Cameroun : Le COFEPRE célèbre les enfants et dit non aux abus

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Ai-Cameroun – Le Collectif des Femmes pour la Protection de l’Environnement et de l’Enfant en abrégé COFEPRE a rendu hommage aux enfants le 19 Novembre 2O13 dernier, ces adultes de demain et le Cameroun en devenir.

C’était  dans la salle des conférences de la Délégation Régionale de la Promotion de la Femme et de la Famille à Bonanjo, Douala la capitale économique, à l’occasion de la Journée Mondiale pour la prévention des abus envers les enfants.

La cérémonie s’est déroulée en présence de la Déléguée régionale du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, de la Sénatrice Madame Patience Eboumbou par ailleurs Présidente du Réseau des Associations Féminines de l’Arrondissement de Douala 4ème et première femme ingénieur des Télécommunications du Cameroun, des parents et des élèves de l’école privée laïque Graceland Bilingual School.

Cette célébration s’est déclinée autour d’une table-ronde sur le thème « Pourquoi les abus et violences envers les enfants au Cameroun ? ».

Les intervenants et leurs interventions

C’est au modérateur de la table-ronde qu’est revenu l’insigne honneur d’introduire la célébration, retraçant l’historique de celle-ci, son objectif et la pertinence de cette journée, initiative de la Fondation Sommet Mondial des Femmes connue sous son acronyme Anglais WWSF, World Women Summit Foundation, une organisation non gouvernementale (ONG) suisse lancée en 2OOO et qui, en 2OO1 regroupait près de 15O ONG œuvrant dans 6O pays de la planète.

A sa suite, Madame Dora Sende, la présidente du COFEPRE a fait savoir que son association avait décidé entre autres thèmes, à mettre l’accent sur les abus sexuels car 14% des filles ou de femmes y ont échappé, 18 % ont été violées par des parents ou membres de la famille, 9 % l’ont été par plusieurs personnes à la fois ou à plusieurs reprises et 27 % ont été violées au moins deux fois. Pour elle, la tranche d’âge la plus touchée se trouve entre 08 et 15 ans même si des enfants de 18 mois et parfois moins l’ont également été. Ces derniers temps, il n’y a pas que les filles et les femmes qui sont violées, de jeunes garçons n’échappent pas aux appétits sexuels démesurés des adultes. Elle a également fustigé le tourisme sexuel avant de s’interroger sur l’éthique. Pour elle, tous ces abus sont dus au fait que les adultes ont cessé d’observer l’éthique.

Madame Patricia Njandjo, la présidente de Courage 2D, une organisation de la société civile, la troisième intervenante, s’appuyant sur les enfants, a démontré la pertinence de 19 jours d’information, de formation et de sensibilisation menés dans la ville de Douala du 1er au 19 Novembre et au cours desquels les cibles étaient à la fois les enfants et les adultes.

Le Docteur en droit Etienne Bena Mbandji, enseignant à l’Université de Douala a entretenu l’assistance sur  les Droits des Enfants : Abus Sexuels et Prévention au Cameroun insistant sur le fait que les enfants avaient certes des droits reconnus par différents textes législatifs et le Code Pénal, mais aussi des devoirs envers des adultes. Mais ces devoirs ne devraient pas exposer les enfants aux différents abus observés et que les magistrats et autres hommes de loi devraient punir avec sévérité les abus dont les enfants sont victimes et dont les auteurs ne sont autres que les adultes. Il a surtout fustigé la loi du silence due aux fameux arrangements à l’amiable et invité les parents et les enfants à briser cette loi du silence en dénonçant auprès des autorités compétentes tous les abus observés ou connus.

Madame Patience Eboumbou à son tour a invité les enfants à retenir qu’ils sont un bien précieux pour leur famille, leur communauté et leur pays d’une part et d’autre part, qu’ils étaient une merveille de Dieu qu’il ne fallait en aucun cas et sous aucun prétexte sacrifier. Elle leur a également prescrit de rompre le silence.

Enfin, la déléguée régionale de la promotion de la Femme et de la Famille s’est attardée sur la discrimination au sein des familles entre les filles et les garçons, une discrimination à l’avantage du garçon que l’on envoie à l’école tandis que l’on garde la fille à la maison ou encore qu’on l’occupe aux tâches ménagères pendant que le garçon lui étudie. Elle a invité les parents à donner les mêmes chances aux garçons et aux filles dans leur encadrement familial et dans leurs études afin de mettre un terme à la disparité que l’on observe aujourd’hui pour que la parité tant clamée par les pouvoirs publics devienne une réalité dans les années à venir au Cameroun.

Le côté festif

Sans être une fête à proprement parler, les enfants de l’école publique laïque Graceland Bilingual School ont su apporter une ambiance de fête à cette célébration à travers un sketch interprété en Anglais et qui mettait en scène un oncle, une tante et une nièce. L’oncle qui avait des appétits sexuels envers la nièce qui le repoussait et qui désirait s’ouvrir à sa tante, laquelle restait sourde aux interpellations de sa nièce afin de sauvegarder son foyer. Une attitude que l’on observe chez beaucoup de parents qui n’écoutent pas leurs enfants et qui ne veulent pas voir la réalité en face.

En plus de ce sketch, ces enfants ont distillé en Français et en Anglais des messages à l’intention des adultes, fustigeant au passage les déviances de ces derniers et les abus dont ils étaient victimes. Pour ces enfants, il fallait que tout cela cesse. Ainsi, ils ont dit : « Non aux abus sexuels envers les enfants », « Non à la vente et à la traite des enfants », « Non aux brimades et négligences envers les enfants », « Non au travail forcé des enfants », « Non à la discrimination » et la liste n’est pas exhaustive.

C’est sur une note de satisfaction que les participants se sont séparés avec l’espoir de se retrouver plus nombreux l’année prochaine.

Georges Ndenga, Ai Douala - Cameroun