Cameroun : Assurance scolaire, une OSC prescrit la bonne gouvernance

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par AFRICA INFO
Photo du Président national du CENIPE face à la presse nationale et internationale

Cameroun (AFRICA INFO) – La bonne gouvernance de l’assurance scolaire au Cameroun était au centre d’une conférence organisée par le Cercle National des initiatives des Parents d’Élèves (CENIPE) ce 12 Mai 2015 à l’Hôtel Lumière d’Akwa-Douala, la capitale économique.

Face aux hommes des médias, Victor Kalla, le Président du CENIPE a réaffirmé sa volonté de voir s’instaurer dans le domaine de l’assurance scolaire au Cameroun, la bonne gouvernance et ce, à travers les chefs d’établissements scolaires et les responsables des compagnies d’assurances.

La rencontre s’est déroulée en présence des responsables régionaux des Ministères des Enseignements Secondaires (MINESEC), de l’Éducation de Base (MINEDUB) et de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP). Leurs homologues des compagnies d’assurances, pourtant invités eux aussi par l’organisateur, ont brillé par leur absence. Est-ce à dire que cette bonne gouvernance n’a pas d’intérêt pour eux?

Le contexte

L’action menée par le CENIPE rentre dans le cadre d’un projet dénommé « Plaidoyer pour la mise en place d’un Mécanisme d’Application, de Protection et de Suivi de l’Assurance Scolaire au Cameroun », un projet étalé sur 10 mois et conduit dans les régions de l’Ouest et du Littoral à travers diverses articulations dont une enquête sur le terrain menée dans les départements du Wouri et du Moungo pour les régions du Littoral et dans les départements de la Mifi et du Haut-Nkam pour la région de l’Ouest avec 74 arrondissements concernés.

Financé par le Programme d’Appui à la Société Civile (PASC), ledit projet rentre dans le cadre de l’accord du 10e Fonds Européen de Développement (FED), signé entre l’Union Européenne et le Cameroun.

Dans son propos liminaire, Victor Kalla relève qu’ « Au Cameroun le 1/3 des élèves du MINEDUB (Ministère de l’Éducation de Base), du MINESEC (Ministère des Enseignements Secondaires) et du MINEFOP (ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle) n’est pas assuré en temps utile et même pas du tout par certains Chefs d’établissement scolaire » ; une situation due à l’arrivée tardive de la caisse d’avance, à la non-déclaration des effectifs, au marchandage et à l’usurpation de titre et fonction par la hiérarchie scolaire notamment les services déconcentrés qui, au lieu de contrôler, de vérifier les effectifs réels et de se rendre compte que chaque établissement a assuré ses élèves, se substituent tout simplement aux chefs d’établissement et signent des contrats d’assurance avec les compagnies. Ce qui constitue à ses yeux une irrégularité. « Cette irrégularité qui s’assimile à la corruption en milieu scolaire pose, un grave problème aux familles en cas d’accident de leurs enfants soit en milieu scolaire ou pendant le trajet aller et retour, entre la maison et l’établissement scolaire ».

Qu’est-ce qui explique que certains élèves ne sont pas couverts ? Cette situation, pour l’orateur, pose problème.

Le problème

Victor Kalla estime que cette situation fait problème du fait que « Chaque année scolaire, l’État du Cameroun signe une convention avec certaines Compagnies d’assurances agréées à travers le MINEDUB, le MINESEC et le MINEFOP : « La convention d’assurance scolaire des élèves des établissements d’enseignement maternel, primaire, secondaire général et technique, publics et privés » pour la couverture des élèves en milieu scolaire. N’est-il pas temps que tous les acteurs de la chaîne de gestion de l’assurance scolaire œuvrent en vue d’aider l’état à atteindre cet objectif qui lui est cher, à savoir la Sécurité sociale de l’Enfant en général et de l’élève en particulier, tels que relevé dans la loi d’orientation de l’Éducation à son Article 35 : « L’intégrité physique et morale des élèves est garantie dans le système éducatif…. » ?.

Et de souligner que ce manque de collaboration entraîne des conséquences sur les plans scolaire, social, moral, économique, politique, administratif, juridique et même environnemental avant de conclure par « Le droit à la protection de l’enfant, de l’élève est un droit fondamental qui est inaliénable ; d’où l’obligation d’assurer tous les élèves par les Chefs d’établissement scolaire ».

Les solutions proposées par le CENIPE

Entre autres solutions proposées aux pouvoirs publics par le CENIPE, l’on trouve en bonne place l’implication des associations des parents d’élèves et enseignants (APEE) dans la gestion de l’assurance scolaire, ce qui permettra d’asseoir de manière définitive et efficiente, le partenariat APEE-ECOLE. Ce suppose que les effectifs réels seront dorénavant déclarés, les responsables des établissements scolaires seront plus disciplinés, les droits de l’enfant en matière de sécurité sociale seront respectés et les compagnies d’assurance agréées pourront bénéficier de la totalité des frais d’assurance scolaire et permettre aux élèves sinistrés de jouir réellement et facilement des garanties liées à leur police d’assurance.

