Tchad : Le répression de la société civile se poursuit, la France soutient

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par afrique-tv.info
« L’un de nos porte-parole, le Docteur Albissaty Saleh Allazam, a été convoqué ce matin à la police judiciaire », a déclaré à la presse un responsable de « Ça suffit », Bertrand Sohhoh Ngandjel, ajoutant que le militant « est depuis détenu ». ǀ © Photo archives

Le Docteur Albissaty Saleh Allazam, militant  de la société civile et leader de la plateforme « ça suffit » vient d'être  arrêté à N’Djaména, la capitale. La France et l'Union Européenne ferment toujours les yeux.

Un cinquième leader de la société civile au Tchad, qui veut organiser mardi une marche pacifique malgré son interdiction par le pouvoir, a été arrêté après avoir été convoqué lundi par la police judiciaire à N’Djamena, a annoncé son mouvement, « Ça suffit ».

« L’un de nos porte-parole, le Docteur Albissaty Saleh Allazam, a été convoqué ce matin à la police judiciaire », a déclaré à la presse un responsable de « Ça suffit », Bertrand Sohhoh Ngandjel, ajoutant que le militant « est depuis détenu ».

« Cet état de fait confirme la volonté du gouvernement de mettre un terme aux valeurs démocratiques au Tchad », a-t-il poursuivi au cours de cette conférence de presse tenue à la Bourse du Travail, en présence d’autres mouvements de la société civile comme « Trop c’est trop » et l’Union des syndicats du Tchad.

La société civile demande la libération de ses porte-parole détenus par les autorités et elle informe « la population que la marche pacifique pour l’alternance démocratique (…) prévue au 5 avril est maintenue »

Enfin, elle met « en garde les forces de l’ordre contre toute répression des manifestants à main nue ».

Depuis le début, en février, de la contestation d’un cinquième mandat d’Idriss Deby Itno, qui se présente à la présidentielle de dimanche prochain pour un 5e mandat après 26 ans de pouvoir sans partage, les manifestations de rue dans la capitale et en province ont été interdites. Durant la campagne électorale, seules les manifestations de soutien aux candidats ont été autorisées.

Les quatre responsables de la société civile déjà détenus depuis le 21 mars, Mahamat Nour Ahmed Ibedou, Younous Mahadjir, Nadjo Kaina Palmer et Céline Narmadji, sont accusés « de provocation à un attroupement non autorisé, tentative d’atteinte à l’ordre public et opposition à l’exercice d’une autorité légitime ». Leur procès a été reporté à jeudi prochain.

En signe de protestation, la société civile s’est retirée de différentes institutions, notamment de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), et du Cadre national de dialogue politique (CNDP).

Le pouvoir au Tchad, pays producteur de pétrole à la population très pauvre, a été confronté ces dernières semaines à une contestation inédite à la suite d’un mouvement de lycéens qui dénonce depuis le 15 février le viol d’une jeune fille par des fils de dignitaires.

Idriss Deby Itno, arrivé au pouvoir en 1990 en renversant son ancien allié Hissein Habré, affrontera 13 autres candidats au premier tour de la présidentielle du 10 avril.

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