Congo- Brazzaville : Larges débats sur la fonction publique en Afrique

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Ai - Congo - A l’issue de la 8ème Conférence des ministres africains de la fonction publique, qui s’est tenue  du 22 au 27 juillet courant à Brazzaville la capitale, les Etats africains se sont dits déterminés à  mettre en place un plan d’action continental visant à faire en sorte que  leurs administrations répondent aux enjeux du développement et aux défis de l’heure.

Le 26 juillet à l’ouverture de la réunion des ministres, ils l’ont réaffirmé. Etaient présents :  Abraham Rock Okoko-Esseau, chef par intérim du Secrétariat de la Conférence de l’Union Africaine (UA) des ministres de la fonction publique ; Guy Brice Parfait Kolelas, ministre congolais de la fonction publique et de la réforme de l’Etat ; Céline Kombani, ministre tanzanienne de la fonction publique, présidente de la 7ème Conférence de l’UA des ministres de la fonction publique ; Aimé Emmanuel Yoka, ministre d’Etat congolais, ministres de la justice, garde des sceaux, ministre des droits humains ; etc. Tour à tour, ils  ont reconnu que la fonction publique africaine est paralysée à cause des freins de toutes sortes : lenteur, archaïsme, corruption, concussion, irresponsabilité, bureaucratie, etc., n’offrant  pas suffisamment des points d’encrage aux différents budget-programmes, pour relever les défis majeurs du développement. Ainsi, la nécessité de lui doter des structures adaptées au développement a été évoquée, avec force. Selon  Aimé Emmanuel Yoka, une telle ambition implique une réforme en profondeur de l’Etat, afin de faire de la fonction publique africaine un service public dépersonnalisé, dépolitisé, compétitif, performant et accessible. «Bref, une administration au service du développement». «La fonction publique qui constitue le socle de référence de l’administration publique doit subir un ravalement conséquent de sa façade et un réajustement tout aussi conséquent de sa taille. Le soubassement de sa réforme devra reposer, entre autres, sur pied d’un projet d’information et de modernisation de l’administration, comme une des réponses sociales déterminantes à la lancinante question de ces fléaux dévastateurs de nos économies que sont la corruption et sa sœur jumelle la concussion, leur cousine la fraude et tous les autres comportements assimilés», a déclaré  le ministre d’Etat congolais. A en croire des experts, la Charte africaine sur les valeurs et les principes du service public et de l’administration publique, adoptée lors de 3ème Conférence tenue en février 2001à Windhoek (Namibie) par les ministres africains de la fonction publique, constitue déjà un cadre important puisqu’elle fixe les normes de la neutralité politique, de la mise en œuvre efficace des politiques gouvernementales, des conditions équitables d’emploi, de l’éthique, des mesures anti-corruption et de l’engagement en faveur de la satisfaction de l’usager. Guy Brice Parfait Kolelas pour sa part a souligné qu’en validant cette Charte, l’UA a recentré le problème de la gouvernance administrative dans ses Etats membres, car l’émergence de ces pays en dépend. «Le monde est en perpétuelle mutation. Il bouge, les connaissances avec. L’Afrique de demain ce sont des administrations proactives (…)», a-t-il indiqué. Entre autres  propositions  faites pour sortir la fonction publique africaine de sa situation critique, le Ministre congolais Aimé Emmanuel Yoka a estimé que les Etats africains devraient saisir l’opportunité qu’offre le développement des sciences et des techniques ; ce qui leur permettra de transformer qualitativement leurs sociétés dans tous les compartiments, y compris la gouvernance administrative. En outre, ils doivent faire appel à la créativité et «prendre le pari de l’effort intelligent et durable», en vue d’accroitre l’efficacité de leurs fonctions publiques. Cela nécessite également une culture à minima de l’Etat, la maitrise et l’acceptation de ses vertus, sur lesquelles est fondée sa légitimité. « Dès lors,  la priorité devrait être accordée à l’innovation administrative, à la simplification des procédures, et au rejet des antivaleurs », a-t-il conclu.

Lokka, Ai Brazzaville- Congo