Cameroun : Le conseil national de la jeunesse dénonce le déséquilibre régional

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Ai-Cameroun- On ne parlera jamais assez du dernier recrutement spécial de 25000 jeunes diplômés à la fonction publique.

 

C’est le conseil national de la jeunesse (Cnj), du moins son antenne régionale du Nord-Ouest qui vient de sortir de sa réserve. Réunis le 24 novembre dernier à Bamenda, ses membres ont commis un mémorandum à l’attention du président de la république. Prince Ngwieh Michelson Sah, président régional du Cnj pour le Nord-Ouest et six présidents départementaux de cette instance ne sont pas passés par quatre chemins pour dénoncer ce qu’ils appellent le non respect de l’équilibre régional et le principe de quota dans le récent recrutement de 25000 jeunes diplômés à la fonction publique.

Or,  à les en croire,  ce principe est bel et bien contenu dans le statut général de la fonction publique Camerounaise. Lequel « statut général de la fonction publique n’a ni été abrogé ni modifié » précise-t-il dans ce mémorandum de quatre pages adressé au président de la république.

« Aucun quota n’a été prévu dans ce recrutement en application de la notion de quota du statut général de la fonction publique qui attribue 12% à la région du Nord-Ouest. Excellence, 12% de 25000, signifie par simple arithmétique faite que, 3000 jeunes diplômés originaires du Nord-Ouest devraient bénéficier de votre largesse dans ce recrutement. Cela n’a pas été le cas et sur la liste des 25000 candidats présélectionnés, moins de 923 jeunes sont du Nord-Ouest », écrivent les initiateurs du mémorandum. Une « injustice » qu’ils entrevoyaient déjà lors d’une marche le 1er mars à Bamenda. Marche visant à remercier le chef de l’Etat pour cette opportunité de recrutement spécial des jeunes à la fonction publique. Ce jour là «nous soulevions notre inquiétude et appelions à plus de précaution afin de minimiser les frustrations parmi les jeunes. Parmi celles-ci, le problème de l’équilibre régional qu’il fallait ménager avec beaucoup de prudence » mettaient-ils en garde le comité technique de recrutement.

L’histoire leur a certainement donné raison car lors de la conférence de presse bilan du 11 novembre, le ministre Emmanuel Mbonde de la fonction publique et de la reforme administrative, « répondant à une question de journaliste le ministre de la fonction publique a clairement déclaré que l’équilibre régional n’était pas le principal critère de sélection des 25000 jeunes diplômés. Nous nous souvenons que dans l’une de ses précédentes interventions au journal de 13h sur la Crtv, il avait clairement indiqué que l’équilibre régional sera respecté. Qu’est ce qui justifie ce revirement spectaculaire ? Selon le ministre, le comité technique en charge du recrutement tenait compte du niveau et de la compétence des candidats ; ce qui donne l’impression que les milliers de jeunes du Nord-Ouest qui avaient déposé leur dossier étaient ni qualifiés non moins compétents ? Ceci est certainement une grossièreté inavouée » peut-on lire dans ce mémorandum.

C’est à juste titre s’ils exigent « un recrutement spécial de 2100 jeunes originaires de la région du Nord-Ouest » pour combler le reliquat du quota « de 12% qui revient au Nord-Ouest». Ceci, à les en croire « réduira l’actuelle tension et frustration dans la région ». Aussi poursuivent-ils « nous croyons que l’application du quota dans les recrutements à la fonction publique ne sauraient toujours constituer un problème quand cela concerne les Camerounais d’expression anglaise ». A la question de journaliste de savoir quelle démarche vont-ils entreprendre s’ils ne sont pas écoutés, le Cnj du Nord-Ouest par la voix de son président entendent saisir les députés de la nation demain mardi 29 novembre.

Donso Ai Bamenda