Cameroun : Un demi-milliard de FCFA et trois convoyeurs de fonds dans la nature

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Ai-Cameroun - Un gendarme tué, un demi-milliard de FCFA et trois agents de la société de transport des fonds dans la nature, c’est le bilan d’un acte crapuleux digne des films de HOLLYWOOD, commis le 02 Novembre dernier entre les villes de Maroua (Région de l’Extrême-Nord) et Garoua (région du Nord).

 

Après avoir collecté des fonds estimés à 500 millions de FCFA dans les agences de la SCB Maroua et qu’ils devaient ensuite déposer à l’agence de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) de Garoua, le gendarme Ngoutelek Baldena (promotion 2007) en service à l’État-major de Gendarmerie de Garoua ne s’imaginait pas que ses trois compagnons de voyage allaient se transformer en son bourreau et qu’il ne reverrait plus jamais sa famille.

Linvipod Mimbassé (Chef de groupe), Makon Ngui Armel et Zakidang Henri de la société de transport des valeurs (Transval S.A) ont attendu le moment propice qui s’est présenté dans la localité Tchontchi-Golombe et précisément au village Baïlaï situé à environ 80 kilomètres de Garoua sur l’axe Garoua-Maroua pour attaquer leur accompagnateur qu’ils vont ligoter puis étrangler.

Ce dernier sera retrouvé mort à côté de son arme, de ses téléphones portables et du véhicule de la société Transval vidé de son contenu par les villageois qui, aussitôt, vont donner l’alerte.

Informées, les forces de maintien de l’ordre vont mobiliser sous la conduite du Commandant Abba, des éléments du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) et du Groupement Polyvalent d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GPIGN) pour rattraper les fugitifs qui avaient pris de l’avance, des complices les attendaient probablement au lieu de l’attaque pour prendre la clé des champs.

Cet incident pousse tout observateur averti à se poser des questions sur la moralité des agents des sociétés de gardiennage et de convoi des fonds. Sur quelle base sont-ils recrutés ? A-t-on fait un examen sérieux de leur moralité ? Mais ils ne sont pas les seuls à blâmer au regard des salaires de misère qui leur sont payés. Pourquoi les responsables de ces sociétés de gardiennage et de convoi des fonds ne paient-ils pas bien leur personnel ? Un doigt accusateur est aussi pointé vers les responsables de la gendarmerie qui n’ont pas cru bon de renforcer l’accompagnement de cette équipe par deux ou trois autres gendarmes. Que pouvait l’élève gendarme Ngotelek Baldena seul face à trois agents de Transval ? La dernière interrogation est celle du public qui aimerait comprendre pourquoi au niveau des  régions du Nord et de l’Extrême-Nord, c’est la gendarmerie qui assure la protection des convois de fonds en lieu de la Police (Groupement Mobile d’Intervention) comme le stipulent les textes en vigueur ?

Des questions qui trouveront probablement des réponses dans les jours à venir si les trois malfrats sont rattrapés et s’ils daignent répondre aux questions des enquêteurs qui sont sur leurs traces.

Peter Kum, Ai Garoua