Gabon : Paix en Afrique Centrale, La CEEAC et L’UA s’accordent

Ai-Gabon- Le Secrétaire Général de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), Nassour Guelengdouksia Ouaïdou a été reçu en audience, au siège de la Commission de l’Union Africaine, par l’ambassadeur, Commissaire à la Paix et à la Sécurité de la Commission de l’Union Africaine son Excellence Ramtane Lamamra. République Centrafricaine et République Démocratique du Congo au menu

Le Secrétaire Général de la CEEAC est venu rendre compte  à son hôte des récents évènements survenus en Afrique Centrale, notamment la crise politico-militaire en République Centrafricaine, la situation toujours préoccupante en République Démocratique du Congo depuis l’incursion des troupes de la rébellion du M23 dans la province du Kivu. La tenue prochaine en République du Cameroun,  du sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale(CEEAC), de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique  de l’Ouest (CEDEAO), de la Commission du Golfe de Guinée (CGG), à l’initiative de l’ONU sur la piraterie et l’insécurité dans le Golfe de Guinée, était au centre de leur rencontre. A propos de la crise en RCA, la CEEAC a tenu deux sommets des Chefs d’Etat et de Gouvernement (à N’djamena le 21 décembre 2012 et à Libreville le 11 janvier 2013),  en vue de trouver des moyens pour juguler la crise dans cet Etat membre de la CEEAC et dont les répercussions auraient pu être dangereuses pour toute la sous région, a souligné le N°1 de la CEEAC. Le sommet de Libreville a réuni autour  d’une même table gouvernement, rebelles, partis politiques et société civile, ce qui a permis de prendre de grandes décisions pour une sortie de crise et d’arrêter le processus de renversement par les rebelles, des institutions démocratiquement établies, a renchérit le Secrétaire Général de la  CEEAC. Il s’est réjouit de la nomination par le président François Bozize d’un nouveau premier Ministre, conformément aux accords de Libreville, et a émis le souhait que soit formé  le nouveau gouvernement, afin que ce dernier s’attèle aux tâches assignées par les Chefs d’Etat pour la réussite de la transition. Quelques regrets…

La seule épine qui reste dans le pied de la CEEAC demeure la situation à rebondissement à l’Est de la République Démocratique du Congo où le gouvernement et les rebelles du M23 s’arrachent les cheveux. Les négociations débutées à Kampala piétinent. Le Secrétaire Général de la CEEAC a déploré le fait la RDC n’ait pas encore saisit officiellement la CEEAC pour se saisir du dossier, or, a-t-il souligné, l’auto saisine n’est possible qu’en cas de flagrante violation massive  des droits de l’homme. Le Commissaire de l’Union Africaine a félicité la CEEAC pour la promptitude avec laquelle elle réagit dans la résolution des crises qui touchent la région et le cas de la RCA est la preuve indubitable.

L’Union Africaine, a-t-il déclaré,  est pour la démarche inclusive de toutes les forces susceptibles d’apporter une pierre à l’édifice de la paix en Afrique. L’unanimité de vues s’est dégagée encore sur la question de financement des missions de paix. La paix n’a pas de prix, mais elle a un coût, ont-ils convenu, d’où la nécessité d’appuyer les Communautés Economiques régionales dans ce sens, afin de mieux bâtir et de renforcer l’architecture de paix tant au niveau régional que continental. La guerre du Mali : une menace pour toute l’Afrique ?

Les deux interlocuteurs ont fait le tour d’horizon de l’actualité en Afrique, notamment, la mutinerie en Erythrée, la situation de guerre au Mali et ses répercussions dans les  régions occidentale et septentrionale du continent. Quoique saluant l’intervention prompte de la France pour arrêter l’avancée des islamistes au sud du Mali, le Secrétaire Général de la CEEAC et le Commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité ont émis le souhait de voir les africains s’approprier le dossier. Ils ont salué la décision du Tchad d’envoyer ses troupes au Mali. C’est à la fois un acte de solidarité et une vision politique à encourager, car la guerre du Mali constitue une menace pour toute l’Afrique, ont-ils conclut.

Christian Ipemosso, Ai Libreville - Gabon