Cameroun : campagne « OPENSCHOOLNOW » le bal des hypocrites

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par Michel Biem Tong
Atanga Nji tes enfants sont aux USA c'est les enfants des autres qui doivent allez mourir. Minalmi | © Photo archives

L’artiste-musicien ivoirien Alpha Blondy chantait : « Hypocrites, j’ai peur des hypocrites ! ».

Il faut vraiment avoir peur de tous ces guignols qui depuis quelques jours, envoient une photo d’eux sur les réseaux sociaux (Facebook, Whatsapp, Twitter, etc.) tenant une pancarte sur laquelle on peut lire « #Openschoolnow, #237Stand4Education in North-West and South-West #Cameroon #letUsBacktoSchool », laquelle invite à la reprise des classes dans le Cameroun anglophone, en pleine guerre d’indépendance.

C’est à se demander si ceux qui participent à cette campagne stupide se soucient un tant soit peu de toutes ces familles sans abri dans le Cameroun anglophone qui vivent en brousse telles des bêtes sauvages parce que leurs villages ont été brûlés par des soldats camerounais.

C’est à se demander s’ils se remémorent tous ces hommes, femmes, enfants et vieillards sortis de leurs maisons par des soldats et butés comme des gibiers ou alors carbonisés dans leurs maisons en plein sommeil par la même soldatesque.

A aucun moment, on n’a vu toutes ces célébrités de la chanson ou du journalisme qui aujourd’hui se rappellent au bon souvenir du droit des enfants anglophones à l’éducation, crier haro sur tous ces massacres perpétrés par la milice terroriste du régime Biya sur leurs pères, mères, tantes, oncles, frères, sœurs, cousins ou cousines, sur ce territoire.

A aucun moment, elles n’ont appelé à la tenue de négociations de sortie de crise afin que ces enfants retrouvent le chemin des classes dans un climat apaisé.

Pour tous ces hommes et femmes, les élèves et écoliers anglophones doivent repartir à l’école ce 2 septembre 2019, qu’ils pleuvent ou qu’ils neigent...de balles. C’est à la fois cruel, inhumain et méchant. C’est à se demander où est passé notre bon sens.

Les plus à plaindre ici ne sont pas tant les personnes qui animent cette campagne hypocrite mais ces zozos, criminels et terroristes en costard qui gouvernent à Yaoundé qui en sont les initiateurs.

Conscients de ce que les grandes puissances dont les USA les invitent sur une table de négociation à discuter avec les séparatistes anglophones de tout y compris de la séparation et craignant une intervention de l’ONU au cours de ce mois de septembre, ces génocidaires font feu de tout bois pour envoyer les enfants d’autrui au charbon de manière à ce que l’opinion internationale se rende compte que tout revient à la normale au Southern Cameroons, que les négociations ne sont plus utiles.

Le pire est que ces hors-la-loi planifient le kidnapping et même l’assassinat des élèves par les bandes de voyous qu’ils ont déversés dans le Cameroun anglophone, afin de susciter de l’émoi au sein de l’opinion internationale qui pourra aisément réduire les groupes d’autodéfense qui se battent pour restaurer le British Southern Cameroons d’avant le 1er octobre 1961 à des groupuscules terroristes.

D'ailleurs, un politicard sans doute au courant de ce plan diabolique n'a t-il pas prévenu récemment dans une chaine de radio à Douala que si un élève tombe en zone anglophone, ce sera sous les balles des séparatistes ?

Que ceux qui ont donc prêté leurs images à cette campagne hypocrite sachent qu’ils sont en train d’être instrumentalisés par le pouvoir en place à des fins politiciennes et que les victimes qui tomberont lors de cette rentrée scolaire seront aussi les leurs.

Par Michel Biem Tong, web-journaliste en exil