime BIYA !

Mes Ami(e)s, l’attaque de l’Arrondissement dans la nuit du 23 décembre a fait baver d’émoi de nombreux leaders d’opinion et d’analystes Bamum, qui très vite, l’ont attribué aux Combattants Anglophones, qualifiés de « Terroristes » ou de « Sécessionnistes ». Bangourain est en effet limitrophe de Jakiri et de Kumbo, dans le département du Bui dans la Région du Nord-ouest. Vu qu’il ne s’agit pas d’une première attaque et qu’elle est une énième incursion, l’attribution, certes corroborées par les rescapées de l’incursion, est de faire du peuple Bamum, la nouvelle cible de leurs FRÈRES Anglophones.
Je dis bien FRÈRES Anglophones, non pas par Fraternité Nationale, mais par Fraternité socio-anthropologique car ne l’oublions pas, les Bamum, les Banso et les Bamois sont descendants des frères de sang. Plus encore, si l’on s’en tient aux études fort édifiantes d’Eldrige Mouhamadou, les populations Bare-Tchamba et les Banso qui peuplent Jakiri et Kumbo sont une souche Bamum. D’ailleurs leur langue est si proche de la langue Bamum que leur proximité socio-anthropologique avec les Bamum ne fait l’ombre d’aucun doute. J’ai moi-même mené des études poussées à ce sujet dans le cadre de mon Mémoire à l’École Normale Supérieure de Yaoundé. Un Bare Tchamba et un Bamum peuvent se parler et se comprendre parfaitement.
À réfléchir donc, l’on peut légitimement s’interroger sur les motivations de ces Combattants Anglophones qui attaqueraient et tueraient leurs FRÈRES Bamum.
1- Commençons par l’hypothèse véhiculée par l’opinion commune sous l’instigation de certains leaders d’opinion Bamum partisans. La véracité de l’ignominie où les Bare Tchamba et les Banso englobés sous le vocable « Anglophones » font incursion, attaquent et tuent leurs Frères Bamum avec qui ils ont toujours vécu en harmonie, se comprendraient à partir de la motivation purement Terroriste. Dans ce cas, le but serait d’étendre la terreur en territoire Bamum « Francophone »pour faire pression sur le Régime Biya. Ces combattants chercheraient à incliner ces Bamum « Francophones » à soutenir leur lutte, ou auquel cas, leur arracher des vivres, des ressources, des financements par razzia et rançonnage.
Cette hypothèse est trop facile pour tout analyste rigoureux et consciencieux des enjeux politiques et géostratégiques de toute extension ou transposition d’un champ de guerre ou de crise.
2- La deuxième hypothèse, celle qui nous semble proche de la réalité, est celle de la MANIPULATION. Oui de la Manipulation ! D’entrée de jeu, je souhaite qu’on s’attarde un tout petit peu sur la signification de la manipulation, dans son sens et son concept. « Manipuler » veut dire d’après le Larousse, soumettre quelque chose à divers traitements, à divers exercices plus ou moins malhonnêtes, dans le sens d’amener quelqu’un, insidieusement à un comportement ou à une fin inavouée.
Alors qui manipule qui dans ces attaques attribuées aux Combattants Anglophones ? Pour quels objectifs manipulent-ils ?
À mon humble avis, ces attaques sont l’œuvre des gangs de brigands qui profitent de la Révolte anglophone pour non seulement faire des razzias mais aussi et surtout pour instiguer la Haine entre les Bare-Tchamba, les Banso et leurs Frères Bamums. J’adhère même à l’opinion qui pense que la manipulation est soutenue dans l’ombre par les autorités, afin d’empêcher en amont toute collaboration et soutien entre ces peuples frères. Car d’une manière évidente, il est question de confiner les combattants Anglophones pour les massacrer systématiquement. La stratégie est donc d’empêcher toute déportation vers des zones de replis dans les villages francophones voisines à ceux anglophones. Ceux qui tirent les ficèle du Génocide anglophone ont appliqué la même stratégie dans les villes francophones voisines à celles du Sud-ouest dont Manjo et Bonjo dans le Mungo. Ils en ont fait de même à Fongo Tongo et à Dschang. Le Regime Ahidjo avait utilisé la même stratégie contre ceux que l'on qualifiait de "MAQUISARTS" durant la guerre contre les Upécistes.
L’on veut que nous intériorisons, nous aussi, la HAINE de l’ANGLOPHONE, érigé en « Terroriste ». Nous sommes en pleine construction de la figure de l’ennemi théorisée par de nombreux analystes. Il faut amener les Francophones à haïr et rejeter leurs Frères Anglophones, à apporter leur soutien à leur élimination par la dénonciation et la délation.
À part d’être naïf, si ces Combattants voulaient vraiment jouer aux terroristes, ce n’est pas un seul Bamum seulement qu’ils viendraient tuer ! Ils auraient massacré autant que le faisait Boko Haram lors de leurs incursions dans les villages de la Région de l’Extrême nord.
En tout état de cause, les Anglophones sont nos FRÈRES. Ils ne seront jamais nos ennemis. Ils sont en guerre cotre un régime, un pouvoir oppressif, génocidaire et non contre « Nous » BAMUM ou contre « Nous » FRANCOPHONES.
Théophile NCHARE NOM, Ph.D