Congo Brazzaville : Réunion tripartite Congo-Angola-HCR

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Ai- Congo- Une réunion tripartite entre les gouvernements de la République du Congo, l’Exécutif d’Angola et le HCR, concernant les derniers réfugiés angolais, a eu lieu à Pointe-Noire du 17 au 20 octobre 2011.

A l’issue de cette importante rencontre, un communiqué de presse a été publié par  UNHCR de Brazzaville, dont voici l’intégralité :

« Après plusieurs décennies d'exil en République du Congo, les derniers réfugiés angolais pourront rentrer chez eux s’ils le souhaitent, à partir du 3 novembre prochain. La plupart des candidats au retour sont originaires de l’enclave historique du Cabinda.

Cette importante décision a été prise lors de la deuxième réunion tripartite organisée entre le Gouvernement de la République du Congo, l’Exécutif d'Angola et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), du 18 au 20 octobre 2011 à Pointe-Noire en République du Congo.  La première réunion tripartite avait été organisée à Cabinda en 2009. Ces réunions s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord tripartite de 2002 sur le rapatriement volontaire des réfugiés angolais.

Les délégations étaient conduites par :

1)     Pour la République du Congo, Madame Emilienne Raoul, Ministre des Affaires Sociales, de l’Action Humanitaire et de la Solidarité ;

2)     Pour la République d’Angola, Madame Maria Da Luz do Rosario Cirilo de Sa Magalhaes,               Vice Ministre de l’Action Sociale ;

3)     Pour le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, Monsieur Stefano Severe, Représentant Régional.

L’objectif principal de cette deuxième réunion tripartite était d’évaluer la situation des réfugiés angolais vivant en République du Congo, ainsi que les mesures d’accueil et de réintégration des réfugiés ayant opté pour le retour volontaire en Angola. Cette rencontre a également permis aux trois parties d’échanger sur la mise en œuvre de la clause de cessation du statut de réfugié angolais qui devrait entrer en vigueur au 30 juin 2012.

La Ministre congolaise Emilienne Raoul a réitéré la disponibilité de son gouvernement pour travailler ensemble avec les autres parties pour le retour des réfugiés. La partie congolaise a fait une évaluation de la mise en œuvre des conclusions de la première réunion tripartite, en soulignant que cette deuxième édition devrait donner une nouvelle impulsion au processus du retour.

La Délégation angolaise a présenté la situation qui règne actuellement dans son pays, en assurant que les conditions sont réunies pour le retour des réfugiés. Elle a annoncé que des mesures immédiates ont été prises pour l’accueil et l’accompagnement des rapatriés, notamment la construction d’un centre d’accueil et la mise en place de mesures pour favoriser leur réinsertion socioéconomique, tel que la formation professionnelle et l’accès aux programmes de micro-crédits et d’entreprenariat.

Dans son intervention, Stefano Severe, Représentant Régional du HCR, a mis en exergue le rôle du HCR dans les opérations de rapatriement et la dimension humaine de ces activités. « Pour nous, il ne s'agit pas de simples statistiques, mais de notre contrat moral de protéger, dans les meilleures conditions possibles, les hommes, les femmes, les jeunes et les moins jeunes qui sollicitent notre protection », a-t-il affirmé lors de la 2ème réunion tripartite.

Il a rappelé qu’aucun effort ne sera épargné par le HCR pour permettre le retour et la réintégration des réfugiés angolais qui souhaitent rentrer chez eux.

Dans cette perspective, le HCR mène des actions de monitoring, pour une période qui peut varier entre 6 et 18 mois après le rapatriement, afin d’identifier, de prévenir ou de répondre aux risques de protection auxquels pourront éventuellement faire face les rapatriés.

Les trois parties ont également convenu de continuer à échanger les informations sur les retours spontanés,  afin d’assurer la maîtrise du flux des rapatriés.

Après examen et débat sur les différents points de l’ordre du jour, les trois parties ont abouti aux conclusions suivantes :

Organisation du rapatriement des réfugiés ayant opté pour le retour volontaire en Angola, à partir du 3 novembre 2011 ;

Poursuite des campagnes de sensibilisation des réfugiés angolais et des demandeurs d’asile, afin de les informer sur les conditions prévalant dans les zones de retour, et de recueillir les intentions de retour ;

Exécution des activités préparatoires relatives à la mise en œuvre de la clause de cessation du statut de réfugiés ;

Adoption du chronogramme d’activités relatives au rapatriement des réfugiés angolais..

A noter également qu’en marge de cette 2ème réunion tripartite, une rencontre a eu lieu entre les autorités angolaises et un groupe de réfugiés originaires de la Province du Cabinda. Cette entrevue, la première de ce type, a permis de jeter les ponts du dialogue pour la poursuite des consultations autour du concept de rapatriement volontaire vers cette Province.

Depuis la signature des accords de paix en avril 2002, mettant fin à presque trente ans de guerre civile en Angola, des centaines de milliers de réfugiés sont retournés chez eux, depuis les pays voisins.

Actuellement, 826 réfugiés angolais, dont 773 originaires de la Province du Cabinda, vivent encore en République du Congo, ainsi que 59 demandeurs d’asile. Ces chiffres sont issus d’une vérification conjointe organisée en juillet 2011, dans les Départements de Pointe Noire, du Kouilou (Kondi-Mbaka, Komi, Tchamba-Nzassi), du Niari (Dolisie, Malolo, Ilou-Panga, Yandza), et de la Bouenza (Loudima). Parmi ceux-ci, 72, soit environ 10%, ont manifesté leur intention de retour volontaire.

Certains réfugiés angolais vivent au Congo depuis près d’un demi siècle. »

Eugène Gampaka, Ai Brazzaville