Les groupes cibles, les bénéficiaires finaux et les résultats attendus de ce projet

Le CENIPE, dans sa démarche, a ciblé les directions des ressources humaines du MINEDUB, MINESEC et MINEFOP, les Directions des Activités Post et Périscolaires de ces trois ministères ainsi que les associations des parents d’élèves et enseignants (APEE).

Quant aux bénéficiaires finaux, ce sont les Chefs d’établissement scolaire, les élèves ou enfants en situation d’apprentissage et les parents d’élèves.

Enfin, les résultats attendus sont : que les responsables des ministères en charge de l’éducation et de la formation aient une meilleure lisibilité de la gestion de l’assurance scolaire et maîtrisent mieux son processus, que les chefs d’établissement scolaire déclarent effectivement de manière participative les polices d’assurance scolaire de leurs élèves et rendent compte de sa gestion aux APEE et enfin que les Associations des Parents d’Élèves et Enseignants (APEE) participent à la gestion des assurances scolaires et connaissent les données sur les déclarations des polices d’assurance pour les restituer aux membres.

Les objectifs du projet

Ceux-ci, selon l’orateur, se déclinaient en objectif global et en objectifs spécifiques. L’objectif global est de « Contribuer à l’application des droits de sécurité sociale de l’élève, à sa protection et au suivi participatif de l’assurance scolaire » tandis que les objectifs spécifiques doivent « Permettre aux Ministères chargés de l’Éducation d’avoir une lisibilité sur la gestion des polices et fonds d’assurance scolaire en vue de leur contrôle et gestion transparente, Amener les Chefs d’établissements scolaires à déclarer effectivement les polices d’assurance scolaire de leurs élèves pour une gestion fiable et transparente, Assurer la participation des Associations des Parents d’Élèves et Enseignants (APEE) à l’établissement, le suivi et l’évaluation des polices d’assurance scolaire pour une gestion participative ».

Ces objectifs seront atteints à travers diverses activités.

Les activités du projet

Ces activités se sont déclinées en quatre sous-groupes : l’analyse de la méthode de gestion de l’assurance scolaire dans les régions du Littoral et de l’Ouest à travers une étude menée sur le terrain et une actualisation des données statistiques ; la restitution des travaux de l’enquête et de l’analyse de l’assurance scolaire suivie de la sensibilisation de la communauté éducative, la validation des outils de partenariat et de coopération à côté de la participation à diverses émissions radio et télé et une conférence de presse tenue ce 12 Mai 2015 ; la sélection et la mise en place d’écoles-pilotes pour la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du processus de partenariat et enfin la présentation du cahier et le renforcement des capacités des acteurs de la protection de l’assurance scolaire suivie de la mise en place des comités de suivi-évaluation globale des déclarations des polices et des conventions sur les assurances scolaires.

Après avoir fait savoir que la plupart de ces activités avaient déjà eu lieu, le Président du CENIPE a annoncé les tâches qui restaient à exécuter. Parmi elles, la sélection et la mise en place des écoles-pilotes pour la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du processus de partenariat, la présentation du cahier élaboré et le renforcement des capacités des acteurs sur la protection de l’assurance scolaire et la mise en place des comités de suivi-évaluation globale des déclarations des polices et conventions sur les assurances scolaires dans les jours qui suivent. Mais auparavant un forum national sur l’assurance scolaire au Cameroun est programmé pour le 25 Mai à Bafoussam sous la présidence du Gouverneur de ladite région.

Après ce propos liminaire, la parole est revenue aux journalistes et à l’assistance.

Les préoccupations des journalistes et de l’assistance

Celles-ci ont notamment porté sur la perception de l’assurance scolaire au niveau de l’école primaire publique où l’école est gratuite, la couverture des jeux Fenassco par une police d’assurance, la réalité des listes d’inscription des élèves quand on sait que les anciens ne se réinscrivent pas, ce qui se faisait en matière de gestion de l’assurance dans les établissements, les résultats de l’enquête sur le terrain, la convention interministérielle d’assurance, les accidents à l’école et leur prise en charge, l’obligation ou non d’adhérer à une association de parents d’élèves…

À toutes ces préoccupations le Président du CENIPE, aidé parfois par les représentants des délégués régionaux, a donné des réponses claires et précises aux femmes et hommes des médias et à l’assistance et c’est sur une note de satisfaction que la rencontre a pris fin.

Georges Ndenga, Ai Douala, Cameroun