Cameroun : Campost, la galère des anciens épargnants

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Ai-Cameroun- Les anciens épargnants de la Caisse d’Epargne Postale ne savent plus à quel saint se vouer, plus de quatre après la création de la Cameroon Postal Service (Campost).

 

Créée en 2004 de la fusion de la Sonaposte (Société Nationale des Postes) et de la CEP (Caisse d’Epargne Postale), c’est le 1er Janvier 2007 que la Campost devient propriété exclusive de l’Etat Camerounais qui en détient les 100% des actions. C’est la même année que la Campost est confiée au groupe Canadien Tecsult International pour l’assainissement de sa gestion.

La Campost a pour principale mission la vente des timbres, la distribution du courrier et des colis, la mise à la disposition du public des boîtes postales, les services financiers dont les opérations de banque à travers des comptes de chèques postaux, le transfert d’argent et l’épargne. A sa création les anciens clients de la caisse d’épargne postale et les propriétaires des comptes chèques lui avaient été confiés et avaient été soumis à un recensement avec la promesse pour les épargnants de rentrer dans leurs avoirs, une fois l’opération terminée. C’était sans le savoir le début de leur calvaire qui se poursuit encore aujourd’hui.

Depuis 2007, les remboursements des anciens épargnants se font au compte-gouttes et selon la volonté des responsables de la Campost. Très peu des anciens épargnants sont rentrés totalement dans leurs avoirs et pour les autres, il n’est plus surprenant pour eux, de s’entendre répondre aux différents guichets après la présentation de leur carnet « Nous ne pouvons pas vous payer ».

Les plus entêtés élèvent la voix et il leur est alors indiqué de rencontrer le receveur qui, seul peut leur dire la conduite à tenir. Il leur sera demandé de déposer une demande timbrée à 1000 FCFA et d’indiquer ses contacts. Une attente qui peut être longue ou courte selon la période de dépôt car les remboursements se font à la rentrée scolaire c’est-à-dire au mois de Septembre ou à la fin de l’année en Décembre. « C’est pour leur permettre d’envoyer leurs enfants à l’école ou de passer les fêtes de fin d’année dans de bonnes conditions » nous a confié une caissière.

Et quand la convocation vous parvient, vous tombez des nues. La somme sollicitée n’est pas celle qui vous est accordée. Une cliente dépitée s’est exclamée « Mais que signifie ce cinéma. J’ai plusieurs centaines de milliers de francs dans mon compte et on n’ose même pas me donner la moitié de la somme. Quand on m’accorde 20% de mon épargne, que voulez-vous que je fasse de cela ? ». Imperturbable, la caissière lui a répondu « Mais Madame, c’est le même taux que l’on a appliqué à tous ». Imaginez que vous ayez un million de francs CFA dans les caisses de la Campost et qu’à chaque fois il vous faille retirer juste 20%, combien de temps faudra-t-il pour rentrer dans vos avoirs.

Interrogé par l'agence Ai , un receveur qui a requis l’anonymat a fait savoir que « Nous ne remboursons que par rapport à la somme mise à notre disposition par le Ministère des Finances et nous faisons des efforts pour que tout le monde reçoive quelque chose ».

Mais entretemps, ces anciens épargnants font rentrer de l’argent dans les caisses de la Campost en déboursant chaque fois qu’une demande est déposée, 1000 FCFA pour l’achat de timbre.

Paradoxalement, les intérêts sont gelés par une note de service affichée depuis plusieurs mois et au moment du retrait de votre argent l’on prélève des frais de tenue de compte pour les différents exercices au cours desquels ils n’ont pas été prélevés soit 3.000 FCFA l’année.

Comment expliquer qu’une institution qui ne vous verse pas des intérêts dus, perçoive cependant ses frais dans leur totalité ? Où vont ces frais une fois prélevés puisqu’il faut attendre que le Ministère des Finances dépose de l’argent pour se faire rembourser ?

En plus, la caissière vous incite à faire de nouveaux dépôts « Si vous continuez à alimenter votre compte, vous pourrez retirer le moment venu le montant sollicité sans problème ». « Comment peut-on continuer à faire confiance à une institution qui n’arrive pas à satisfaire vos attentes ? » lui a rétorqué un client.

A ce rythme, les anciens épargnants n’ont plus que leurs yeux pour pleurer et attendre qu’une embellie intervienne sous ce ciel nuageux de la Campost. Quand interviendra-t-elle donc ? Croisons les doigts.

Georges Ndenga, Ai Douala